Imprimé le 08/08/2020 07:21:57

ManutentionChargeur, télescopique ou valet de ferme : à chaque exploitation, sa solution

| par Julien Dedenon | Terre-net Média

Entre un chargeur frontal à l'avant du tracteur, un chariot télescopique ou une chargeuse, le choix n'est pas toujours une évidence. Chaque outil dispose de solides atouts et la décision se raisonne davantage selon le système d'exploitation qu'en fonction de sa taille. Comparaison des différents équipements avec leurs avantages et inconvénients.

Télescopique, tracteur et chargeur frontal ou chargeuse articuléeLimiter les investissement à 10 ou 15 000 € pour un chargeur frontal, se tourner vers une chargeuse articulée ou carrément vers un télescopique : à chaque élevage, son système de manutention. (©Twitter - @farmers3b, @bigard_q, @agric15)

Un sondage réalisé sur Web-agri du 9 au 16 juin révèle que la moitié des éleveurs travaillent avec un tracteur + chargeur frontal, contre 36,5 % au télescopique, 4,3 % au valet de ferme et 10,2 % de façon « brouette et biceps » ! Pourtant, la manutention est une activité centrale en élevage. L’offre en matériels est large. Chaque exploitant peut y trouver l’équipement le plus adapté à son système de production.

Chargeur frontal : confort et visibilité avant tout

Installer un chargeur frontal sur un tracteur représente un surcoût de 10 à 15 000 € selon les capacités et les fonctions du modèle retenu. Principal avantage de cette formule : en dehors des périodes d’utilisation du chargeur, le tracteur est disponible pour d’autres chantiers, à conditions toutefois de disposer d’un système facile et rapide à dételer.

Le chauffeur dispose d’une bonne visibilité et d’un appréciable confort, surtout s’il possède des suspensions sur le pont avant et la cabine. Si autrefois le tracteur de cour était souvent un vieil engin hors d’âge, le nombre d’heures que l’exploitant y passe aujourd’hui justifie qu’il choisisse un modèle bien équipé. Les constructeurs proposent justement aux éleveurs de plus en plus de configurations haut de gamme sur leurs tracteurs de petites et moyennes puissances : transmissions à variation continue, leviers de commandes multifonctions et automatismes pratiques pour les travaux répétitifs.

Très couramment monté sur des tracteurs de 80 à 140 ch, le chargeur frontal équipe aussi des fortes puissances, allant parfois jusqu’à 250 ch, ou plus. Ces gros gabarits sont généralement employés pour tasser l’ensilage ou pour des travaux intensifs de manutention.

Le tracteur avec chargeur dispose en outre d’une bonne adhérence pour les chantiers sur des terrains peu portants comme la reprise d’un tas de fumier au champ ou d’un silo taupe par exemple. Quelle que soit la surface, attention à la répartition de charges : un bon lestage de l’arrière est indispensable pour compenser un déséquilibre et éviter que les roues ne patinent. Dans le choix du matériel, il est recommandé de privilégier un circuit hydraulique de type load sensing avec un débit important. Cela évite au chauffeur d’accélérer pour que la fourche réagisse plus rapidement.

Chargeur télescopique : il a le bras long

Comparé à un ensemble tracteur et chargeur de puissance équivalente, le chargeur télescopique brille surtout par ses performances au travail : 2,5 à 4 t de capacité de levage et un bras qui s’étire à 6 ou 7 m sur les modèles les plus couramment vendus en élevage, voire 10 m sur les très grosses versions. Ce sont des atouts indéniables, notamment pour manipuler des bottes en hauteur.

Le prix d’achat est de l’ordre de 60 000 à 100 000 € selon la puissance et les équipements, mais avec un télescopique, il est possible aussi d’utiliser du matériel animé comme un godet mélangeur et donc de s’affranchir d’une distributrice tractée. Un choix intéressant pour rentabiliser son investissement, à condition toutefois d’avoir des silos placés à proximité de la stabulation.

Comparé à un tracteur, un chargeur télescopique est également moins haut et plus compact. Un avantage pour passer dans les bâtiments exigus. Pour encore plus de maniabilité, l’acheteur peut opter pour les fonctions quatre roues directrices et marche en crabe. Les constructeurs ont aussi réalisé beaucoup de progrès pour le confort avec des amortisseurs sur le bras et parfois des suspensions de cabine et de siège.

L’accès à la cabine d’un télescopique est toujours moins haut et plus facile que celle d’un tracteur. Un détail qui compte quand il faut monter et descendre plus d’une dizaine de fois par jour. Côté transmission, les marques offrent aussi un choix assez large : Hydrostatique, powershift avec convertisseur de couple, variation continue... Avec selon les modèles des homologations à 40 km/h. Faire de longs déplacements sur route en tirant un chariot à paille est donc envisageable à condition de choisir l’appareil adapté.

Les chargeuses articulées montent en puissance

Cette troisième catégorie connaît un net développement depuis ces dernières années grâce à une offre très diversifiée allant du petit chargeur articulé, couramment appelé valet de ferme, pouvant lever une tonne environ, jusqu’à la grosse chargeuse de 8 à 10 t.

Grâce à l’articulation entre les deux châssis, ces matériels sont appréciés pour leur maniabilité. La prise en main est facile et le chauffeur, assis dans l’axe du matériel, retrouve les mêmes sensations de conduite que sur un tracteur. Les petits modèles intéressent surtout les éleveurs ayant des bâtiments exigus. Les constructeurs proposent aussi une large panoplie d’équipements intéressants : balayeuse et pailleuse de logettes…

Les chargeuses de moyens et gros gabarits séduisent les éleveurs qui ont beaucoup de travaux de chargement, en méthanisation par exemple. À puissance équivalente, une chargeuse articulée affiche un débit de chantier généralement un peu plus élevé qu’un télescopique, mais son prix est aussi supérieur de 5 à 15 %. Beaucoup de marques proposent des modèles avec bras télescopiques pour gagner en hauteur de chargement.

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Louer, partager et déléguer

Enfin, une quatrième solution mérite d’être envisagée. Elle consiste à ne pas investir dans un matériel de manutention unique. Un choix possible dans certaines exploitations avec une organisation adaptée : choix par exemple d’un bâtiment en système lisier, employant peu ou pas de paille et sans fumier à épandre, recours occasionnel à la location ou bien à du matériel de Cuma, délégation à un tiers, ETA ou Cuma, de différents chantiers (curage et épandage, ramassage et stockage des bottes …) et utilisation d’une désileuse automotrice pour l’alimentation.

Quel que soit le système, il reste toujours à l’éleveur des tâches ponctuelles de manutention à effectuer comme déplacer des bottes par exemple. Mais dans ce cas, un vieux matériel d’occasion fera l’affaire.

N.B. : Les résultats de ce sondage sont à titre indicatif (l'échantillon n'a pas été redressé).


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