Imprimé le 03/12/2020 05:01:41

[Paroles de lecteurs] SécheresseLa pérennité de la culture de luzerne vous inquiète plus que sa récolte !

| par | Terre-net Média

Entre l'ensilage et l'enrubannage de luzerne, quel mode de conservation humide choisir pour ce fourrage ? Plus que cette question, ayant fait l'objet d'un article sur Web-agri, ce sont les moindres récoltes, constatées ces dernières années avec les sécheresses à répétition, qui préoccupent les lecteurs.

paroles de lecteurs culture de luzerne menacee par les secheresses a repetition « Avant, on implantait une luzerne pour 5 à 6 années alors que maintenant, ce n'est plus que pour 2/3 ans », observe Patrice Brachet. (©Terre-net Média) 

Patrice Brachet conseille : « Avant de s'interroger sur la façon de récolter et d'ensiler la luzerne, il serait plus judicieux de chercher des variétés résistantes. » Il a en effet constaté qu' « avant, on implantait une luzerne pour 5 à 6 années alors que maintenant, ce n'est plus que pour 2/3 ans ». « Aujourd’hui, au moindre stress hydrique, elle ne réagit pas mieux qu'un dactyle, déplore Patrice. Auparavant, quelle que soit la météo, on réussissait à produire de la luzerne. C'est comme pour le maïs, les plantes deviennent trop fragiles ! Autre exemple avec le sorgho : avant, un coup d'eau et c'était une bombe tandis qu'aujourd’hui, il n'a plus aucune vigueur !! Les semenciers vous répondent que la valeur alimentaire est supérieure. Mais faut déjà qu'il y ait des plantes à récolter... »

Les plantes deviennent trop fragiles...

Capitaine s'interroge : « Le soucis ne vient-il pas tout simplement du manque de rétention d’eau en profondeur dans les sols, qui entraînent des pertes d’oligo et de macro-éléments ? » « Que cela touche la luzerne, le dactyle, le brome, le sorgho, le maïs, le trèfle violet, etc., ce sera toujours au bénéfice des adventices, qui se plaisent dans les mêmes parcelles ! », fait-il remarquer. « Les sols, faute de couverture permanente, ne s’appauvrissent-ils pas ?? », insiste-il. « Moi, depuis que je suis passé en agriculture de conservation des sols, le bilan est sans appel : le chardon a reculé de 90 % ! »

Une meilleure valeur alimentaire ? Encore faut-il avoir des plantes à récolter !

« Des variétés résistantes sinon au moindre stress... »

Patrice Brachet répond : « Je suis en ACS depuis 1997 et je persiste à dire, cher collègue, que les semences sont trop poussées et qu'au moindre stress... Quant aux oligo et macro-éléments, cela fait deux ans que je ne donne plus un gramme de complément minéral à mes vaches laitières ! Par contre, j'épands des oligo-éléments et des algues sur toutes mes cultures et cela me coûte moins cher que d'acheter des minéraux. (...) »

Capitaine rétorque : « (...) Quand on ne dépense pas grand-chose pour son sol et ses plantes, pas étonnant de ne pas récolter grand-chose non plus ! (...) »

Patrice Brachet reste sur sa position : « (...) Je ne prétends pas tout savoir mais franchement il faut des luzernes rustiques ! Chez nous, elles sont toutes "kaputt" !! » Il poursuit : « Il me semble (si je me trompe, excusez-moi par avance) que c'est vous qui, en vacances dans ma région, avez été surpris par l'état de sécheresse des cultures. Il devient impossible de cultiver de la luzerne sauf en terres profondes relativement bien pourvues en eau et quand même drainantes. (...) »

« Obsolescence programmée de certaines cultures ? »

Capitaine confirme : « C’est bien moi qui ai séjourné huit jours l’an dernier sous la canicule de juillet à Sorgues et visité vos quatre Périgord. Avant d'enchaîner : « Vous demandez des variétés résistantes, OK, mais les oligos du sol ne peuvent être assimilables qu'avec un minimum de pluviométrie ! Moi, je cultive du trèfle violet et les résultats sont là ! » Il reconnaît cependant : « Si vous semez chez vous les mêmes variétés, je connais le résultat d’avance : c’est mort !! Votre climat est tellement aride. De même, dans mon secteur il y a 30 ans, on recevait 1 250 mm de pluie. Sur les 10 dernières années, on est plutôt à 850-900. Alors chez vous, c'est sûr, c’est la catastrophe ! Aucune plante ne peut résister. Depuis une quinzaine d’années les agriculteurs courent comme des fous en s’arrachant les cheveux, rattrapés par le climat... »

350 à 400 mm de pluie en moins en 10 ans.

Patrice Brachet : « @Capitaine, au risque de vous surprendre, on prend 900 à 950 mm de pluie par an en moyenne. Le problème : les précipitations sont assez saisonnières. C'est pour cela que je dis qu'il faut faire des réserves d'eau. Pour info, dans une de mes pâtures, qui longe le maïs donc prend un peu de flotte sur les bordures, le trèfle hybride est magnifique. »

steph72 intervient : « Les plantes sont capables d'accéder à tous les oligo-éléments via leurs racines. Quand on améliore la vie du sol, cela développe leur système racinaire et nul besoin alors d'apporter des oligos aux cultures et aux animaux. Patrice a raison... Toujours faire dépenser plus aux agriculteurs alors que les prix des productions agricoles sont insuffisants ! »

titian conclut : « À l'image de nos Holsteins, comme le sous-entend parfois aussi Patrice, je me demande si l'obsolescence de certaines cultures ou variétés n'est pas programmée... »

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