Imprimé le 25/09/2020 21:29:13

Lu sur les réseaux« Face au coût des IA et au prix des veaux, on hésite à acheter un taureau BBB »

| par | Terre-net Média

Pour faire grimper un peu le prix des veaux, certains éleveurs laitiers misent sur le croisement viande. D'autres, pour limiter les coûts de reproduction, passent au taureau. Valérie, éleveuse, réfléchit quant à elle à acheter un taureau BBB pour saillir ses vaches et ne garder que ses génisses à l'IA pour le renouvellement. Alors bonne ou mauvaise idée ? Ses collègues lui répondent.

Veaux laitiers croisésPour améliorer un peu le prix des veaux, certains éleveurs laitiers ont recours au croisement avec une race à viande. (©Terre-net Média)

Face à l'augmentation des coûts d'insémination artificielle et aux cours des veaux au plus bas, les éleveurs cherchent des alternatives. Sur les réseaux sociaux, Valérie (éleveuse de vaches laitières prim'holsteins et de Blondes d'Aquitaine) explique notamment : « On hésite à acheter un taureau Blanc bleu pour saillir nos vaches holsteins et inséminer nos génisses en doses sexées pour notre renouvellement. »

En demandant l'avis de ses collègues, l'éleveuse reçoit beaucoup de conseils, questions et remarques :

- Pourquoi un taureau Blanc bleu ?

Certains lui recommandent d'autres races comme la Charolaise et d'autres la lui déconseillent : « Elle ne présente pas de bons taux de réussite à l'IA et ça reste une race à grosse charpente qui risque de compliquer les vêlages. » Une collègue lui demande pourquoi ne pas utiliser ses taureaux blonds qui sont déjà présents sur l'exploitation et l'éleveuse explique y avoir pensé mais que les résultats seraient moins bons et que ça compliquerait l'organisation de la ferme puisque les taureaux blonds sont en pâture avec le reste du troupeau allaitant.

- Privilégier l'IA au taureau :

Beaucoup d'éleveurs réalisent déjà du croisement en BBB et le lui recommandent car « ça a l'avantage de vêler tout seul et les veaux sont bien valorisés. » En revanche, ils lui conseillent de rester en IA, du moins pour commencer. Risques, coût à l'achat et à l'entretien quotidien, choix des critères de génétique (et notamment sur la facilité de naissance), aspect sanitaire (le taureau risque de propager les métrites dans le troupeau), les arguments font pencher la balance du côté de l'IA. Dans un commentaire, quelqu'un lui demande : « À moins de 10 € la dose de BBB, pourquoi s'embêter avec un taureau ? » mais l'éleveuse explique qu'« avec le coût de la mise en place le prix grimpe à 22,75 €/IA. » Seule option pour réduire ce coût : passer à l'IPE.

Une autre éleveuse témoigne : « Nous avons essayé cette méthode et ça a été un échec. Le taureau était mou et c'était toujours les vaches qui étaient dessus, du coup ça n'a jamais marché. Le test nous a coûté cher, entre l'achat et la nourriture pendant plus d'un an pour finir par l'envoyer à l'abattoir ! » Un autre la rejoint à ce sujet : « Ces taureaux n'ont pas de libido, ils ne sont pas très énergiques à la monte naturelle. Mieux vaut éviter. »

- Et si c'était la mauvaise stratégie ?

Dans la discussion, un éleveur désapprouve ce choix. Pour lui, « ce sont tous ces croisements qui ont favorisé la baisse du prix des veaux. Les BBB inondent le marché et ne valent déjà plus grand chose. Trop de vaches réformées, trop de veaux, rien ne paye ! »

Plus modéré, un collègue conseille plutôt à Valérie de « faire le contraire et plutôt miser sur les VL pour le renouvellement. On sait ce que les vaches valent, ce qu'elles ont produit, comment se tient le pis dans la durée, etc. Tandis que c'est moins sûr pour les génisses qu'il vaut mieux croiser. »


Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

A lire également

   Rechercher plus d'article