Imprimé le 23/10/2020 11:06:40

[Témoignage] Mon projet, mon avenir« Je soutiens la Cuma » : le financement participatif pour un outil collectif

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Des éleveurs et éleveuses de Haute-Garonne ont fait appel au financement participatif, sur la plateforme Miimosa, pour rénover leur atelier de découpe/transformation de viande qu'ils détiennent en Cuma. Au-delà des initiatives individuelles de création ou développement d'exploitations et activités agricoles, le crowdfunding permet aussi de soutenir des projets collectifs d'agriculteurs, contribuant à dynamiser les territoires.

financement participatif miimosa pour la cuma de montesquieu volvestreSoutenir financièrement une Cuma, c'est « préserver l'élevage et le tissu socio-économique d'un territoire ».  (©Cuma de Montesquieu Volvestre) 

Il y a presque 20 ans, les éleveurs et éleveuses de la région de Montesquieu-Volvestre en Haute-Garonne ont décidé de « se doter d'une Cuma pour maîtriser toutes les étapes de la découpe et de la transformation de la viande » qu'ils produisent et ainsi pouvoir la vendre en direct aux consommateurs. Aujourd'hui encore, ils suivent les tendances de la société et sont les premiers à recourir au financement participatif pour rénover et agrandir l'atelier et les équipements qu'ils possèdent en commun.

Ils ont en effet fait un appel aux dons avec contreparties (la reconnaissance de toute une profession pour les plus bas, puis des paniers gourmands de différentes tailles avec plusieurs échantillons de charcuteries, assortis ou non d'une visite d'exploitation) sur la plateforme de crowdfunding agricole Miimosa. En appelant les citoyens à soutenir financièrement leur Cuma, ces producteurs espèrent leur faire prendre conscience qu'il est important qu'ils s'impliquent pour préserver l'élevage partout en France puisqu'ils contribuent ainsi à maintenir un tissu économique et social dans les divers territoires.

« Une aide concrète aux filières d'élevage »

Les contributeurs « apportent une aide concrète aux filières d'élevage qui se démènent » pour proposer des « produits de qualité », expliquent-ils sur le site internet de Miimosa. Ils « donnent un coup de pouce à des éleveurs qui s'inscrivent dans des démarches locales proches de leurs besoins de consommation ». En « faisant preuve de solidarité envers les personnes qui les nourrissent », ils « leur montrent qu'ils sont conscients des réalités » et difficultés de leur métier, que « l'agriculture est parfois difficile à porter à bout de bras ».

La solidarité des consommateurs envers les personnes qui les nourrissent.

D'autant que les fermes adhérentes de la Cuma cantonale de Montesquieu-Volestre sont plutôt de petite taille. En mutualisant leurs équipements, celles-ci ont « accès aux services de découpe et de transformation à moindre coût » et avec toutes les garanties sanitaires et de qualité ». Enfin, ils participent « à la conservation de certaines races locales et rustiques » qui donnent de la « viande de caractère ».

Découvrez le reportage sur des éleveurs, laitiers cette fois, transformant leur production : EARL du Petit Ramard (69) : une conduite précise de l'élevage jusqu'au fromage

Agrandir le séchoir pour « répondre à la demande en hausse »

La collecte, terminée depuis le 31 décembre 2019, a permis de récolter 5 745 € sur les 7 000 € prévus, soit 82 % de l'objectif. La Cuma pourra ainsi réaliser presque tous les investissements envisagés : renouvellement de la table de découpe, du hachoir et de l'appareil de mise sous vide, agrandissement du séchoir pour « répondre à la demande croissante en produits secs comme le saucisson, le chorizo », la saucisse sèche, la coppa et le bacon. Toute la charcuterie proposée ne contient ni conservateur ni exhausteur de goût. Les producteurs transforment également leur viande en saucisses, merguez, steaks hachés... ou la découpe et en conditionne une partie en colis.

Dans la rubrique "[Témoignage] Mon projet mon avenir", retrouvez également :
Hélène et Arnaud Follet (76) : « De la vache à la glace d'une seule traite »

La transformation, comme la production, sont entièrement biologiques et la commercialisation s'effectue en circuits courts, sur les marchés et auprès des cantines et des restaurants. S'il reste un peu d'argent, les membres de la Cuma souhaitent investir dans des panneaux photovoltaïques afin de « réduire les factures exorbitantes d'électricité en raison de la présence d'équipements énergivores comme les chambres froides et le séchoir ». Ils aimeraient enfin organiser des campagnes de « promotion des fermes adhérentes et de leurs produits, et plus largement de la vente de proximité et de l'élevage ».   

Chaque mois, retrouvez « Mon projet mon avenir » #MPMA, un témoignage réalisé en partenariat avec MiiMOSA , le premier site de financement participatif exclusivement dédié à l’agriculture et à l’alimentation.

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