Imprimé le 27/02/2020 00:15:17

Insémination par l'éleveurIntérêts VS contraintes : dois-je franchir le cap de l'IPE ?

| par DS et NM | Terre-net Média

Se former à l'insémination, de plus en plus d'éleveurs y songent. Plus d'autonomie, meilleure fertilité, économies, bien-être animal : si les intérêts sont évidents, il faut aussi avoir en tête les inconvénients comme l'administratif et l'équipement à se procurer et à entretenir.

Cuve d'azote remplie de doses d'insémination artificielle bovineEn passant à l'IPE, l'éleveur doit se munir d'une cuve d'azote, d'un décongélateur à paillettes, auxquels s'ajoutent les consommables (gaines de pistolet, gants de fouille, gel, etc.). (©Terre-net Média)

Chaque année, le nombre d'éleveurs qui inséminent eux-mêmes augmente. 10 % des IA déclarées en 2018 étaient réalisées en IPE (insémination par l'éleveur) et la proportion devrait encore augmenter dans les années à venir. Pourquoi et comment se lancer ? Les arguments du livre blanc sur l'insémination par l'éleveur devraient vous convaincre.

4 bonnes raison de pratiquer l'IPE

- Gagner en autonomie : plus besoin d'attendre le passage de l'inséminateur, il n'y aura plus de vaches qui restent isolées de longues heures.

- Faire des économies : en IPE, on ne paie que la dose et non plus la mise en place et le déplacement.

- Optimiser la fertilité : selon les statistiques de l'Idele, les taux de réussite à l'IA par les éleveurs IPE sont plus élevés.

- Favoriser le bien-être animal : la rapidité d'intervention limite le temps de contention, favorise la relation éleveur/animal et permet à l'éleveur de diagnostiquer un problème éventuel.

Inséminer soi-même signifie aussi se former, prendre du temps et tenir un inventaire

Depuis 2007, un éleveur n'est plus obligé de suivre une formation pour pratiquer l'IPE, une déclaration à l'EDE suffit. Cela reste toutefois fortement recommandé. Il faut compter entre 400 et 600 € pour une formation (voir auprès des chambres d'agriculture, des centres d'IA, des entreprises de mise en place, des vétérinaires...) sans oublier l'équipement dont l'éleveur doit se munir (cuve, décongélateur à paillettes et consommables).

Une fois formé, équipé et prêt à se débrouiller, l'éleveur doit garder en tête certaines règles comme la traçabilité. Il devra tenir un inventaire et un registre de monte. Toutes les IA devront également être enregistrées dans un délai de 28 jours. Sur ce point, l'Idele insiste : « Aujourd'hui, un quart des IPE sont enregistrées en retard. Attention, au-delà du délai réglementaire, la parenté paternelle d’un veau ne peut plus être certifiée. »

Antoine Poirier, éleveur et formateur IPE, rassurent ceux qui n'osent pas encore franchir le cap : « Beaucoup se disent "je n’aurais pas le temps de le faire" ou "je ne vais pas y arriver". Il faut prendre le temps d’apprendre et accepter que ce soit difficile au début. C’est surtout une question de motivation. Attention, il ne faut pas participer à une formation juste pour la découverte. Il faut avoir une vraie envie d’aller au bout. »

Retrouvez plus de conseils et notamment sur les gestes techniques dans le livre blanc Pourquoi et surtout comment se lancer dans l'IPE ?

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