Imprimé le 17/09/2019 09:18:41
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[Paroles de lecteurs] SécheresseAprès les réseaux sociaux, la détresse des éleveurs sur Web-agri

| par | Terre-net Média

Après avoir partagé leur désarroi face à la sécheresse sur les réseaux sociaux, les éleveurs l'expriment sur Web-agri dans de nombreux commentaires d'articles, réagissant notamment à celui qui regroupe plusieurs messages postés à ce sujet sur Twitter et Facebook. Certains se demandent s'ils vont continuer de cultiver du maïs et si non, par quelle culture ils pourraient le remplacer, d'autres réduisent leur troupeau. Quelques-uns encore manifestent leur ras-le-bol suite au manque de soutien financier de l'État et à sa politique de gestion de l'eau.

paroles de lecteurs desarroi des eleveurs sur facebook et twitter face a la secheresse « Les éleveurs n'ont plus qu'à crever dans leur coin, le gouvernement s'en fout ! », lance Lolo. (©Pixabey // Création Terre-net Média)

Jonathan : « En Ille-et-Vilaine, dans les terres très sableuses et caillouteuses, j'ai fait 50 % de moins en maïs par rapport à l'année dernière. Et on s'attend à de très mauvaises valeurs alimentaires tant les épis sont petits, très mal formés, voire absents. Que va-t-on distribuer aux vaches cet hiver ?? D'autant que les charges sont en constante augmentation et le prix du lait en baisse perpétuelle !! »

Patati : « C'est peut-être dû à une maladie. Mais même en temps normal, dans certaines zones, le maïs ne donne de bons résultats qu'un an sur deux alors que cette année, on a malgré tout pu réaliser deux coupe d'herbe. »

Arrêter le maïs qui ne produit plus...

Patrice Brachet : « Je partage bien sûr ces doutes sur le maïs mais il faut aussi apporter de l'énergie aux vaches laitières, pas seulement de la protéine ! Donc va falloir remplacer le maïs par autre chose. Un technicien m'a parlé du millet. »

steph72 : « Patrice, pourquoi pas un mélange céréalier ? »

... Mais par quoi le remplacer ?

Fink : « J’ai pris la même décision que Nicolas Mauguit dans l'article : arrêter le maïs. Je l'ai remplacé par des trèfles violets et le résultat est sans appel. Il faut cependant baisser légèrement le chargement à l'hectare. Sur le plan agronomique et au niveau de la dilution des frais d’implantation, ce n’est que du bonheur ! Sachant que j’alimente intelligemment les vers de terre... »

Lire aussi le Paroles de lecteurs : Quand le maïs amène à parler du méteil...

steph72 : « Semer du trèfle violet, c'est bien mais cette année, il manque une coupe à cause de la sécheresse. »

Fink : « Faux. Je suis en 3e coupe et même en 4e sur un parcelle ! Et s'il tombe 40 mm de pluie, la prochaine est pour novembre ou sera pâturée début décembre par les animaux, qui reçoivent un complément de foin après la traite du matin. »

Ou décapitaliser le troupeau

steph72 : « Vu le manque de fourrage, vaut mieux décapitaliser le cheptel même si le prix n'est pas intéressant. Racheter du foin et du maïs ensilage plombe nos trésoreries, déjà éprouvées avec la sécheresse 2018. Les années sèches se suivent et le maïs n'est plus adapté dans les sols séchants. Pourquoi pas sécuriser nos stocks avec du méteil ? En plus, on améliore notre autonomie protéique ! »

Moty : « Je rejoins totalement les différents commentaires. La stratégie de réduire le cheptel est une stratégie que j'adopte aisément en année sèche. Autre chose pour ceux qui sont branchés autonomie avec pour objectif d'avoir des coûts de production très bas : vous pouvez diminuer le niveau de production par VL. Économiquement, nous sommes plutôt satisfaits de cette décision. À suivre... »

Le pire : L'État ne fait rien

tintin : « Notre problème majeur n'est pas la sécheresse mais la valeur de nos produits. Avec un prix correct, on aurait la trésorerie pour acheter de la nourriture pour nos animaux !! » 

Lolo : « Tout est fait pour ne plus avoir d'agriculture en France. Le réchauffement climatique ne nous est tombé pas sur la tête du jour au lendemain. Ça fait des années et des années qu'il y a des alertes et l'État a fait quoi ? Rien sauf signer le Ceta, bien sûr tout le contraire du bon sens ! Quant aux aides suite à la sécheresse ? Nada également. Tout est dit : les éleveurs n'ont plus qu'à crever dans leur coin, le gouvernement s'en fout car il ne veut plus d'agriculture, ça ne rapporte pas assez. Il faudrait que les agriculteurs se fassent entendre plutôt que de mourir chacun de leur côté. »

Patrice Brachet : « Plus que d'être une sécheresse de trop, c'est un drame qui est en train de se produire, avec des conséquences à long terme. Les médias grand public, n'ayant pas grand chose à se mettre sous la dent cet été, ont parlé de la canicule et de la sécheresse à longueur de temps. Résultat : un agriculteur qui irrigue est un paria. L'eau, ce produit si précieux qui est jeté en l'air pour ne même pas retomber sur le maïs ! Et voilà comment on met des idées fausses dans la tête des gens. On est arrivé à une situation où les préfets hésitent à lâcher l'eau, même là où il y a de la ressource ! Les aides ne serviront à rien car elles sont utilisées pour régler les factures d'intrants impayées et ce sont les fournisseurs ou les coops qui vont les encaisser. De toute façon, ce ne sont que les primes Pac touchées par anticipation ! Hier, le patron de la police de l'eau m'a fait comprendre que l'irrigation en agriculture, c'était fini si on ne trouve pas de solution pour le stockage de l'eau. Vu qu'il faut bâcher et vu toutes les contraintes, c'est perdu d'avance ! Quand ce sera le Brésil ou d'autres pays qui ne respectent pas les mêmes normes qui fourniront aux Français leur nourriture, ces derniers et surtout les politiques se rappelleront-ils qu'ils ont détruit leur propre agriculture qui était pourtant un modèle dans le monde ? »


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