Imprimé le 16/10/2019 15:14:00
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Sur les réseaux sociauxLa détresse des éleveurs face à la sécheresse

| par | Terre-net Média

Prairies grillées, récoltes de maïs en baisse et stocks d'hiver déjà bien entamés, les éleveurs victimes de la sécheresse partagent leur détresse sur les réseaux sociaux. Les mesures gouvernementales annoncées, notamment sur la fauche des jachères, ne font qu'accentuer leur agacement.

Le manque d'eau se fait cruellement ressentir dans de nombreux départements. 87 d'entre eux ont d'ailleurs pris des arrêtés de restriction de l'usage de l'eau.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs éleveurs ont partagé le faible niveau de pluviométrie enregistré chez eux. Guillaume Lottin, agriculteur dans l'Allier rappelle que c'est la deuxième année qu'une telle sécheresse sévit. Dans le Morvan, Jean-Pierre Fleury relève 385 mm de pluie depuis le début de l'année, contre 850 mm en moyenne en année normale. Stéphane Aurousseau, éleveur de Charolaises et de porcs dans la Nièvre, note 248 mm dans le sud nivernais depuis le début de l'année, pour une moyenne de 500 mm à cette période de l'année. 

En Limagne, la pluviométrie sur les 12 derniers mois a été de 380 millimètres contre 600 mm habituellement. Dans le Cher, un lecteur de Terre-net et Web-agri note une pluviométrie en recul de 50 % sur douze mois.

Face à ce déficit hydrique, les éleveurs n'ont pas le choix : ils doivent nourrir leurs bêtes directement au pâturage. Stéphane Aurousseau leur apporte chaque jour du foin tout comme Cédric, éleveur d'Aubracs dans le Cantal. "Mimine" quant à elle porte une mélangeuse tous les deux jours avec la moitié d'une ration d'hiver par vache.

Les stocks de fourrage sont donc bien entamés, Stéphane Aurousseau a déjà utilisé 40 % de sa récolte de foin, normalement prévue pour l'hiver et ne table sur une repousse de l'herbe que vers le 15 octobre, et encore... 

Des maïs qui souffrent

Quant aux maïs, ils ont souffert du manque d'eau et la partie tiges + feuilles s'est vite desséchée. Les ensilages sont lancés dans les secteurs les plus critiques.

Guy-Noël Verdot, éleveur en Côte d'Or, indique sur Twitter une baisse de 70 % de sa récolte de maïs ensilage. Antoine Thibaut, éleveur dans l'Orne, qui nous avait emmenés faire un tour de ses maïs à la mi-août, a depuis ensilé une partie d'entre eux. Et le résultat est très décevant, il s'agit pour lui de la pire récolte de sa carrière : moins de 8 tonnes de matière sèche par hectare.

Sur la page Météo et agriculture sur Facebook, plusieurs agriculteurs ont réagi aux faibles récoltes enregistrées par Marion Vedel, agricultrice en Limagne, qui indiquait une baisse des rendements de 70 % en foin et de 30 % en maïs en raison de la sécheresse. Fabien Augier, lui aussi agriculteur dans le Puy-de-Dôme, indique 90 % de pertes au pâturage et évoque les autres problèmes générés par les fortes chaleurs sur les bovins comme des problèmes sur la reproduction. Quant à Nicolas Mauguit, éleveur dans le Poitou-Charentes, il a pris une décision radicale : arrêter la production de maïs.

Commentaires sur la sécheresse sur Facebook(©Page Météo et agriculture Facebook) 

L'agacement des éleveurs face aux mesures annoncées

La possibilité de faucher les jachères pour les départements touchés par la sécheresse, mesure annoncée par le gouvernement très tardivement, ne fait qu'agacer un peu plus les éleveurs. Sur la page Facebook de Web-agri, nombreux sont ceux qui partagent l'énervement de Patrice Haefflinger, agriculteur alsacien : « cela fait longtemps qu'elles sont broyées ces "..." de jachères et d'autre part, si elles ne le sont pas, l'herbe de merde qui y a poussé et qui n'a aucune valeur nutritive est sèche sur pied depuis une éternité !!! ». 

Une bonne nouvelle toutefois, pour la très grande majorité des éleveurs, la récolte de paille s'est avérée plutôt bonne et ils ne devraient pas en manquer. 42,4 % des éleveurs ayant répondu à un sondage sur le sujet sur Web-agri, estiment même en avoir plus que nécessaire

Lire aussi le témoignage d'Emmanuel Ferrand, agriculteur à Saint-Pourçain-sur-Sioule, dans l’Allier, sur l’épineux sujet de la gestion de l’eau : « La sécheresse que nous vivons est historique ».

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