Imprimé le 21/07/2019 20:01:09

[Panorama] Marché de la viande bovineDans un contexte européen très contrasté, le cours du jeune bovin se maintient

| par | Terre-net Média

Entre les effets du scandale sanitaire en Pologne, l'anticipation d'un « hard Brexit » par les éleveurs irlandais et l'arrêt des exportations en vif de bovins espagnols, le marché européen du jeune bovin est particulièrement chamboulé. Mais les cours, en France et en Italie, se maintiennent.

Le cours du jeune bovin se maintient en France depuis le début de l'année 2019.Le cours du jeune bovin se maintient à un niveau supérieur à la moyenne quinquennale depuis le début de l'année 2019. (©Terre-net Média)

En Europe, la situation du marché des jeunes bovins est très diverse selon les Etats membres. En Pologne, la filière « reste enlisée dans les répercussions du scandale sanitaire de fin janvier ». « La demande pour la viande polonaise s’est littéralement effondrée », explique Caroline Monniot, chef de projet conjoncture viande bovine à l’Institut de l’élevage. Résultat : « 30 000 têtes abattues en moins en trois mois par rapport à l’an passé, et ce, malgré une production attendue en nette hausse du fait d’un cheptel de jeunes mâles plus important qu’en 2017. La cotation polonaise du jeune bovin O est ainsi passée de 3,45 €/kg de carcasse à seulement 2,90 €/kg.

[Vidéo] Caroline Monniot (Institut de l'élevage) : « le marché du jeune bovin en Europe est très contrasté »

TENDANCES Lait et viande Caroline Monniot juin 2019 from Institut de l'Elevage on Vimeo.

Evolution du cours des jeunes bovins en 2019.Evolution du cours des jeunes bovins en 2019. (©Agreste)

Ceci dit, l’évolution du marché en Pologne a des répercussions positives sur les marchés italiens et français. En Italie, où le marché est très connecté au marché français, « les prix se tiennent bien pour trois raisons ». Il y a effectivement très peu de viande polonaise sur le marché italien. Il y a aussi moins de viande française : « Il y a eu beaucoup moins de sortie de jeunes bovins vers l’Italie depuis le début de l’année ». En parallèle, « la consommation italienne est repartie à la hausse ». Sur les deux premiers mois de l’année 2019, la consommation de viande bovine est en hausse de 2 % par rapport à 2018.

La situation en Allemagne est beaucoup plus contrastée. « La demande s’essouffle alors que l’offre est restée stable. » Outre-Rhin, la cotation du jeune bovin a atteint son plus bas niveau de ces trois dernières années, autour de 3,40 €/kg de carcasse.

Avec le Brexit, des jeunes bovins irlandais plus nombreux

Deux autres pays sont à surveiller sur ce marché européen du jeune bovin. En Irlande, d’une part, les éleveurs ont anticipé un « hard Brexit » et une impossibilité d’exporter des bœufs vers le Royaume-Uni en réorientant leur élevage sur la production de jeunes bovins.

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Par ailleurs, la filière irlandaise s’était préparée à une sortie du Royaume-Uni de l’UE dès la fin mars 2019, comme initialement prévu. La filière bovine irlandaise a augmenté ses abattages de 6 % au 1er trimestre, persuadée qu’elle ne pourrait plus exporter aussi facilement vers le Royaume-Uni dès avril.

D’autre part, l’Espagne a enregistré la même hausse (6 %) de ses abattages au premier trimestre 2019, du fait de l’arrêt des exportations en vif vers la Turquie.

Résultat, alors que la situation reste difficile dans de nombreux pays d’Europe, les cours des jeunes bovins français et italiens se maintiennent. « Avec près de 71 000 têtes, les abattages de mâles de 8 à 24 mois sont inférieurs de 8,7 % au niveau de 2018 et s’éloignent nettement de la moyenne quinquennale », note ainsi Agreste dans sa note de conjoncture « animaux de boucherie » de juin 2019. « En mai 2019, conséquence d’une offre limitée, le cours des jeunes bovins de type "R" dépasse de plus de 1 % le niveau de 2018. »

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