Imprimé le 18/09/2019 12:20:15

Lu sur les réseaux« Pourquoi toutes les vaches ne sont pas à l'herbe ? »

| par | Terre-net Média

« Tout indique que nourrir des ruminants à l'herbe est une bonne chose, alors pourquoi il n'y a pas plus de rations à base d'herbe ? » Voici la question posée par Adrien aux éleveurs sur les réseaux sociaux. Entre les systèmes herbagers et les classiques maïs/soja, les réponses fusent...

Herbe ou maïs ? Faut-il vraiment choisir ou plutôt ne pas mettre ses œufs dans le même panier en mixant les 2 ?Herbe ou maïs ? Faut-il vraiment choisir ou plutôt ne pas mettre ses œufs dans le même panier en mixant les deux ? (©Terre-net Média)

Étudiant en master « agronomie, environnement, territoire, paysage et forêt », Adrien postait récemment sur le groupe Facebook Pâturage et prairie, discussion et échanges : « Toute la bibliographie que je consulte dit que nourrir des ruminants à l’herbe, c’est bien (qualité nutritive, économie, lutte contre le changement climatique…). Reste donc une question centrale : pourquoi il n’y a pas plus d’agriculteurs qui ont une ration à base d’herbe ? » Le débat est alors lancé dans les commentaires !

Les ruminants sont faits pour manger de l'herbe...

Il y a les convaincus, on peut d'ailleurs lire : « Le maïs ensilage est contre-nature », « les ruminants sont faits pour manger de l'herbe » ou encore « l'herbe ne fait vivre que l'agriculteur donc il n'y a pas beaucoup d'organismes qui auraient pour avantage de conseiller ce type de système... ».

Pour beaucoup, l'herbe sonne comme une évidence. Il est question de coût de production (herbe pâturée ou récoltée face à la culture du maïs), de rationnement (complémentation obligatoire des rations à base de maïs) et de temps et technicité au travail. Et si tout le monde n'est pas dans un système tout herbe, Michel rappelle : « 95 % des ruminants consomment de l'herbe en France », même si la part varie fortement d'un élevage à un autre.

... Mais les contraintes ne laissent parfois que peu de place au pâturage

Outre les 100 % herbe du groupe, certains rappellent que ce système n'est pas faisable partout. C'est le cas d'Emilie qui explique : « Le territoire a changé. Avant, on avait un parcellaire peut-être plus proche et faire traverser une route aux vaches était commun. Maintenant, c'est plus compliqué et on n'a pas forcément les finances pour faire creuser des trous sous les routes. Et puis, l'échange de parcelles n'est pas toujours possible. » Elle témoigne : « Nos vaches sont nourries au foin et à l'enrubannage avec du concentré. Les génisses sont à l’herbe, elles peuvent aller plus loin. Si quelqu’un a inventé un télé-porteur de troupeau, qu’il me prévienne ! »

De plus, pour les éleveurs allaitants, le sujet fait débat. Christian affirme : « L'engraissement est moins rapide avec une ration tout herbe », même si celui-ci est moins coûteux. D'ailleurs, des essais de l'Idele révèlent que finie à l'herbe, la viande présente de meilleures qualités nutritionnelles mais elle n'est pas forcément plus tendre.

Pour beaucoup, c'est le côté aléatoire de l'herbe qui effraie. En effet, les conditions climatiques peuvent fortement impacter la production, comme l'an dernier où l'élevage a été durement touché par la sécheresse estivale. On peut lire parmi les commentaires : « Être en 100 % herbe comme en 100 % maïs, c'est un risque. Le mieux est de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier : herbe pâturée, récoltée, méteil, maïs... En plus, cela permet d'étaler les pics des travaux. »

Pour d'autres, le maïs est également un confort de travail : « On sait ce qu'on distribue, on maîtrise la quantité et on connait la valeur alimentaire. Les journées sont alors rythmées par une routine et c'est plus facile à s'organiser. La production est plus stable et on peut mieux la piloter. »


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