Imprimé le 16/12/2019 15:05:53

Westerkamp Holsteins (Allemagne)Des animaux performants et une équipe motivée pour élever 620 VL à 37 kg de lait

| par | Terre-net Média

« Chaque jour, nous donnons le meilleur à nos animaux et c'est ainsi qu'ils nous offrent les meilleurs performances », voici comment Kim Sass-Hauschildt présente l'exploitation qu'il manage. Situé au nord de l'Allemagne, l'élevage Westerkamp Holsteins emploie une dizaine de salariés pour traire les 620 vaches laitières et produire 7,3 millions de kg de lait par an.

Pour traire ses 620 vaches laitières, l'élevage Westerkamp Holsteins en Allemagne est équipé d'une 2x16 XpressWay 2x16 de chez BoumaticPour traire ses 620 vaches laitières, l'élevage Westerkamp Holsteins en Allemagne est équipé d'une 2x16 XpressWay 2x16 de chez Boumatic. (©Westerkamp Holsteins)

Kim Sass-Hauschildt est depuis 2009 responsable de l’élevage Westerkamp Holsteins à 30 km au nord-ouest de Hambourg en Allemagne. Présent lors de la journée grands troupeaux organisée par Boumatic, l’éleveur de 37 ans explique : « Nous élevons 620 vaches laitières sur 409 ha. »

Westerkamps Holsteins en quelques chiffres :
620 VL et leur suite
409 ha
13 UMO

Moyennes :

56 % des vaches en gestation
28 % de taux de gestation (71 % taux de vaches inséminées*40 % de réussite en 1ère IA)
70 % des vaches en gestation moins de 120 jours de lactation
158 jours de lactation
36,6 kg/VL dans le tank
MSI : 24,3 kg
Efficacité alimentaire : 1,49
Âge au 1er vêlage : 22,2 mois

Un rapport de traite quotidien pour vérifier la qualité du travail

En 2005, l’élevage ne comptait que 120 vaches laitières et leur suite. Il y en avait 200 en 2010 puis l’évolution a été très rapide : une nouvelle étable a vu le jour en 2011 et le troupeau est passé de 220 vaches en janvier (32 kg de lait de moyenne) à 450 en novembre 2011 (29 kg de lait de moyenne). C’est en 2012 que l’éleveur a instauré les trois traites par jour, ce qui a nettement fait progresser la productivité par vache (460 VL à 30 kg de lait en janvier 2012 contre 620 VL à 37 kg de lait en décembre 2018). Ainsi, l’exploitation a livré 7,3 millions de kg de lait sur l’exercice 2017/2018. Les traites ont lieu à 4 h, 12 h et 20 h dans la salle de traite XpressWay 2x16 de Boumatic.

La routine de traite est la suivante : élimination des premiers jets, stimulation, branchement puis trempage. « Nous sommes très exigeants sur la traite et sur la qualité du lait. L’année dernière, nous étions assez mécontents du taux de mammites. Nous avons alors investi dans des brosses Pulli-brush qui stimulent la mamelle durant 12 secondes avant de brancher. Cette année, nous n’avons traité que 9 vaches, ce qui est très satisfaisant. »

Ainsi, la traite est suivie de près : « Tous les jours, nous sortons un rapport de traite que nous affichons dans l’étable pour motiver et impliquer les salariés. Il nous fournit quelques données sur la cadence, la quantité de lait, le débit, le nombre de décrochage, etc. ». Deux personnes sont présentes par traite. L’objectif est de passer une moyenne de 120 VL à l’heure. « La cadence est assez élevée : on passe environ 4h30 à chaque traite (lavage compris) et on a déjà fait grimper le débit de 4 l/min. »

Le management des salariés : une des clés du succès

« Nous nous fixons pour objectif de ne pas dépasser un coût de production de 32 centimes du litre. Nous sommes actuellement à 30,2 centimes/litre. »

 

Objectif

Réel

Coûts

moins de 32 cts €/l

30,2 cts €/l

Aliments

moins de 16 cts €/l

14,9 cts €/l

Salaires

moins de 5 cts €/l

4,8 cts €/l

Charges spéc.

moins de 3 cts €/l

2,9 cts €/l

Vétérinaire

moins de 1 cts €/l

0,9 cts €/l

Energie

1 cts €/l

1,1 cts €/l

Banque

moins de 6 cts €/l

5,6 cts €/l

« Notre production est économiquement durable mais ceci n’est possible qu’avec des animaux performants et en bonne santé, une équipe motivée, une technologie moderne, une bonne structure et la passion. » Du côté de la main d’œuvre, Kim emploie une équipe de Polonais pour traire : « Ils sont plus engagés que les Allemands. Si je le pouvais, j’embaucherais des Allemands mais ça ne les intéresse pas. »

« Pour moi, peu importe d’où viennent mes salariés, l’essentiel c’est d’être passionné et motivé. En Allemagne, ça n’est pas mal vu d’embaucher des étrangers dans le secteur agricole. D’ailleurs, il ne faut pas croire qu’ils me coûtent moins cher ! »

Chacun signe les résultats, ce qui rend chaque trayeur responsable

« Les trois traites facilitent justement le roulement des équipes : c’est plus attrayant que de faire une journée de deux traites avec une coupure au milieu. » Au niveau de l’organisation, Kim se place en haut de l’organigramme et dispose de deux  gestionnaires de troupeau en dessous de lui. Ensuite, cinq binômes d’ouvriers assurent la traite. « Tous les matins, je fixe un rendez-vous aux deux gestionnaires pour faire le point sur les traites passées. Nous faisons également une réunion avec toute l’équipe tous les 15 jours. »

Comme cité plus haut, les rapports de traite sont quotidiennement affichés : « Chacun signe les résultats, ce qui rend les trayeurs responsables. D’ailleurs, on peut voir sur chaque rapport qui a été le plus performant du binôme. Les salariés connaissent parfaitement leurs objectifs en termes de qualité et de quantité, c’est la base de la réussite : chaque personne doit savoir ce qu’on attend d’elle. »

Manager des salariés nécessite d'être forméPour ce chef d’entreprise, la base du succès passe par trois critères : la sincérité, le respect et la communication. « Il faut fixer des objectifs clairs et cohérents. Mieux vaut diriger l’équipe en tant que leader pour qu’elle nous suive plutôt que se placer en boss et donner les ordres. » L’éleveur a suivi une formation agricole (bac pro puis école supérieure d’agriculture) et a séjourné à l’étranger, notamment en Amérique du Nord et en Italie, mais il regrette de ne pas avoir suivi de formation pour manager une équipe. « Je trouve que c’est nécessaire pour savoir négocier, faire face aux critiques, établir des plans de carrière, etc. J’ai un conseiller d’entreprise que je consulte une à deux fois par an mais ce n’est pas suffisant. » Il rappelle d’ailleurs qu’il « ne faut pas oublier de faire évoluer la main d’œuvre pour la fidéliser. Il faut alors investir 10 à 20 000 €/an pour la formation des salariés. »


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