Imprimé le 18/09/2020 21:32:42

Revue des réseauxCharge de travail importante : une (ré)organisation s'impose !

| par | Terre-net Média

En hiver, la charge de travail est plus importante dans les élevages bovins. En effet, une grande majorité des bêtes sont en bâtiment, ce qui augmente le nombre de tâches et le temps de travail d'astreinte (paillage, raclage, alimentation, traite, soin des veaux...). Sur les réseaux sociaux, les éleveurs échangent entre eux quant à leur organisation et certains émettent quelques pistes pour améliorer l'organisation et gagner du temps.

Sur les réseaux sociaux, les éleveurs parlent d'organisation du temps de travail et cherchent des pistes pour gagner du temps. Quelques précieuses minutes sont à grapiller sur de nombreux postes comme l'alimentation, la traite, le raclage etc.Sur les réseaux sociaux, les éleveurs parlent d'organisation du temps de travail et cherchent des pistes pour gagner du temps. Quelques précieuses minutes sont à grappiller sur de nombreux postes comme l'alimentation, la traite, le raclage etc. (©Terre-net-média)

Sur les groupes Facebook, les éleveurs sont nombreux à échanger quant à leurs pratiques quotidiennes. Récemment, l'un d'entre eux a posé une question sur La page des producteurs de lait : « Quelle est votre organisation en bovin lait pour l'hiver ? »

Une astreinte quotidienne à laquelle on ne peut échapper

Il explique passer beaucoup de temps et demande à ses confrères quelques exemples pour optimiser les journées sans baisser la production. : « De mon coté, tout seul, c'est : 6h30 traite, 8h distribution ensilage puis correcteur, 15 min après : concentré de production, ébouser, paillage puis les vaches détachées vers 9h30 - 10h. Retour à 16h : raclage pendant que les vaches sont sur l'aire paillée, désiler, correcteur 2e fois concentré 2e fois, pailler, 18h traite, 19h30 fin. Il y a actuellement 27 vaches à la traite je trouve que c'est beaucoup de combat pour peu de choses. »

Les réponses sont nombreuses. Pour gagner du temps, certains lui conseillent de distribuer la ration une seule fois par jour au lieu de deux ou encore de nourrir les lots de vaches taries et génisses tous les deux jours. D'autres pistes sont envisagées comme l'installation d'un Dac ou au contraire passer en ration complète. Quelques éleveurs lui conseillent aussi de ne racler qu'une fois tous les deux jours.

Les éleveurs qui travaillent seuls font de nombreux sacrifices sur leur vie privée.Autre témoignage : Antoine Thibault (allias Agriskippy) explique dans une nouvelle vidéo postée sur sa chaine Youtube son rythme de travail actuel :

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Après avoir pris des stagiaires, des apprentis et travaillé en collaboration avec un voisin, l'éleveur dispose maintenant (et depuis 4 ans) d'une salariée à temps plein sur l'élevage. En revanche, cette dernière étant en arrêt maladie depuis la mi-décembre, Antoine travaille actuellement seul sur son élevage. « Heureusement, la charge de travail est moins importante en cette période : je n'ai pas de travaux dans les champs champs ou de vêlages prévus, ça n'est que de la routine. Par contre, je dois être bien organisé car je suis seul. »

Pour s'y retrouver, l'éleveur établie des listes de tâches à accomplir. Il s'organise également de façon à n'avoir qu'un minimum de choses à faire les mercredis, samedis et dimanches pour passer du temps en famille. « Ces jours-là, je n'ai que le travail d'astreinte à faire, ce qui représente entre 6 et 7 h par jour. Les journées complètes, je fais environ 11 h par jour, soit environ 60 h/semaine. » En étant actuellement seul sur l'exploitation, il confie ne pas réussir à tout faire : « Le rangement hebdomadaire n'est pas fait par exemple, et je n'ai pas pris le temps de m'occuper d'une vache boiteuse l'autre jour. »

Il aborde également la question de la pénibilité du travail (notamment liée à la traite) et l'isolement. « Je ne suis parfois pas motivé à ressortir le dimanche soir mais lorsque je suis à la traite, je suis content parce que j'aime mon métier. En revanche, même si la plupart des fermes laitières sont aujourd'hui en association ou disposent de salariés, il reste encore beaucoup d'agriculteurs et agricultrices qui font ça seuls et ça engendre de nombreux sacrifices, il ne faut pas l'oublier. »

S'organiser et Investir pour gagner du temps

Pour maîtriser le travail d'astreinte, l'organisation des tâches est primordiale. Des leviers sont envisageables : l'éleveur peut par exemple limiter son temps d'alimentation en ne distribuant la ration qu'une fois par jour. De plus, une étude menée par Arvalis et l'Idele a récemment montré qu'il n'y avait aucune différence au niveau des performances entre des vaches recevant plusieurs distributions de fourrages et d'autres n'en recevant qu'une seule.

On peut aussi limiter la distribution pour certains lots comme préconisé plus haut (distribuer la ration des génisses et des taries tous les deux jours par exemple). Là-dessus, mieux vaut ne pas nourrir plus d'animaux que nécessaire. Ça limitera non seulement le temps à y consacrer mais ça réduira aussi la consommation de fourrages. Enfin, l'organisation du travail passe également par la disposition des choses : mieux vaut grouper le stockage des aliments et du fourrage pour éviter les allers-retours lors de la préparation de la ration.

Déléguer des tâches en embauchant de la main-d'œuvre ou en investissant dans du matériel

« Le temps c'est de l'argent », affirment certains. En effet, il est aussi possible d'investir pour gagner du temps. Ça peut passer par l'installation de racleurs, l'ajout d'un ou plusieurs postes dans la salle de traite, ou carrément par l'installation d'un robot (de traite, d'alimentation, un robot repousse fourrage, un robot de paillage...). En revanche, ces projets d'investissement sont à bien calculer pour évaluer leur coût horaire. Ils peuvent d'ailleurs être comparés à l'embauche d'un salarié ou d'un remplaçant ponctuel en cas de pics de travail.

Dans une fiche technique dédiée à l'organisation du travail en élevage laitier, l'Idele recense plusieurs témoignages d'éleveurs des Pays de Loire. L'un d'entre eux explique l'organisation particulière des associés du Gaec sur la période hivernale (ferme laitière avec des volailles et des cultures) : « Au départ, cette organisation a été mise en place sur deux semaines consécutives : celle de Noël et celle du premier de l'an. Aujourd'hui, elle dure cinq semaines. Sur cette période, du lundi au vendredi, tout le monde fait son travail le matin jusqu'à 9h30 - 10h puis chacun est libre. Le soir, seul, un des cinq associés fait le travail, il repousse les fourrages, nettoie les logettes, fait la traite et un tour aux poulaillers. Pour mener à bien ces tâches, il recommence à 16h15 au lieu de 16h30 pour finir vers 20h au lieu de 19h15 autrement. »

Une surveillance la nuit du côté des allaitants

Du côté des éleveurs allaitants, c'est PH Paysan heureux qui aborde l'organisation actuelle de ses journées dans une nouvelle vidéo postée sur sa chaine Youtube :

Cliquez sur l'image pour lancer la vidéo

Dans son tracteur, PH explique : « Je peux surveiller les vaches de chez moi grâce à une caméra installée dans le bâtiment. Je me lève alors une fois par nuit pour jeter un coup d'œil aux animaux et j'y retourne vers 6h le matin avant de démarrer ma journée. » L'éleveur enchaîne ensuite par la distribution des concentrés dans les bâtiments comme au pâturage, puis il apporte les fourrages. Il termine sa matinée en paillant ses lots. À ce travail d'astreinte s'ajoutent quelques tâches ponctuelles comme les vêlages, faire boire un veau qui a du mal à téter ou encore soigner un animal malade. Il explique : « Mieux vaut intervenir lorsqu'on distribue la ration car on peut bloquer les animaux aux cornadis. »


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