Imprimé le 15/12/2019 03:08:46

Perspectives des marchés lait et viandeCroissance pour le marché européen laitier, décroissance pour celui de la viande

| par | Terre-net Média

Selon les perspectives des marchés agricoles à l'horizon 2030 publiées en décembre 2018 par la Commission européenne, le marché européen du lait devrait profiter d'un dynamisme constant mais mesuré de la demande mondiale. En revanche, la production de viande bovine devrait diminuer, tout comme les prix à l'horizon 2030, avant de se stabiliser ensuite.

Perspectives des marchés laitiers et viande bovine en Europe d'ici 2050.Plutôt optimiste pour le lait, mais pessimiste pour la viande bovine, la Commission européenne a publié ces perspectives économiques pour ces deux marchés. (©Terre-net Média)

La Commission européenne a publié jeudi 6 décembre 2018 ses projections pour les marchés agricoles européens à l’horizon 2030 sur un large éventail de produits agroalimentaires, dont la viande, les cultures arables, le lait et les produits laitiers, ainsi que les fruits et légumes. Ces perspectives étudient aussi l’évolution des revenus agricoles et les aspects environnementaux de l’agriculture européenne, de même que la production biologique dans chaque secteur.

L’institution européenne se montre prudente quant à l’évolution du marché laitier. Selon elle, « la demande mondiale croissante tirée par la croissance démographique, notamment en Afrique, et la croissance des revenus entraînera une consommation de produits laitiers au cours de la période de prévision. » L’Union européenne pourrait profiter d’un « avantage concurrentiel évident » en misant sur « les produits à valeur ajoutée », dans un contexte où le consommateur préférera les produits différenciés (produits biologiques, sans OGM, valorisation du pâturage, produits locaux, etc.).

Une production laitière de 182 Mt d’ici 2030

Ainsi, l'UE pourrait fournir près de 35 % de la demande mondiale supplémentaire. Les exportations européennes de fromage, beurre, lait écrémé en poudre, lait entier en poudre et poudre de lactosérum devrait croître en moyenne d’environ 330 000 t (équivalent lait liquide) par an.

Parallèlement, L’UE aura besoin de 900 000 t de lait supplémentaires par an pour satisfaire la croissance de sa consommation intérieure. Ceci dit, la consommation de lait liquide « devrait continuer à baisser ».

« L’augmentation de la demande mondiale et intérieure devrait se traduire en une augmentation plutôt modeste de la production laitière, de l’ordre de 0,8 % par an en moyenne pour atteindre 182 Mt d’ici 2030. »

« Le rendement laitier moyen devrait encore augmenter pour s’établir d’ici 2030 à 8 240 kg/vache, soit 17 % de plus qu’en 2017. Cependant, le rythme sera moins rapide qu'au cours de la dernière décennie, compte tenu des contraintes environnementales et de l'extensification des productions en réponse aux attentes des consommateurs. »

Consommation et production de viande prévues en baisse

L’optimisme relatif de la Commission européenne pour le marché laitier européen contraste avec des perspectives résolument négatives pour le marché de la viande bovine. « D'ici 2030, la production de viande de l'UE devrait atteindre presque 48 Mt équivalent carcasse. » Mais le marché sera contraint par des changements dans les préférences de consommations, mais aussi par le potentiel d’exportation, la faible rentabilité et la restructuration du secteur laitier.

« La production de viande bovine de l'UE a repris depuis 2015, après trois ans de réduction de l'offre suite à la reconstitution du troupeau laitier. Cependant, la production devrait à nouveau diminuer, influencée par le troupeau de vaches en diminution, la faible rentabilité, la baisse de la demande en viande bovine et la forte concurrence à l'exportation malgré l'ouverture de marchés de niche. » Ainsi, la Commission estime que « les prix devraient baisser dans la première partie de période de projection avant de se stabiliser vers 2030. »

Globalement, les rapports de la Commission européenne « concluent entre autres que les consommateurs seront plus exigeants en matière d’alimentation, de provenance et d’impact sur l’environnement et le changement climatique ». « Il peut en résulter des coûts de production plus élevés pour les producteurs, mais c'est aussi une occasion de différencier leurs produits, d’apporter une valeur ajoutée tout en travaillant sur leur impact climatique et environnemental. »

Selon la Commission, cela se traduira « par une demande croissante pour les systèmes de production alternatifs, tels que les produits locaux, biologiques ou d’autres produits certifiés. »

En résumé, les perspectives des marchés agricoles européens selon la Commission européenne (document en anglais)

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