Imprimé le 21/10/2019 00:36:49

Réduire les concentrés à l'augeVincent Fleurance, éleveur : « Nous sommes à 80 % d'autonomie protéique »

| par | Terre-net Média

Pour plus d'autonomie protéique, Vincent Fleurance, éleveur laitier en Loire-Atlantique, a revu son système en se tournant vers le pâturage dynamique, en implantant de nouvelles espèces pâturables et en se penchant sur les méteils et la luzerne. « On devrait atteindre les 80 % d'autonomie protéique sur l'élevage », affirme son conseiller de la Chambre d'agriculture.

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EuroDairy France publie un témoignage d'éleveur réalisé dans le cadre du projet SOS Protein visant à réduire l'importation de protéines végétales. Mené sur la Bretagne et les Pays de la Loire, les acteurs impliqués dans ce projet accompagnent les éleveurs pour développer l'autonomie protéique.

Des espèces adaptées pour une récolte optimisée

Vincent Fleurance du Gaec Sainte Catherine (44) produit 800 000 litres de lait avec son associé sur 135 ha dont 53 ha d'herbe parmi les 91 ha de SFP. Depuis quelques temps, l'éleveur mise sur l'autonomie protéique. « On a recherché à optimiser les récoltes d'herbe et à implanter d'autres sources : ray-grass hybride, trèfle violet et trèfles rouges. On essaie d'optimiser le stade de récolte : on est plutôt sur des petites coupes sans forcément de gros rendements. »

« À l'auge, on réduit les concentrés, explique-t-il. On a implanté deux types de méteils : un pour les vaches laitières composé de trèfles de Micheli, trèfles rouges, seigle et vesce. Il est ensilé vers  les 20-25 avril avec des coupes autour de 3,5 à 4,5 tonnes. Celui pour les génisses est composé de féverole, pois, vesce, triticale et avoine. On devrait récolter entre 6 et 8 tonnes de MS. »

Les associés se sont également tournés vers la luzerne : « Elle a été implantée au printemps dernier sous couvert de blé pour la récolter à l'automne. Nous avons également semé un méteil dedans au 10 octobre pour le récolter ensuite. La luzerne sera refauchée toutes les cinq semaines et le méteil resemé à l'automne prochain. »

La ration hivernale des vaches se composera alors d'1/3 de luzerne, 1/3 de méteil et 1/3 de maïs épi et sera complémentée avec du tourteau de colza pour une production de 30 kg de lait.

1 are/VL/jour et un changement de paddock quotidien

« On dispose de 23 ha pâturables pour les vaches, poursuit Vincent Fleurance. Cela nous fait 29 paddocks potentiels pour 1are/VL/jour en pâturage dynamique. Les vaches changent de champs tous les jours. Les génisses changent quant à elles tous les 2 à 3 jours, les paddocks font 25 à 30 ares et sont conduits en fil avant - fil arrière. Pour allonger la période de pâturage, on a essayé d'implanter des plantes plus résistantes aux fortes chaleurs comme la chicorée dans du ray-grass anglais et du trèfle blanc. Elle a cependant un cycle plus rapide que ray-grass. On a donc essayé de l'implanter avec un plantin ou une luzerne pour faire du pâturage l'été. »

L'éleveur confie : « Si on atteint nos objectifs aujourd'hui, c'est aussi grâce au travail de groupes, aux échanges avec d'autres éleveurs et aux formations qui nous permettent d'avancer et d'apprendre de nos erreurs. »

Jean-Claude Huchon, conseiller à la Chambre d'agriculture de Loire-Atlantique explique le cheminement : « La première étape dans la démarche vers plus d'autonomie consiste à faire le point sur les possibilités du système. Il faut ensuite mettre en place un plan d'action sur la qualité des fourrages, le pâturage, l'affouragement, les rotations et les ressources fourragères possibles. L'objectif est de réduire les concentrés et le coût alimentaire. Avant, l'élevage consommait 2 tonnes de concentrés/VL, aujourd'hui nous sommes à 1,6 tonne et on projette d'atteindre 1,2 tonne (y compris les céréales autoconsommées) dès l'année prochaine. »

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