Imprimé le 24/09/2018 20:30:55
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Reportage robot de traitePierre Standaert (80) : « Le passage au robot dure depuis plusieurs semaines »

| par | Terre-net Média

Pour les associés du Gaec Standaert et leur salarié, c'est fini les six heures quotidiennes de traite ! La salle de traite 2x6 postes laisse place à deux robots VMS de Delaval. Cet investissement entre dans la suite logique d'agrandissement de la structure : en quelques années, leur droit à produire a fortement augmenté et dépasse aujourd'hui le million. Il a donc fallu faire grossir le cheptel et agrandir la stabulation. Si les robots sont un pas de plus vers les nouvelles technologies, il ne faut pas passer à côté de leur mise en route. Pierre Standaert en explique les étapes.

Cliquez sur la vidéo pour découvrir la mise en route du robot de traite au Gaec Standaert

E n Picardie, au Gaec Standaert (80), la salle de traite a connu ses dernières heures de gloire lors de la mise en route des robots de traite . Père et fils connaissent depuis quelques temps un sacré changement au sein de leur élevage : d’abord une nouvelle stabulation et ensuite une nouvelle installation de traite.

La modernisation de l’élevage laitier

À moins de 10 ans de la retraite, Géry Standaert reste ambitieux : il a agrandi sa stabulation à deux reprises et a ensuite transformé l’aire paillée en trois rangées de logettes avec caillebotis intégral . S’il est aussi motivé, c’est en partie grâce à son fils. Du haut de ses 27 ans, Pierre, installé depuis deux ans et demi, est plein d’ambition. Après deux « articles 24 » successifs (regroupement d’ateliers laitiers), et un arrêt ballmann, la production laitière du Gaec a bien progressé avec, pour finir, une installation JA qui a permis aux éleveurs d’obtenir 200 000 litres supplémentaires. Aujourd’hui, leur contrat laitier s’élève à 1 150 000 litres. L’accroissement du cheptel s’est fait progressivement et l’agrandissement du bâtiment a suivi pour finalement atteindre 120 m de long. C’est alors qu’il a fallu réfléchir à un nouveau logement ; les vaches sont passées d’une aire paillée aux logettes avec tapis + paille et caillebotis intégral fin 2016.

Le montant du devis pour deux robots était inférieur à celui d’une nouvelle salle de traite

Avec une moyenne de 100 vaches à traire quotidiennement, la salle de traite 2x6 devenait trop petite. Le trayeur y passait 3 h matin et soir, ce qui devenait difficile à gérer. Les éleveurs réfléchissent alors à investir dans une nouvelle installation 2x12 TPA toute neuve. « Nous avions déjà fait des devis, explique Pierre. Mais en allant visiter une ferme pour y voir des filets brise-vent, nous avons assisté au fonctionnement d’un robot de traite. Cela nous a interpellés alors que notre choix était pourtant fait sur la nouvelle salle de traite. Nous sommes tout de même allés voir d’autres élevages robotisés qui nous ont franchement convaincus. » Les éleveurs ont alors demandé des devis pour une installation robotisée et ont été surpris de constater une nette différence : « Finalement, le devis pour la nouvelle salle de traite était plus élevé que pour deux robots. En effet, il nous fallait construire un nouveau bâtiment et créer une nouvelle laiterie et investir dans un nouveau tank. » Les associés ont alors signé pour deux robots VMS Delaval ainsi que pour l’outil Herd Navigator qui analyse les molécules dans le lait afin de détecter précocement les problèmes de santé des animaux. Au total, il a fallu investir 1 million d’euros pour toutes ces installations (logement + système de traite).

Le « teaching » : phase d’apprentissage du robot à ne pas rater

Avant d’arriver à un rythme de croisière, il faut d’abord apprivoiser la traite robotisée. Pour cela, les éleveurs ont leur méthode d’ apprentissage  : « Trois semaines avant la mise en route, nous avons passé les animaux dans les stalles pour qu’ils s’imprègnent de l’environnement et s’habituent à y consommer le concentré. Il a ensuite fallu enregistrer chaque trayon pour chaque vache, puis on a fait passer le bras pendant quelques jours sous les animaux pour qu’ils s’habituent. » Le jour de la mise en route, les éleveurs ont trait 50 vaches dans leur ancienne salle de traite de bonne heure le matin avant de poursuivre en passant les 50 restantes au robot dans la foulée. Un technicien Delaval était présent sur chaque robot afin de réaliser cette phase de «  teaching  » (détection des trayons pour chaque vache). « C’est un certain stress pour les vaches », témoigne Pierre. Son père accompagne chaque vache et tente de la rassurer comme il le peut. « D’autant plus que nous trayions auparavant par l’arrière, elles ne sont donc pas habituées à avoir quelque chose qui leur passe sous le ventre. »

Près de 60 € de prime qualité aux 1 000 litres

Ration :
Maïs
Pulpe surpressée
Ensilage d’herbe (3 mois/an)
Paille
Soja
CMV
Au robot : correcteur 70/30
et concentré de production

Si ces quelques jours (ou plutôt quelques semaines) de mise en route sont éprouvants tant pour les animaux que pour les éleveurs, ces derniers espèrent pouvoir passer tout le troupeau au robot dès le 2e jour de mise en route. Ils espèrent surtout maintenir leur bon niveau d’étable (environ 9 500 litres pour 44 de TB et 34 de TP) et si possible l’améliorer. Ils atteignent actuellement 365 €/1 000 litres grâce aux taux et aux cellules (+ 12 €/1 000 litres grâce à un niveau cellulaire constamment sous la barre des 200 000).

« L’objectif est de dépasser les 10 000 litres/vache, espère l’éleveur, mais surtout de conserver notre marge brute au-dessus des 260 €/1 000 litres. Pour l’instant, on va se satisfaire de 2 traites/j avec un délai maximum de 15 h. On réduira ce laps de temps au fur et à mesure pour enfin programmer l’alarme au-delà des 12 h d’attente et environ 6 h pour les hautes productrices. Néanmoins, il ne faudra pas prévoir plus de 4 traites/vache car elles risquent de monopoliser le robot. »

Des projets plein la tête

Les deux robots sont disposés en tête à tête avec une porte intelligente en sortie de traite qui les trie vers leur logement, une aire paillée ou l’isolement. L’isolement facilite la manipulation des animaux. De plus, les éleveurs ont investi pour la santé des vaches : ils se sont offerts une cage de parage. « Nous parons systématiquement les vaches au tarissement, puis elles passent un mois dehors ce qui leur permet de se refaire les pieds », explique le jeune installé. 

Si les éleveurs viennent de faire un sacré bond en avant dans les nouvelles technologies , leurs projets ne s’arrêtent pas là pour autant. Pierre pense déjà au 3e robot ! « On envisage par l’avenir de mettre un troisième robot mais on verra bien si les deux robots installés fonctionnent bien déjà », plaisante-t-il. Il songe aussi à réformer le système d’alimentation et pèse les pour et les contre entre le passage au robot d’alimentation , l’achat d’une nouvelle mélangeuse ou encore d’une désileuse automotrice. Le jeune éleveur reste néanmoins prudent : « On est prêts à évoluer mais de façon raisonnable car on reste des êtres humains et on a tous une vie privée à côté ! » Il conseille d’ailleurs à tous ceux qui souhaitent franchir le pas de bien prendre leur temps : « Entre les premières discussions et la signature des robots, on a mis un an. Et pendant les travaux, il ne faut pas oublier que le boulot quotidien reste à faire. Il ne faut pas délaisser les travaux habituels. »

Le Gaec Standaert en quelques chiffres :
2 associés (père et fils), un salarié et un apprenti
108 ha (45 de maïs, 40 de blé, 6 de colza et le reste en prairies)
1 150 000 litres
120 VL en moyenne dans le bâtiment
Entre 9 500 et 10 000 l/VL
44 g/l de TB et 34 de TP
Cellules toujours inférieures à 200 000 donc prime qualité
45 % de renouvellement
100 % IA dès 12 mois (sexé sur génisses seulement)
IVV : 370 jours en moyenne
Une vingtaine de taurillons/an (quand prix des veaux au plus bas)

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