Imprimé le 25/06/2018 04:32:46
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FoinNe laissez pas les valeurs alimentaires partir en fumée

| par | Terre-net Média

Avec les orages qui ont traversé nos régions, l'herbe coupée a eu beaucoup de mal à sécher. Si certains l'ont enrubannée par sécurité, ceux qui l'ont récoltée en foin doivent faire attention à l'échauffement de leur récolte. Les valeurs alimentaires du fourrage peuvent vite chuter mais la récolte peut aussi bien partir en fumée dans le pire des scénarios.

Échauffement du foinLe foin récolté devra être surveillé quelques temps afin d'éviter l'échauffement trop important qui pourrait nuire aux valeurs alimentaires du fourrage mais aussi causer un incendie. (©Terre-net Média)

Alors que les premières coupes de la saison se terminent dans quelques régions, il n’est pas question de relâcher la pression pour autant. Avec des conditions climatiques telles qu’on les a connues (orages, vent, pluies et même grêle par endroit), certaines récoltes ont été réalisées dans l’humidité et les risques d’échauffement sont bien présents.

Arvalis- Institut du végétal rappelle qu’il faut viser une teneur en matière sèche du foin d’au moins 84 % au pressage pour écarter tout risque d’échauffement. Quelques critères permettent de reconnaitre un fourrage sec : les feuilles sont cassantes et les tiges sont sèches, l’andain ne doit laisser aucune sensation d’humidité au toucher (même la partie en contact avec le sol) et les nœuds sur les tiges ne doivent plus comporter de zones de couleur « vert chlorophylle » qui indique la présence résiduelle d’eau.

Prendre la température du foin après sa récolte

L’échauffement du foin est aggravé dans les balles de grande dimension ou à forte densité car la circulation de l’air n’est pas suffisante pour évacuer l’eau résiduelle et la chaleur produite. Le type de fourrage a aussi son impact : un fourrage jeune et riche sera plus sensible qu’un fourrage fauché tardivement (stade floraison ou plus tard). En cas de doute concernant la teneur en matière sèche du fourrage, il sera pertinent d’utiliser des capteurs pour mesurer la température du fourrage et vous alerter en cas de situation à risque.

Plusieurs capteurs de température sont disponibles sur le marché comme Haytech et Vigithermik

Deux phénomènes induisent une montée en température du fourrage : les cellules de la plante et les microorganismes. Les cellules encore vivantes peuvent faire chauffer le fourrage très rapidement après le pressage. Néanmoins, celles-ci ne sont plus actives en quelques jours seulement après la récolte. Ce sont alors les micro-organismes (levures et moisissures) qui se multiplient et provoquent un nouvel échauffement.

L’échauffement du fourrage : des risques plus ou moins importants

L’institut rappelle que la chaleur traduit une perte d’énergie et cette énergie correspond à de la valeur alimentaire. De plus, passé 40°C, les protéines deviennent de moins en moins digestibles. Quelques données permettent d’évaluer les pertes :

- < 40°C : préjudice quasi imperceptible.

- 40 à 60°C : odeur de pomme pourrie, acide. Si l’échauffement s’en arrête là, le foin sera gris, poussiéreux. Cela se traduit par 5 à 15 % de pertes de valeur énergétique et 10 à 30 % de baisse de digestibilité des protéines.

- 60 à 80°C : foin de couleur brun/tabac/caramel. Les pertes sont alors comprises entre 15 et 30 % en valeur énergétique et de 30 à 80 % en digestibilité des protéines.

- 80 à 90°C : foin de couleur brun/café/noir. Le risque incendie est alors maximal.

Les analyses de fourrages ne refléteront pas forcément les pertes de digestibilité car les protéines seront encore présentes, c'est leur digestibilité qui aura fortement baissé. Un risque sanitaire peut également planer à cause des agents toxiques sécrétés par les micro-organismes mais les effets sont actuellement peu connus. 

En cas de suspicion d’échauffement ou de situation à risque (foin humide, balles denses), Arvalis préconise de laisser les balles concernées à l’extérieur sous une surface abritée mais ventilée. Si la température dépasse 60°C, il faudra alors aérer le tas par le sommet ou déplacer les balles à l’extérieur si elles sont stockées en bâtiment. À 80°C, l’incendie est quasi inévitable selon les experts qui préconisent d’avertir les pompiers, sortir le matériel, fermer les portes et ouvertures et de ne surtout pas déplacer le fourrage car l’appel d’air pourrait provoquer la combustion.

Découvrez la météo des foins : une carte qui donne la probabilité d’avoir un temps sec pendant au moins 4 jours

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