Imprimé le 24/08/2019 15:00:56

AbattoirsX. Beulin : le but recherché est de « jeter l'opprobe sur la viande »

| AFP

Paris, 29 juin 2016 (AFP) - Le but recherché par l'association L.214 avec la publication de vidéos choquantes sur les conditions d'abattage des animaux dans certains abattoirs est de « jeter l'opprobe » sur la consommation de la viande, a estimé mercredi Xavier Beulin, président de la FNSEA, principal syndicat agricole.

« J'attends des services publics et des médecins vétérinaires qu'ils fassent leur travail, on ne va, bien sûr, cautionner les dérives de l'abattage, mais je ne cautionne pas non plus la manière dont ces dérives sont révélées », a déclaré M. Beulin, lors d'une rencontre avec la presse.

« Le but recherché est de jeter l'opprobe sur la viande » a-t-il ajouté. Avec ces vidéos, c'est « la question de la consommation de la viande qui est posée », a-t-il dit.

« Je ne veux pas que l'on mélange des pratiques condamnables et isolées et le travail des éleveurs » a-t-il dit en se déclarant « défavorable » à l'installation de vidéo-surveillance à l'intérieur des abattoirs, pourtant réclamée par les associations de protection des animaux lors de leur audition devant la commission d'enquête parlementaire sur la maltraitance animale, mercredi.

Dans un communiqué distinct, l'autre syndicat agricole, Confédération paysanne, classé plus à gauche, estime que la « campagne de communication » de l'association L214 « s'acharne sur l'élevage et met en danger l'emploi paysan, notre modèle alimentaire et la vie de nos territoires ».

« En ciblant les petits abattoirs, plus vulnérables, elle pousse clairement à l'industrialisation de nos métiers, effet agricole du libéralisme qui, justement, est en cause dans la dérive des abattoirs », souligne la Confédération.

Les syndicats agricoles devraient être entendus jeudi à leur tour devant la Commission d'enquête.

« Pour s'assurer du bien-être animal, il faut d'abord défendre l'élevage paysan au lieu de faire des généralités. Nous sommes convaincus qu'une amélioration des conditions d'élevage passe par une relocalisation de ces outils, et leur adaptation aux besoins (abattage à la ferme, abattage mobile, etc..). Ne laissons pas ce travail entamé être étouffé par ce nouvel épisode d'indignation publique bien coordonnée », ajoute le texte.


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