Imprimé le 23/02/2020 18:51:33

Fait diversEleveur accusé de menaces de mort en Auvergne : ordonnance de non-lieu partiel

| AFP

Clermont-Ferrand, 24 nov 2015 (AFP) - Le juge en charge de l'enquête sur des menaces de mort dont avait été victime un jeune agriculteur bio installé dans le Puy-de-Dôme, et dont certaines chèvres avaient été abattues, a rendu une ordonnance de non-lieu partiel, a-t-on appris mardi auprès de son avocat, confirmant une information du journal La Montagne.

Originaire des Hautes-Alpes, Jean-Hugues Bourgeois avait repris en 2008 quelque 50 hectares de terres à Teilhet, dans le secteur des Combrailles, pour y installer un élevage de chèvres et une ferme biologique. Cela avait déclenché des jalousies dans cette région auvergnate vouée à l'élevage bovin et aux cultures céréalières. Cet agriculteur, âgé de 28 ans à l'époque, avait retrouvé une dizaine de ses chèvres tuées au pistolet d'abattage en mars 2008 puis avait vu sa grange incendiée cinq mois plus tard, avant de recevoir une lettre en forme de cercueil contenant des menaces de mort contre sa fille de 8 ans. Une information judiciaire contre X avait été ouverte en septembre 2008.

L'enquête avait alors démontré que les terres qu'il louait à un agriculteur local, proche de la retraite, étaient très convoitées. Des gardes à vue avaient été menées et plus d'une centaine de personnes avait été convoquées à la gendarmerie pour comparer leurs écritures avec celle de la lettre de menaces. « Toutes les constatations techniques ont été approximatives dans cette enquête. On n'a jamais réussi à identifier l'auteur même si mon client avait des soupçons sérieux qui n'ont jamais pu être étayés par des preuves concrètes », a expliqué à l'AFP l'avocat de Jean-Hugues Bourgeois, Me Jean-Louis Borie.

Dans cette affaire, seul un militant parisien du Front National, Tanguy Deshayes, comparaîtra dans les mois prochains devant le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand. Il a reconnu être l'auteur d'une missive de menaces de mort envoyée en octobre 2008. L'intéressé avait entendu parler de l'agriculteur auvergnat dans la presse, et avait écrit ces mots de menaces lors d'une soirée alcoolisée entre supporters de football.

En juin 2009, cette affaire avait ensuite pris une tout autre tournure avec la mise en examen du chevrier par un juge sur la foi d'une analyse graphologique qui le désignait comme l'auteur du courrier visant sa fille. Sa mise en examen avait été annulée sept mois plus tard par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Riom.


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