Imprimé le 25/06/2019 23:05:08

Crise de la viande bovineNouveaux blocages d'abattoirs, table ronde mardi au ministère

| Afp

Paris, 11 mai 2015 (AFP) - Des éleveurs continuaient lundi à manifester leur colère devant l'effondrement des prix de la viande bovine en bloquant plusieurs abattoirs en France, alors que le ministère de l'Agriculture a annoncé l'organisation mardi d'une table ronde avec les acteurs de la filière.

Des abattoirs étaient bloqués lundi matin dans le grand-Est, dans le Tarn, en Vendée, en Bretagne, dans le Calvados et le Maine-et-Loire, par des éleveurs qui dénoncent la baisse des prix et réclament des solutions rapides, a-t-on appris auprès de la Fédération nationale bovine (Fnb).

Ces blocages d'abattoirs avaient commencé jeudi, les éleveurs demandant au ministère de l'Agriculture de « réunir de toute urgence une table-ronde extraordinaire avec les principaux opérateurs de la filière française ». Le ministère a annoncé lundi matin la tenue d'une table-ronde destinée à « faire le point sur les difficultés des éleveurs et dresser des perspectives pour la filière » mardi après-midi dans les locaux du ministère.

Des blocages aux quatre coins de France

Une trentaine d'agriculteurs venus du Tarn et de l'Aveyron ont organisé pendant 5 heures un barrage filtrant à l'abattoir Bigard de Castres lundi matin. « Le directeur est venu nous voir. Nous partageons les analyses sur le marché, mais nous n'avons pas de solution sur la façon de réorienter les choses », a expliqué à une correspondante de l'Afp Philippe Jougla, président de la Fdsea du Tarn.

En Lorraine, les éleveurs bloquaient les abattoirs de Metz (Charal) et Mirecourt dans les Vosges (Elivia, filiale de Terrena) depuis 4h, lundi matin, et devaient poursuivre leur action jusque vers 20h.

« Ce sont eux (les abattoirs) qui nous facturent nos animaux. Et le prix facturé ne couvre pas le prix de revient : on a des indicateurs de prix de revient à 4 euros/kilo et dans le même temps le prix d'entrée des animaux à l'abattoir est tombé à 3,60 euros », a expliqué à l'Afp Philippe Nicolas, président de la section élevage de la Fdsea des Vosges et de Lorraine.

A Vitry-le-François dans la Marne, une vingtaine d'éleveurs bloquaient lundi, depuis le début de matinée, les accès au site des abattoirs du groupe Bigard, selon un employé du groupe.

Les éleveurs de la Fdsea de la Sarthe ont bloqué l’abattoir de la Socopa, près de la Ferté-Bernard.Les éleveurs de la Fdsea de la Sarthe ont bloqué l’abattoir de la Socopa, près de la Ferté-Bernard. (©Sarthemag.fr)

Dans les Pays de la Loire, quatre abattoirs étaient bloqués depuis dimanche : deux du groupe Bigard (Charal à la Châtaigneraie et Socopa à la Roche-sur-Yon, tous les deux en Vendée), deux du groupe Elivia aux Herbiers (Vendée) et au Lion d'Angers (Maine-et-Loire).

Pour Mickaël Trichet, président de la section bovine Frsea des Pays de la Loire, « il faut absolument un signe tout de suite sur le prix payé aux producteurs, le "toujours moins cher" ne peut pas être une règle générale fiable pour une filière. Nous souhaitons aussi la clarification des cotations ».

Selon les gendarmes, une dizaine d'agriculteurs bloquaient depuis lundi matin avec deux tracteurs l'abattoir Elivia à Villers Bocage (Calvados).

« Nous sommes une quinzaine de producteurs venus des cinq département de la Normandie. On veut montrer qu'on existe. Les abattages sont plutôt en hausse depuis le début de l'année donc on devrait avoir une hausse des prix (d'achat de la viande aux éleveurs) or on a une stagnation », a expliqué à l'Afp Daniel Courval président de la section viande bovine de la Fdsea du Calvados.

Les producteurs devraient lever les barrages de Villers Bocage à la mi-journée, selon Daniel Courval.


Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

A lire également

   Rechercher plus d'article