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Il fallait y être - "Portes ouvertes à la valeur ajoutée" en élevage de bovins viande

Tel était le thème des portes ouvertes organisées le 26 juin par JBA. Une coopérative qui "se bouge" pour aider ses adhérents à faire les bons choix pour l'avenir en production de viande. Explications et pistes stratégiques pour les éleveurs.

Il s'agit de « faire de l'anticipation pour préparer les éleveurs à l'avenir » explique Bertrand Venet d'entrée de jeu. Président de la coopérative JBA, Jeunes bovins de l'Aisne, il rappelle par exemple que la coop avait fort justement conseillé à tous ses adhérents de « se faire des références ». La suite montre que cette initiative était la bonne...

 

Les éleveurs assistent aux différents ateliers et démonstrations par petits groupes où chacun peut s'exprimer, réagir ou poser des questions. 

 

 

 

 

(© Pierre Boiteau)

Pour ces portes ouvertes 2003, JBA a mis l'accent sur la production de jeunes bovins, les informations sur le deuxième pilier de la Pac (Contrat agriculture durable, Leader, etc) et l'aplatissage de céréales et protéagineux. Une démonstration de manipulation des bovins par la MSA et des stands et ateliers d'exposants partenaires complétaient le tout.

Le potentiel est là

La toute nouvelle réforme de la Pac, signée le matin même, était bien entendu dans la plupart des conversations. Les informations toutes fraiches glanées sur Terre-net et Web-agri, puis les fax des syndicats, circulaient entre orateurs. Avec le découplage des aides (elles ne seront plus liées à la production) la première question sera de se demander "ai-je intérêt à produire ou pas?", analyse le directeur de JBA Jean-Louis Rigamonti. Et d'expliquer que certains petits élevages ou des éleveurs proches de la retraite vont arrêter leur atelier viande. « Plus de la moitié du troupeau allaitant est détenu par des éleveurs de plus de 50 ans » ajoute-t-il. « Ces deux éléments vont faire baisser le nombre d'élevages. En contrepartie cela va favoriser les autres éleveurs par transfert. La concentration et l'intensification vont s'accélérer. » Peut-être verra-t-on dans quelque temps des chefs d'exploitation avec plusieurs salariés et des centaines (ou plus) de bovins!

Mais à chaque transfert il y a perte de références, d'où baisse du troupeau souche, en viande comme en élevage laitier. Jean-Louis Rigamonti en déduit qu'il n'y aura pas d'excédent de production par rapport à la consommation, et que l'on peut même attendre une augmentation des prix. « Les dix pays qui vont rejoindre l'Europe à 25 sont déficitaires en production de viande à objectif 2003-2008. Et pour eux l'élevage bovin n'est pas une priorité. » Bref chez JBA on est certain que le potentiel est là.

Taurillons et blé applati

« Il y a des moyens de produire plus de taurillons et de dégager du revenu » affirme Marie-Claude Bervoet, responsable méthode JBA, chiffres à l'appui. JBA a déjà organisé plusieurs réunions en début d'année pour faire reprendre la production de taurillons et favoriser l'utilisation de blé aplati (ou d'autres céréales) pour diminuer la quantité de pulpe sèche.

Ces encouragements à la création de nouveaux ateliers d'engraissement font partie de la stratégie "valeur ajoutée" de JBA. Avec la baisse des revenus, que la nouvelle Pac devrait confirmer selon Bertrand Venet, il faut trouver des solutions. La réduction des charges est piste déjà bien travaillée, même s'il reste des pistes techniques comme par exemple l'utilisation de céréales aplaties. L'autre piste est pour lui celle de la création de richesse. En augmentant le volume ou/et en accroissant la valeur ajoutée. JBA pousse donc l'engraissement mais donne aussi des solutions pour l'engraissement des génisses, ou pour passer des cultures en surfaces fourragères primables.

Jean-Louis Rigamonti et Bertrand Venet, respectivement directeur et président de JBA, visent à anticiper pour préparer les éleveurs de bovins viande à l'avenir. Perspectives stratégiques et conseils pratiques à l'appui.

 

 

 

(© Pierre Boiteau)

 

Les responsables de la coopérative poussent aussi à s'engager dans les Cad. « Nous vous avions poussé à faire des CTE, l'intérêt était évident » explique le directeur de JBA. Même si le président regrette qu'il n'y en ait pas eu assez dans la région : « Nous sommes passé à côté de quelque chose ! » Maintenant il faut faire des Cad, poursuit Jean-Louis Rigamonti. « Il y a un peu plus de contraintes que pour les CTE pour un peu moins d'argent... mais dans l'avenir ce sera pire, avec beaucoup plus de contraintes pour beaucoup moins d'argent... donc il vaut mieux profiter dès maintenant de ces mesures. »

« Nous souhaitons aussi augmenter la filière qualité » poursuit Bertrand Venet. « Il faut bien sûr réussir à le faire valoir dans le prix... C'est par exemple ce à quoi travaillent les Jeunes agriculteurs. » Bref, JBA pousse plutôt à se retrousser les manches et à trouver des solutions, tout en sachant se défendre, plutôt qu'à se plaindre. « La vache allaitante nous y croyons ! » s'exclame Bertrand Venet.

 

Site internet de JBA : cliquer ICI.

Pierre Boiteau - Web-agri

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