Journées 3R 2006



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Identification électronique - Un taux de rétention supérieur à 99 %

Les expériences menées en Espagne montrent que l’identification électronique des ruminants par l’utilisation du bolus est réalisable sur le plan technique avec d’excellents résultats et que cette solution est compétitive au plan économique. Explications présentées lors des journées 3R 2006.


« L'identification électronique est une technique très efficace et économiquement compétitive pour assurer la meilleure traçabilité des ruminants », conclu Gerardo Caja, de l'Université de Barcelone, intervenant lors des journées 3R 2006.
(© Photo Nathalie Petit)
Depuis 2004, la réglementation européenne définit comme recommandable l’utilisation de l’identification électronique chez les bovins. En revanche sur les ovins et les caprins, après le 1er janvier 2008, tous les pays européens dont la population ovine-caprine dépasse 600.000 animaux devront obligatoirement utiliser l’identification électronique. L’Espagne est plus en avance dans ce domaine où déjà, à ce jour, plus de 4 millions d’agnelles de renouvellement sont identifiées avec le nouveau système.

Les expériences et les résultats obtenus dans ce pays tendent à démontrer la pertinence de l’identification électronique. « Nous avons montré que les bolus appliqués aux jeunes animaux relativement tôt après la naissance peuvent être retenus chez les adultes si les dimensions sont adéquates », présente Gerardo Caja, de l’Université de Barcelone (*). « Nous avons travaillé sur la taille des bolus en parvenant à la réduire. Le problème de la rétention dans le rumen n’est effectivement pas banal et avoir un taux de rétention supérieur à 99 % n’est pas facile. Mais aujourd’hui nous pouvons garantir un taux de rétention élevé (supérieur à 99 %) pendant toute la vie de l’animal, sans effets sur la santé ou sur les performances. » Pour cela, les chercheurs ont établi un principe de rétention dans le rumen et défini des tailles idéales pour les agneaux ou les veaux.

Taux de réussite de lecture des bolus de 100 %

Le bolus électronique est constitué d’un bâtonnet résistant aux conditions digestives du rumen. Il contient un transpondeur qui fonctionne par ondes radio de  basse fréquence pouvant être lu automatiquement. Appliqué par voie orale, il est récupéré à l’abattoir lors de l’éviscération.
Les résultats obtenus sur 2.000 agneaux montrent un résultat de traçabilité à la ferme de 96% avec une boucle d’oreille plastique contre 98 % et 100 % pour les bolus. « Le taux de réussite des transferts de codes depuis les bolus jusqu’aux carcasses a été de 98,9 %. » Gerardo Caja conclut cette expérience en montrant que le bolus optimise la traçabilité en atteignant pratiquement les 100%.

Une même expérience a été réalisée auprès de 3.600 veaux. « La traçabilité à la ferme des veaux pendant la période d’engraissement a été supérieure avec les bolus avec trois types de boucles d’oreille. A l’abattoir, après quelques adaptations sur la conception des antennes des lecteurs, le taux de réussite de lecture des bolus a été de 100 % »

Quant à l’impact économique, une stratégie de type mixte semble être actuellement accessible égale en terme de coût à l’utilisation des boucles visuelles. Lidentification mixte consiste à identifier les jeunes animaux par des boucles visuelles et les adultes par identification électronique. Elle  représente un coût par animal (ovin caprin) de 3,03 € contre 2,98 € pour le système classique d’identification visuelle. Mais il faut ensuite prendre en compte les taux de pertes annuelles des boucles d’oreille. « La baisse du prix des bolus électroniques, actuellement inférieur à 1,5€ l’unité, rendrait la stratégie du tout électronique la plus compétitive en Espagne», prévoit Gerardo Caja.

Source (*)« Utilisation des bolus électroniques pour la traçabilité des ruminants : état de la technique, mise en place et évaluation en ovins et bovins », G. Caja, M. Hernandez-Jover, M.J. Milan, Université autonome de Barcelona, Espagne, F. Bocquier, Institut national de la recherche agronomique-AgroMontpellier-Cirad, Rencontres Recherches Ruminants, décembre 2006.

Retrouvez les journées 3R 2006, avec les recherches au service des éleveurs, en cliquant ICI.

Nathalie Petit

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