La génétique est un outil qui peut être utilisé très en amont pour sélectionner des animaux présentant une efficacité alimentaire supérieure. Présentation d’un essai mené à l’Inra chez le porc Large White pendant 5 générations.
L’augmentation du coût des matières premières et le renforcement des boucliers réglementaires – destinés à réduire l’impact de l’élevage sur l’environnement – expliquent la recherche d’une plus grande efficacité alimentaire des porcs par les éleveurs. Concrètement, l’efficacité alimentaire est sélectionnée à partir de l’indice de consommation. Mais ce dernier, rappelait Hélène Gilbert (Inra) lors des 41e JRP* entraîne « indifféremment l’augmentation de la vitesse de croissance et/ou du rapport muscle/gras de la carcasse ».
Sélection divergente
Mieux maîtriser l’efficacité alimentaire peut donc passer par une meilleure connaissance de la sélection sur ce critère. Pour établir des outils d’évaluation, le concept de ‘consommation résiduelle’ a été proposé. Selon l’experte, «
il permet d’exploiter la variabilité génétique de la consommation alimentaire « corrigée » pour les besoins prédits d’entretien et de production ». En clair, la consommation moyenne journalière résiduelle (CMJR) est la différence entre la consommation moyenne journalière (CMJ) observée et la CMJ prédite d’après les besoins d’entretien et de production de l’animal.
 Hélène Gilbert, lors des JRP à Paris. (© CZ) |
L’Inra a mené une expérience de sélection divergente chez le porc Large White pendant 5 générations. Objectif : comparer les cinétiques de croissance et d’ingestion des deux lignées divergentes.
Pour y parvenir, des enregistrements hebdomadaires du poids vif et des enregistrements journaliers de la consommation alimentaire à l’aide de distributeurs électroniques d’aliment ont ainsi été accumulés ; ces données ont ensuite été associées avec les estimations de consommation moyenne journalière résiduelle (CMJR) et du comportement alimentaire.
Héritabilité
«
Les corrélations avec CMJR, CMJ et durée de consommation journalière montrent qu’une forte ingestion en début de contrôle, associée à une croissance précoce rapide, est liée à une CMJR plus élevée… et donc à une moindre efficacité alimentaire. Par contre, il n’y a pas de relation significative avec la vitesse d’ingestion » détaillait Hélène Gilbert. «
Par contre, nous mettons clairement en évidence que les deux lignées diffèrent significativement à la génération 5 pour tous les descripteurs des cinétiques de croissance et d’ingestion. En outre, nous avons mis en évidence que le paramètre Y50 est héritable et est bien corrélé génétiquement avec CMJR : ce paramètre pourrait donc servir de prédicteur intéressant en termes de sélection de l’efficacité alimentaire. »
source : « Relations génétiques entre efficacité alimentaire et cinétiques de croissance et d’ingestion chez le porc Large White ». H. Gilbert, S. Al Aïn, P. Sellier, H. Lagant, Y. Billon, J-P. Bidanel, P. Guillouet, J. Noblet, J. Van Milgen Et L. Brossard (Inra), 41e JRP 3-4 février 2009, Paris.
Céline Zambujo