Une étude des performances de reproduction des élevages allaitants des Pays de Loire fait apparaître de fortes différences entre les races. Les résultats les plus dégradés s’observent en Rouge des Prés.
Sur le seul critère de l’intervalle vêlage vêlage (IVV), une différence moyenne de 13 jours s’observe entre les races Limousine (381 jours) et Blonde d’Aquitaine (394 jours). Il est de 385 jours en race charolaise. Pour une part, c’est la durée de gestation qui explique ces différences, une durée moyenne de 287 jours en race charolaise contre 295 jours pour les Blondes d’Aquitaine. Ces repères ont été constitués par des ingénieurs des Chambres d’agriculture des Pays de la Loire qui ont étudié sur 3 années les performances des élevages allaitants inscrits au contrôle de performance dans 4 races : charolaise, blonde d’Aquitaine, limousine et rouge des prés (*).
Jusqu'à 14% de vêlages difficiles
Des différences significatives sont également constatées sur la mortalité des veaux à la naissance. Les taux de mortalité les plus faibles de 0 à 210 jours sont enregistrés en race limousine. A l’inverse, en race rouge des Prés, ces taux atteignent 15,1%. Ce taux est pénalisé par la forte proportion de vêlages gémellaires qui atteint 6% contre 1,2% en race limousine. « En rouge des prés, le taux de mortalité des jumeaux est de 29,5 % des mâles et 22,0 % des femelles, soit 1,8 à 1,9 fois la mortalité observée lors de naissances simples. Enfin, ce taux est plus élevé d’environ 3 % pour les veaux nés en hiver .»
 Sur primipares, la race limousine est celle qui présente la moindre proportion de vêlages difficiles chez les éleveurs allaitants des Pays de Loire inscrits au contrôle de performance. (© 3R) |
La race Rouge des prés est encore la plus touchée par les vêlages difficiles qui concernent 13,7% des vêlages contre 2,5% en race limousine et 9,4% en race charolaise. « Cette proportion est nettement plus élevée sur primipares, elle atteint 21,8 % en race Rouge des Prés, elle tend à augmenter dans le cas des vêlages précoces (moins de 28 mois) », commente Jean-Paul Coutard, ingénieur à la Chambre d’agriculture du Maine et Loire.
En race charolaise, le poids de naissance des veaux est déterminants sur les difficultés de vêlage. « La fréquence de vêlages difficiles la plus élevée est constatée sur les veaux mâles lourds nés de femelles primipares. Ce constat souligne la nécessité de contrôler l’accroissement des poids de naissance consécutif à la sélection sur la croissance et le développement squelettique. « D’autant que les vêlages difficiles se traduisent par une détérioration hautement significative de l’IVV et par une diminution de la proportion de femelles qui vêlent à nouveau. En race Charolaise, après césarienne, seulement quatre vaches sur dix mettent bas et pour celles qui vêlent l’IVV est allongé de six semaines. »
(*) Source «Reproduction des troupeaux allaitants dans les Pays de Loire : facteurs de variation des performances », Jean-Paul Coutard, M. Menard, Chambre d‘agriculture de Maine et Loire, G. Benoteau, Chambre d‘agriculture de Loire Atlantique, F. Lucas, Chambre d‘agriculture de la Mayenne, J-M. Henry, Chambre d‘agriculture de la Sarthe, F. Chaigneau, Chambre d‘agriculture de la Vendée, B. Raimbault, Genoe Trélazé (49), 14èmes Journées Rencontres Recherches Ruminants, Institut national de la recherche agronomique, 5 et 6 décembre 2007.
Nathalie Petit