Depuis la directive bien-être de 1997, les éleveurs ont du s’adapter et choisir techniquement entre parc collectif au Dal et l’alimentation au seau, élue par 71% des éleveurs bretons : un choix sécuritaire.
 Résultats zootechniques et temps de travail comparés (d’après Aupiais et al., 2000) (© Rencontres Recherches Ruminants) |
La réglementation bien-être de 1997 a conduit les éleveurs à opérer des aménagements dans la conduite des veaux de boucherie. Ils ont opté pour deux systèmes : alimentation individuelle au seau associée à un logement en cases collectives sur caillebotis de 2 à 5 ou la distribution collective d’aliment d’allaitement associée à des parcs collectifs de 15 à 70 veaux.
« Ces deux systèmes nécessitent globalement un temps de travail à peu près équivalent, 2h20 en moyenne sur 135 j par veau », présente Béatrice Mounaix, de l’Institut de l’élevage, lors des Journées 3R (1). Les éleveurs bretons ont très majoritairement choisi la distribution d’aliment d’allaitement au seau. Ils étaient en 2004 71% à avoir opté pour ce système plus proche de leurs modes d’élevage antérieur.
« La distribution au seau n’impose pas d’adaptation technique et peut être utilisée pour les aliments solides. » En outre, ce choix seau caillebotis présente des atouts certains en matière de sécurité de production., même s’il peut réduire de 10% la capacité de production des bâtiments.
« Il présente de meilleurs résultats en terme de mortalité, surtout si les veaux sont démarrés en logettes individuelles avant 8 semaines. Le taux de mortalité demeure alors inférieur à 2%. Il peut atteindre 10% si les veaux sont élevés en cases collectives avant les 8 semaines. Globalement des taux de mortalité supérieurs sont constatés au Dal avec une accentuation des risques sanitaires liés aux parcs collectifs. En revanche, le système des parcs collectifs autorise un maintien ou une augmentation des capacités de production. »
Rappels de la réglementation bien-être
Logement, alimentation et contrôle de l’anémie sont les trois domaines concernés par la directive européenne du 20 janvier 1997 sur le bien-être des veaux de boucherie. * L’élevage en groupe des veaux est requis à partir de 8 semaines, sauf prescription vétérinaire. Avant 8 semaines, les veaux peuvent éventuellement être élevés en logette individuelle, de largeur au moins égale à la hauteur au garrot de l’animal et comportant des parois ajourées pour maintenir le contact visuel avec les congénères. Les dimensions des cases collectives sont réglementées, pour offrir une aire d’exercice suffisante pour les animaux : 1,5 m2 par veau de moins de 150 Kg, 1,7 m2 par veau de 150 à 220 Kg, et 1,8 m2 par veau de plus de 220 Kg. L’attache des veaux est interdite en logette individuelle et limitée au temps de l’allaitement en case collective. * L’apport d’aliments fibreux (alimentation solide) à la ration alimentaire est obligatoire. Leur part minimale est fixée à 50 g de ration quotidienne pour des veaux de deux semaines et 250 g pour des veaux de vingt semaines. Le niveau moyen d’hémoglobine dans le sang doit être au minimum de 4,5 mmol / l par lot. Les animaux doivent être nourris et inspectés deux fois par jour.
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Le système d’allaitement au seau semble davantage sécuriser le système, « la durée d’engraissement au seau est plus longue mais les performances zootechniques sont satisfaisantes et peu variables, offrant une relative sécurité. » Les performances d’élevages semblent plus hétérogènes au Dal (Distributeur automatique de lait) où l’indice de consommation est altéré en particulier avec les veaux de race Prim’Holstein, en raison de plans d’alimentation souvent déconcentrés pour limiter les succions et l’ingestion de litière paillée. « Et depuis deux à trois ans, de nombreux élevages ont abandonné le Dal pour une distribution individuelle au seau. »
Si le système de distribution de l’aliment et la nature du sol sont les deux facteurs déterminants des performances technico-économiques, le temps consacré à l’observation des animaux, la gestion des bandes pour les répartir en lots homogènes et la bonne surveillance sanitaire des veaux sont également des facteurs principaux de réussite.
Ces efforts d’adaptation demandés aux éleveurs par l’application de la directive bien-être de 1997 a finalement contribué à valoriser l’image de la production de veaux de boucherie.
Source « Bilan de la mise en œuvre de la directive européenne « bien-être » de 1997 au niveau de la filière veau de boucherie », Béatrice Mounaix, Christophe Martineau, Gérard Bertrand, Institut de l’élevage Rennes Le Rheu, 14èmes Journées Rencontres Recherches Ruminants, Institut national de la recherche agronomique, 5 et 6 décembre 2007.
Nathalie Petit