Journées 3R 2007



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Consommation d’énergie en élevage bovin - Le tiers de la consommation carburant totale se fait en bâtiment

La problématique énergétique est désormais au cœur des préoccupations de notre société. Pour proposer de futurs diagnostics et démarches de conseil en consommation d’énergie, l’Institut de l’Elevage a mené un travail pour disposer de repères selon les différents systèmes de production lait ou viande.

Répartition des 398 fermes bovines de l’échantillon 2005 par système de production
 
 
245 exploitations laitières
Combinaison de productions (OTEX)
 
Herbe
Herbe-Maïs
Maïs
Lait + Viande
Total
% maïs dans la SFP
 
< 10 %
10 - 30 %
> 30 %
Spécialisés herbivores
 
62
52
28
44
186
Polyculteurs éleveurs
 
4
9
20
21
54
Autres combinaisons
 
 
1
2
2
5
Total
 
66
62
50
67
245
 
 
 
153 exploitations allaitantes
Combinaison de productions (OTEX)
 
Naisseur
Nais. Engr. de JB
Nais. Engr. bœufs
Autre (VA+OV,…)
Total
Spécialisés herbivores
 
36
26
9
20
91
Polyculteurs éleveurs
 
12
12
3
4
31
Céréales + élevage
 
14
5
2
4
25
Total
 
66
44
14
28
153

L’analyse réalisée auprès de 245 exploitations laitières et 153 exploitations allaitantes a retenu quatre postes : les carburants, l’électricité, l’alimentation achetée et prélevée et la fertilisation minérale. Les résultats sont exprimés en Eqf (Equivalent litre de fioul).

75 à 80 Eqf pour produire 100 kg de viande

En production de viande, « le poids des énergies indirectes est prépondérant, avec près de 2/3 des consommations de l’atelier», commente Frédéric Galan de l’Institut de l’élevage. « Le poste électrique est quasiment négligeable alors que celui des concentrés achetés et prélevés - voire des fourrages achetés dans le cas des co-produits notamment - est déterminant ».
Pour produire 100 kg de viande sur pied, les consommations sont de l’ordre de 75 à 80 Eqf. L’efficacité énergétique du système est liée à la part de complémentation et à la nature du fourrage récolté. « Les systèmes stockeurs de fourrages les plus efficaces sont ceux qui complémentent légèrement (moins de 550 kg de concentrés par UGB dans la ration hivernale) sur une base fourragère à base d’herbe ou de maïs fourrager ». Et à noter que  «  la consommation de carburant à la tonne de matière sèche est nettement plus importante pour l’herbe que pour le maïs d’une part, pour l’ensilage d’herbe que pour le foin ou l’enrubannage d’autre part ».

83 Eqf en moyenne pour produire 1000 l de lait

« Les énergies directes constituent la moitié de l’énergie consommée sur l’atelier laitier », présente Frédéric Galan , « le premier poste étant celui de l’alimentation » avec des disparités suivant les systèmes. « La consommation moyenne des systèmes en production biologique est de 66 Eqf / 1000 l. En plaine, ce niveau est de 60 Eqf pour les systèmes herbagers et de 75 Eqf pour les systèmes herbe-maïs car ce dernier est plus consommateur de concentrés ». L’analyse montre également que « les exploitations laitières spécialisées sont plus efficientes que les systèmes laitiers de polyculture » en système conventionnel. En raison sans doute estime le spécialiste « à un peu plus de fourrages conservés, plus de concentrés et des transferts de déjections sur les grandes cultures » pour les systèmes laitiers de polyculture.

En Affinant les consommations poste par poste et en les structurant (classement en fonction de la nature de la ration hivernale, ou des surfaces maïs, foin, ..),Frédérice Galan et l’institut de l’élevage vise un diagnostic énergie qui « pourrait alors s’appuyer sur des références construites et non plus des moyennes observées comme c’est le cas actuellement ». (© Béatrice Colleu -Web-agri)

L’hiver plus long et l’utilisation de plus de fourrages conservés donne des  consommations d’énergies directes et de concentrés importantes chez les systèmes spécialisés de montagne.
Il existe près de 40 % d’écart de consommation dans un même système, ce qui laisse de réelles perspectives en matière de conseil thématique et de marges de progrès, souligne Frédéric Galan. 

Ainsi sur une exploitation laitière, « trois appareils : tank, chauffe-eau et pompe à vide représentent 85% de la consommation électrique d’une ferme laitière », souligne Frédéric Galan. Un phénomène accentué avec le robot de traite où « la pompe à vide fonctionne environ six heures par jour, et entraîne une consommation électrique deux fois plus importante qu’avec un système de traite conventionnel (115 Kwh / 1000 kg lait). »
Les voies d’amélioration seront donc à chercher du côté du pré-refroidisseur à lait qui « installé en amont du tank, permet de réduire de moitié les consommations de ce dernier » ou du récupérateur de chaleur qui « installé sur le groupe froid du tank permet quant à lui un préchauffage de l'eau et ainsi une réduction d'environ 80 % des consommations du chauffe-eau ».
Enfin, en bâtiment (pour une stabulation de 180 jours) la consommation de carburant avoisine les 7 litres de fioul/1.000 l de lait ce qui correspond à environ 1/3 de la consommation carburant totale. Distribution des rations, paillage, curage…en sont responsables et « l'automatisation de certaines pratiques comme le raclage constitue une piste de réduction des consommations pouvant atteindre jusqu’à 50 % des consommations énergétiques de ce poste », souligne le spécialiste.

Source: « Consommation d’énergie en élevage bovin – Des repères pour se situer et progresser » par Galan.F , Dolle. J-B, Charroin. T, Ferrand. M, Hiet. C. de l'institut de l'élevage.

Retrouvez les journées 3R 2007, avec les recherches au service des éleveurs, en cliquant ICI.

Béatrice Colleu