L’étude a été réalisée auprès de 60 exploitations des réseaux d’élevage de Bretagne dont 14 en bio. Une analyse de cycle de vie de la production laitière avec l’outil Eden (Evaluation de la Durabilité des ExploitatioNs) a été réalisée sur chacune de ces exploitations afin d’apporter des repères d’impacts et de consommations de ressources pour les systèmes laitiers bretons. Les différents impacts sur le milieu (Air, eau, sol, ..) sont ainsi mesurés.
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Eden Eden quantifie les impacts environnementaux et la consommation de ressources, tout au long du processus de fabrication du lait, c’est à dire de l’origine des matières premières nécessaires au système jusqu’à la sortie des produits de la ferme. Le fonctionnement a été étudié à travers la description précise des conduites de cultures et du troupeau. L’ensemble des intrants utilisés sur l’exploitation a été inventorié. « Les fermes étudiées font partie des réseaux d’élevages et ont de bons résultats technico-économiques. Il serait donc imprudent de prendre les valeurs obtenues comme références », précise François Roger
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« L’impact changement climatique provient des émissions de méthane et protoxyde d’azote vers l’air », précise, Françoise Roger. Elles expliquent 83 % de l’effet global en bio, et 79 % en conventionnel. C’est le méthane (CH4) qui contribue le plus au changement climatique, à raison de
« 40 % en conventionnel et 49 % en agriculture biologique. Le protoxyde d’azote (N2O) est plus présent en conventionnel avec une origine essentielle dans les engrais azotés ».
« L’acidification de l’air provient des émissions d’ammoniac (NH3) et de dioxyde de souffre ( SO2 ) », rappelle Françoise Roger. Le niveau de pertes sous forme d’ammoniac est inférieur en mode de production biologique car les excédents d’azote du bilan des minéraux sont plus faibles et le risque de pertes gazeuses s’en trouve limité.
« Ensuite, les animaux passent davantage de temps à l’extérieur où les pertes sont plus faibles qu’en bâtiment », note la spécialiste.
L’eutrophisation est principalement le résultat de fuite d’azote par lessivage. L’impact lié à la fuite de phosphore par ruissellement est limité - « 1 % du phosphore épandu est considéré emporté par ruissellement et participe à l’eutrophisation ».
« La contribution de l’azote nitrate à l’eutrophisation est par contre très importante », souligne Françoise Roger et « en lien direct avec le devenir de l’excédent azoté du bilan des minéraux et donc avec le niveau d’entrées d’azote par les intrants ».
 "Les émissions de Ges par hectare sont plus faibles d'une tonne en bio, mais ramenées aux 1.000l de lait sont très proches de celles en conventionnel", note Françoise Roger (© Béatrice Colleu -Web-agri) |
Lors du cheminement de l’azote, il est intéressant d’observer ce qui se passe, note la spécialiste « Le bilan fait état de l’azote qui entre par les intrants ou les légumineuses et de ce qui sort de l’exploitation par des produits. Le solde est non valorisé et considéré comme perdu ou susceptible de partir dans le milieu.». Cet excédent d’azote à l’hectare est deux fois plus important en conventionnel qu’en bio.
Des marges de progrès dans les deux systèmes
L’analyse de cycle de vie est une approche environnementale très globale. Elle permet de prendre conscience des impacts des systèmes de production sur l’environnement. « L’analyse de cycle de vie de la production laitière jusqu’à la sortie de l’exploitation a permis de donner les premiers repères concernant les impacts sur l’environnement des systèmes laitiers bretons », conclut Françoise Roger : « Il en ressort que des marges de progrès existent, quel que soit le système ».
Source: « Systèmes bovins lait bretons : Consommation d’énergie et impacts environnementaux sur l’air, l’eau et le sol » par Roger F. (1), Van Der Werf H.(2), Kanyarushoki C (3), Equipe suivi réseau d’élevage Bretagne (4)
(1) Chambres d’Agriculture de Bretagne - Rennes cedex)
(2) Umrs Sas Inra rue de St Brieuc - Rennes cedex)
(3) Ecole supérieure d’agriculture d’Angers)
(4) Le Lan B, Bras A, Cadoret P, Tirard S, Seuret JM, Chambres d’Agriculture de Bretagne
Béatrice Colleu