Moins de mammitesVeillez au logement et à l'alimentation des taries (2e partie)

| par BTPL | Terre-net Média

La qualité du logement ainsi qu'une alimentation spécifique est nécessaire aux vaches durant la période de tarissement et sera gage d'un meilleur état sanitaire des mamelles. Le Btpl (Bureau technique de la promotion laitière) rappelle que l'objectif est de couvrir les besoins des vaches mais sans excès notamment énergétiques et azotés.

Des fibres, des fibres, et encore des fibres ! Des fibres, des fibres, et encore des fibres ! (©Terre-net Média)

La qualité du logement des vaches taries est fondamentale

La limitation des contaminations passe avant tout par le logement des taries dans les meilleures conditions d’hygiène possibles, qu’elles soient au pâturage ou en stabulation. 

A lire aussi : Tarissement (1ère partie) : Faut-il traiter systématiquement ?

Le pâturage sans ombre, particulièrement durant les fortes chaleurs, favorise la concentration des animaux sur certaines petites zones plus humides et ombragées qui deviennent de véritables bouillons de culture et ne valent pas mieux qu’une aire paillée trop petite et sale. Dans ces conditions, il est évident que les mamelles sont souillées et que l’on accroît le risque de nouvelles infections. Ce risque augmente également lorsque le bâtiment des taries est exposé au vent ou à la pluie.

Une alimentation spécifique pour les vaches taries

1. Tarir des vaches en bon état corporel

La ration de tarissement est uniquement une ration d’entretien et ne doit pas servir à « remettre une vache maigre en état » sous peine de risques de maladie au vêlage.

2. Pas de diète totale et traumatisante le jour du tarissement

Pour les fortes laitières, la suppression des concentrés doit se faire huit jours avant la date de tarissement prévue pour favoriser la baisse de la production. Passer la vache directement à l’alimentation des taries avec eau et foin ou paille à volonté.

3. Séparer les vaches taries des laitières pour mieux maîtriser leur alimentation et prévenir les problèmes de fièvre de lait et d’œdème de la mamelle dus à une alimentation inadaptée aux taries.

4. Couvrir sans excès les besoins des vaches taries

Viser une ration totale à 0,70- 0,75 Ufl, 80 à 85 g de Pdin- Pdie ou 12 % de Mat, 4 g de calcium et 3,5 g de phosphore par kg de matière sèche.

5. Eviter toute suralimentation énergétique ou azotée

Il faut rationner les fourrages qui ont une valeur énergétique supérieure à 0,8 UFL/ kg de MS et une valeur azotée supérieure à 15 % de Mat (maïs, pulpes, ensilage d’herbe à volonté).

6. Apporter des fibres, des fibres et encore des fibres :

Apporter au moins 50 % de la ration sous forme de paille ou de foin afin de :
 - maintenir une bonne élasticité de la panse qui retrouvera plus rapidement son volume optimal après vêlage, d’où une meilleure capacité d’ingestion après vêlage.
 - permettre au foie de se reposer, il sera très sollicité après vêlage en début de lactation.

7. Attention au pâturage

Deux écueils sont à éviter : l’herbe jeune de printemps ou les repousses d’automne trop déséquilibrées en azote et énergie. Cette herbe doit être rationnée et complémentée avec du foin ou de la paille.
Le manque d’herbe en été, qui demande là aussi une complémentation en foin.
Dans tous les cas, mettre à disposition des pierres à lécher pour complémenter les apports minéraux de l’herbe.

8. Assurer une bonne transition avec la ration des laitières

L’idéal est d’assurer un « fond de cuve du rumen » en distribuant aux taries la même ration que les vaches en lactation, à raison d’une ration vache laitière pour trois à quatre vaches taries complémentée par un foin fibreux ou de la paille. La transition vers la ration des laitières se fera d’autant mieux.

9. Soigner l’alimentation minérale

Apporter un minéral spécifique vaches taries, plus équilibré en phosphore/calcium, et enrichi en sélénium et vitamines E. Eviter les apports excessifs de sel (risques d'œdèmes mammaires), réduire les apports de sodium et de potassium qui favorisent la rétention de liquide et les œdèmes mammaires.

10. Raccourcir la durée de tarissement pour les vaches en état correct

- Tarissement de 60 jours après la 1ère lactation
- 50 jours après la 2ème
- 40 jours après la 3ème
Attention la durée moyenne de gestation en race holstein est de 9 mois et 10 jours.

Réduire les risques lors du vêlage

Il vaut mieux traire les vaches ayant des écoulements de lait avant le vêlage et stocker le colostrum dans un congélateur : les traites font sortir des agents potentiellement pathogènes du canal du trayon.

A lire : Tarissement (1e partie) - Faut-il traiter systématiquement ?
N.B : Article paru le 1er octobre 2012.

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