Alimentation et santéUne méthode simple pour détecter les vaches qui mangent mal

| par BTPL | Terre-net Média

Il est important de savoir si les vaches fraîchement vêlées ou en début de lactation se nourissent correctement. Une bonne solution pour identifier rapidement celles qui mangent mal : l'appréciation du remplissage de la panse. Distribuer une ration plus concentrée permet alors de limiter les troubles du métabolisme.

Vaches latières à l'auge La note de remplissage du rumen permet de bien estimer les grandes variations d’ingestion de fourrage entre individus. (©Terre-net Média)

Les méthodes de prévision de l’ingestion sont valables au niveau du troupeau, mais pas au niveau de l’individu. Pour prévoir le potentiel d’ingestion de fourrages, on peut utiliser des formules prédictives basées :

  • sur les données de l’animal (performance, poids vif, lactation, race)
  • et sur les caractéristiques de la ration (proportion de concentrés, énergie du fourrage de base).

Ces formules fonctionnent pour calculer l’ingestion moyenne d’un troupeau ou d’un groupe de vaches. Elles ne permettent cependant pas de prévoir les variations d’ingestion entre vaches. Pour des vaches très productives, on a ainsi mesuré jusqu’à 30 kg de matière sèche ingérée par jour en moyenne hebdomadaire alors que d’autres n’ingéraient que 15 kg.

Connaître le niveau d’ingestion, et détecter les vaches qui mangent mal est particulièrement important en tout début de lactation

Il est important de détecter ces variations et d’en tenir compte dans la gestion de l’alimentation, en particulier durant la phase sensible des premières semaines après le vêlage. Il y a en effet un risque élevé de problèmes métaboliques pour les vaches qui mangent très peu et produisent beaucoup. Par ailleurs, une faible ingestion de fourrages est toujours un signal d’alarme indicateur de maladies à traiter.

Une méthode rapide : la grille de  notation du remplissage du rumen

Note d'état pour l'observation Note de remplissage du rumen pour l'observation. Cliquez sur le tableau pour l'agrandir. (©Btpl)

La note est établie après observation et notation du niveau de remplissage du creux du flanc gauche. Cette note représente avant tout un instantané de la quantité de fourrages qu’une vache a dans le ventre. 

Une méthode représentative des niveaux d'ingestion de fourrages

Des essais réalisés en Suisse montrent que ces notations réalisées un à trois jours après le vêlage sont représentatives des ingestions de fourrages réellement mesurées en début de lactation.

Le graphique fait apparaître des valeurs d’ingestion nettement plus faibles pour les vaches ayant les notes 1 et 2 que pour celles ayant les notes 3 et 4 (en moyenne 1,6 kg de MS sur les six premières semaines de lactation). La note de remplissage du rumen permet donc de détecter relativement bien les animaux qui mangent mal durant les premières semaines de lactation et qui posent problème.

Ingestion de fourrages/remplissage du rumenIngestion de fourrages/note de remplissage du rumen (©Btpl)

Un bon indicateur des risques de problèmes métaboliques

Des résultats d’analyses sanguines montrent des teneurs en corps cétoniques dans le sang trop élevées, indicateurs de cétose chez les vaches notées 1 et 2. Les vaches notées 3 et 4 avaient des teneurs en corps cétoniques dans la norme.

Notation d’animaux individuels ou de l’ensemble du troupeau ?

La note de remplissage du rumen permet de bien estimer les grandes variations d’ingestion de fourrage entre individus.

  • Si seuls quelques animaux ont une mauvaise note de remplissage du rumen, des tests plus poussés (prise de température, test rapide pour la cétose dans le lait ou l’urine) permettront de confirmer un diagnostic de cétose.
  • Si cela concerne trop de vaches et toujours plus en début de lactation, il faut alors revoir le rationnement en préparation vêlage et en début de lactation...

Concentrer la ration

Lorsque la quantité de fourrage ingérée n’est pas suffisante, plusieurs points sont à vérifier :

  • la qualité de la ration : aspect, odeur, température, présence de moisissures
  • la place et les conditions d’accès à l’auge qui ne doivent pas être limitantes
  • le cas échéant, il peut être nécessaire de concentrer la ration pour l’adapter au niveau d’ingestion ou de distribuer autrement les aliments concentrés.
N.B : D'après les travaux de Thomas Engelhard, responsable élevage à la Station du land de Saxe- Anhalt, 39606 Iden. www.sachsen-anhalt.de. Article publié le 22 juillet 2013.

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