Fièvre catarrhale ovineSituation de la FCO, vaccination par l'éleveur, législation : où en est-on ?

| par | Terre-net Média

L'épizootie de fièvre catarrhale ovine (FCO - ou blue tongue) gagne du terrain avec de nouveaux foyers détectés, notamment vers l'ouest. La zone réglementée englobe désormais 59 départements. Cette propagation de la maladie transmise par un moucheron va relancer la vaccination. Les éleveurs volontaires sont désormais autorisés à réaliser la vaccination.

Carte FCO zone réglementée au 4 mars 2016. Carte de la situation FCO au 4 mars 2016. De nouveaux foyers dans la Vienne, la Charente-Maritime et la Gironde ont fait progresser la zone réglementée vers l'ouest. (© Ministère de l'agriculture)

Quelle est la situation actuelle de la FCO en France ?

Au 3 mars 2016, le nombre total de foyers de fièvre catarrhale ovine (FCO) confirmés est désormais de 212. Il s’agit majoritairement de foyers correspondant à des élevages de bovins. 59 départements se trouvent dans la zone réglementée (les animaux doivent être vaccinés pour sortir de la zone). Les départements les plus touchés sont le Puy-de-Dôme et l’Allier avec 120 élevages infectés. Parmi l’ensemble des foyers, 11 ont été détectés lors de la première enquête dans les 2 kilomètres autour du premier foyer de l’Allier, 27 par la surveillance programmée réalisée en septembre-octobre, 13 par la surveillance programmée actuellement en cours de réalisation, 14 par la surveillance évènementielle sur des suspicions cliniques et 145 lors de tests réalisés sur les animaux lors de leur sortie de la zone réglementée.

Au total fin février, 610 foyers de fièvre catarrhale, tous sérotypes confondus, ont été déclarés dans l’Union Européenne en 2015, dont 323 en Italie, 37 en Hongrie, 30 en Roumanie, 27 au Portugal, 22 en Croatie, et 19 en Espagne.

La propagation de la maladie en France devrait relancer la vaccination des troupeaux contre le sérotype 8 de la FCO.

Comment vacciner ?

Une première campagne vaccinale, conduite en automne, a ciblé les animaux infectés, ceux destinés à l’export et les cheptels reproducteurs. Aujourd’hui, outre la poursuite de cette campagne, une vaccination volontaire contre les sérotypes exotiques, à partir du vaccin inactivé, peut être autorisée sur demande auprès de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP). En effet, l’arrêté du 25 février autorise désormais la vaccination volontaire contre le sérotype 4 (vaccin inactivé) par les éleveurs des cheptels ovins (en zones réglementée et indemne) et bovins laitiers (en zone réglementée). En élevage allaitant, la vaccination peut être réalisée par l’éleveur s’il n’a pas besoin de certification, sinon par le vétérinaire qui tamponne les passeports des animaux et enregistre les vaccinations dans le registre d’élevage.

Pour les bovins, le protocole prévoit une primo vaccination constituée de deux injections de trois à quatre semaines puis un rappel annuel en cas de besoin. Cinq populations d’animaux sont identifiées pour un usage prioritaire des vaccins commandés par l’État (voir ci-dessous).

Il est préférable de recourir au vaccin de Merial pour les bovins (réduction du délai d’installation de l’immunité à 10 jours post-vaccination et utilisation plus économe que le CZV qui est à favoriser pour les ovins). L’âge minimal à la vaccination avec le vaccin Merial est de 2,5 mois.

Dans tous les cas, demandez conseil à votre vétérinaire. Les vétérinaires doivent d’ailleurs tenir à jour la liste des élevages vaccinés ou pour lesquels une délivrance de vaccin a été faite. Si besoin, rapprochez-vous également du GDS de votre département, ou de la préfecture, pour connaître les modalités précises en vigueur ou les systèmes de quotas de vaccins mis en place.

Vidéo réalisée sur les ovins par le Ciirpo / Idele :

Y aura-t-il suffisamment de vaccins ?

L’achat des doses vaccinales est pris en charge par l’État jusqu’à l’épuisement des stocks du marché public. Un appel d’offres, lancé par l’État, va permettre de commander les doses nécessaires à la vaccination de 2,5 millions d’ovins et de 8 millions de bovins en 2016 (vaccination pour la sortie de la zone réglementée ou vaccination volontaire pour la protection individuelle des troupeaux). Mais compte tenu des délais de production des vaccins et de la pénurie de doses prévue jusqu’en mai prochain, des priorités sont définies. Une réserve nationale de 100 000 doses sera en outre constituée pour les urgences sanitaires.

Quels animaux vacciner en priorité ?

Les 59 départements situés dans la zone réglementée sont prioritaires. De même, quatre catégories d’animaux sont à vacciner prioritairement entre le 1er mars et le 30 avril :

  1. 1,82 million de jeunes bovins en cheptel allaitant pour leur sortie de la zone réglementée (notamment les broutards destinés aux échanges ou à l’export, entre 2,5 et 12 mois d’âge). L’éleveur fait appel au vétérinaire sanitaire pour programmer la vaccination et choisit les animaux à vacciner ;
  2. les cheptels bovins allaitants dans le cadre de la vaccination volontaire, pour une protection individuelle de leur troupeau (la vaccination peut être réalisée par l’éleveur).
  3. les cheptels ovins dans le cadre de la vaccination volontaire (2 045 élevages candidats, soit 365 063 ovins environ) ;
  4. les ovins et les bovins inscrits dans un schéma de sélection génétique.

Quels sont les risques pour la reproduction ?

La FCO, comme son vaccin, peut troubler la reproduction. Il est recommander d’éviter de vacciner les vaches et génisses durant une quinzaine de jours avant et après l’insémination (un mois avant et après pour les brebis). De même, il est déconseillé de vacciner durant le dernier mois de gestation pour éviter les avortements. La FCO peut aussi être transmise par le sperme, mieux vaut aussi vacciner les taureaux et béliers reproducteurs (au moins deux mois avant la mise en lutte).

A lire aussi : En 2009, la vaccination contre la FCO a-t-elle eu un impact sur la fertilité ?

Qui prend en charge la vaccination ?

En ce qui concerne la prise en charge du coût de la vaccination, selon l’arrêté du 25 février 2016, la participation financière de l’État se limite aux actes de primo-vaccination dont la première injection a eu lieu avant le 29 février, et aux actes de rappel effectués avant le 29 février. Ainsi, toute injection vaccinale réalisée à partir du 1er mars en dehors des actes de police sanitaire sera à la charge de l’éleveur, sauf s’il s’agit d’un rappel de primo-vaccination.

Comment prévenir la transmission ?

La maladie est transmise essentiellement par des insectes hématophages du genre culicoides. Une seule piqûre de culicoides infecté suffit pour qu'un animal sensible soit infecté. Les mesures de précaution à prendre sont de traiter régulièrement vos animaux avec un insecticide autorisé. Les textes préconisent l'usage sur les animaux de pyréthrinoïdes qui possèdent des propriétés de répulsif à distance, d'effet létal et de délais d'attente nuls. De plus, nettoyer les abords des locaux et les bâtiments de façon à éviter les eaux stagnantes (déchets, pneus, bassines,…) propices à la prolifération du moucheron.

Quels sont les symptômes de la « blue tongue » ?

Parmi les 212 foyers identifiés, peu de foyers et d’animaux (10 bovins et 4 ovins) ont été détectés par suspicion clinique (situés dans l’Allier, le Puy de Dôme, le Cher, la Creuse, la Nièvre et le Lot). Les principaux symptômes de la FCO sont :

  • Lésions des muqueuses nasales, écoulement
  • Salivation, œdème du mufle
  • Fièvre fugace (2 jours à 40C°), apathie, fatigue
  • Conjonctivite, larmoiement
  • Difficultés à avaler (dysphagie)
  • Rougeur et lésions sur les trayons
  • Boiterie, œdèmes et ulcères mammaire, croutes sur les trayons, le mufle
  • Congestion de la langue (ovin) : langue bleue

Sources :

Vétitude.fr

GDS du Cher : www.gds18.org

FCO infos

Ministère de l’agriculture / légifrance

Voir l’arrêté du 25 février 2016 fixant les mesures techniques et administrative relatives à la FCO.


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DÉJÀ 1 RÉACTION


henri5
Il y a 954 jours
Il est faux dinse dire que l'épizootie s'étend. Les nouveaux foyers sont détectés par la surveillance analytique programmée sur bovins. Si on cherchait sur ovins, on en trouverait plus. Cette souche est en fait très bénigne. Seulement quinze cas cliniques, et aucun animal mort, sur 212 foyers.
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