Maladies abortives bovinesSalmonelle, listeria, chlamydia : les causes d'avortement les moins soupçonnées

| par | Terre-net Média

Hormis les traumatismes physiques, les avortements chez les vaches et génisses peuvent être liés à des maladies bactériennes comme la fièvre Q, la néosporose, ou causés par le virus de la BVD. En deuxième intention, éleveurs et vétérinaires peuvent soupçonner des maladies abortives moins fréquentes telles que la salmonellose, la listériose et la chlamydiose abortive.

veau mort avortementLes veaux morts, avortés et les délivrances sont des réservoirs à maladies : éliminez-les rapidement dans un bac d'équarrissage avant que d'autres animaux n'y touchent (bovins et chiens) et protégez-vous des zoonoses avec des gants. Isolez la mère durant deux semaines. (©Terre-net Média) 

Les cas d’avortements chez les bovins comprennent toutes les vaches qui donnent naissance à un veau mort ou vivant avant terme ainsi qu’un veau qui meurt dans les 48 heures après la mise-bas. S’il y a plus de deux ou trois avortements sur une campagne de vêlage, cela donne l’alerte pour suspecter une maladie abortive.

Quelle que soit la cause de l’avortement, il est important d’isoler la vache avortée ou présentant des métrites ou des non délivrances durant une quinzaine de jours afin de favoriser la vidange de l’utérus et le retour en chaleur. Le protocole de soin (antibiothérapie) et de diagnostic est à définir avec son vétérinaire ou le groupement de défense sanitaire (GDS).

Les avortements des ruminants font l'objet d'une surveillance obligatoire et doivent être déclarés et prélevés (placenta et prise de sang de l’avorteuse). En cas d’avortements successifs, les vétérinaires recommandent de faire des analyses sérologiques et par PCR du placenta ou de l’avorton. Des frais pris, en partie, en charge par les GDS. Certaines maladies étant transmissibles à l’homme (zoonose), le lait d’une vache ayant avorté ne doit pas être consommé. Les avortons et les délivrances doivent être rapidement collectés avec des gants et à mettre à l'équarrissage (et à l’abri des chiens ou d’autres animaux). Par ailleurs, les femmes enceintes doivent éviter de s’en approcher, et plus généralement éviter d’être présentes lors des vêlages.

Par ailleurs, la prévention des maladies abortives passe par l’hygiène des locaux (désinfection des cases de vêlages et nurseries, abreuvoirs, murs, tubulaires, et vides sanitaires,…), de l’eau de boisson et des aliments qui doivent éviter d’être souillés par d’autres animaux (chiens, chats, volailles, oiseaux, rats,…). Le compostage peut être efficace pour désinfecter les litières contaminées par certaines bactéries, tout comme le traitement des lisiers à la cyanamide calcique.

Les premières causes d’avortements

La Fièvre Q, causée par la bactérie Coxiella burnetii, est une zoonose qui se transmet principalement par voie aérienne à un grand nombre d'animaux (vaches, moutons, chiens, chats, tiques, faune sauvage,…). Dans la majorité des cas, la maladie passe inaperçue, mais elle se manifeste régulièrement par des avortements durant le dernier tiers de la gestation, des mises-bas prématurées, de la mortalité des jeunes par pneumonie parfois associée à des problèmes d’infertilité et de métrites. L'excrétion de la bactérie est particulièrement importante autour de l'avortement, dans les produits de la parturition (avorton, délivrance) ou dans les sécrétions vaginales. De ce fait, les femmes enceintes et les personnes fragiles doivent éviter les contacts avec les animaux dans les fermes concernées. Le risque d’infection humaine par consommation de lait cru ou de produits laitiers frais au lait cru provenant d’animaux infectés par la fièvre Q est considéré comme minime voire quasi nul. La lutte contre la fièvre Q combine des mesures médicales, vaccination des génisses notamment, et des mesures sanitaires complémentaires (isolement, hygiène, désinfection, etc.)

La Néosporose bovine entraîne des avortements durant le deuxième tiers de la gestation (entre le 4e à 7e mois). Neospora caninum est un parasite de la famille des coccidies transmis par les chiens, notamment lorsqu’ils ont la fâcheuse habitude de faire leurs besoins à proximité de l’alimentation des vaches (auges, silos,) et lorsque les chiennes mangent des délivrances ou des avortons contaminés. Le lait ou le colostrum ne transmettent pas la néosporose. Il n’existe aucun traitement contre cette maladie, mis à part l’élimination des lignées de vaches atteintes.

La BVD (diarrhée virale bovine), ou maladie des muqueuses, est souvent associée à des problèmes d’infertilité et digestifs. La BVD ne fait l’objet ni d’une prophylaxie, ni d’une déclaration obligatoire, c’est donc aux éleveurs de s’organiser pour détecter les animaux nés « IPI » (infecté permanent immunotolérant). Les vaccins actuels sont efficaces contre les différentes souches de virus BVD qui circulent en France. Ils évitent les problèmes cliniques dus à la maladie et limitent la circulation virale. Les signes de la présence du virus BVD dans le troupeau sont très variés sans signe caractéristique. Avec notamment des naissances de veaux faibles ou malformés (atrophie du cervelet ou des yeux, cataracte, déformation des membres). Des souches très virulentes du virus BVD, rares en France, peuvent entraîner des hémorragies mortelles, sur des jeunes veaux.

Les maladies abortives de deuxième intention

Selon le contexte épidémiologique et clinique des avortements, il peut être nécessaire de mener une investigation sur les maladies dites de « deuxième intention ». L’Idele a mis en ligne des fiches techniques sur ces maladies : la salmonellose, la listériose et la chlamydiose abortive.

Salmonellose

Les salmonelles engendrent généralement des diarrhées, parfois hémorragiques chez le veau et l’adulte. Des avortements peuvent également survenir, indépendamment ou non des cas de diarrhée. Ils ont lieu en général dans la 2e moitié de la gestation. Lorsqu’ils sont dus à Salmonella Dublin, il n’y a en général pas d’autres symptômes associés dans le troupeau.

Les animaux se contaminent par l’intermédiaire d’eau ou d’aliments souillés par de la terre et surtout par des déjections d’autres animaux de leurs congénères (les volailles et les oiseaux peuvent être des sources de salmonelles). L’hygiène des aliments, de l’eau de boisson et des litières reste la première méthode de prévention. La vaccination est possible contre les souches S. Typhymurium et S. Dublin et réduit les signes cliniques.

Les salmonelles sont contagieuses à l’homme par voie orale. Les éleveurs laitiers ayant diagnostiqué un cas d’avortement dû aux salmonelles doivent informer leur laiterie et retirer les lots de lait cru ou de fromages dans l’attente d’analyses complémentaires. S’il y a eu au moins deux cas de salmonellose bovine dans l’élevage en deux mois, il faut renseigner l’information sur la chaîne alimentaire (case à cocher), sur la fiche ASDA du bovin.

Chlamydiose abortive

Les signes cliniques liés par des Chlamydia sont assez rares chez les bovins à la différence des ovins où la chlamydiose est une des principales causes d’avortements infectieux en série. Les troubles de la reproduction sont attribuables à Chlamydia abortus et parfois Chlamydia pecorum et Chlamydia psittac. Ces signes ne sont pas spécifiques : rétentions placentaires, métrites, avortements et mises bas prématurées de veaux chétifs, infertilité et pathologies respiratoires chez la vache. Dans les élevages mixtes, il peut être judicieux de séparer les bovins des ovins.

En cas de chlamydiose, une antibiothérapie (trétracyclines) ne semble pas justifiée. Un vaccin est efficace chez les ovins.

Listériose

Les avortements dus à Listeria monocytogenes sont rares chez les bovins (moins de 1 %) généralement en fin de gestation, mais ils peuvent se produire en série et s’accompagner de cas de méningites et de mortalités dans le troupeau. L’infection à la listeria est le plus souvent inapparente et sans conséquence pour les animaux.

Très résistantes dans le milieu extérieur, les listeria sont des bactéries très fréquentes dans l’environnement. Listeria monocytogenes est aussi pathogène chez l’homme avec des risques chez la femme enceinte. Comme pour les salmonelloses, le diagnostic se fait par analyse bactériologique du contenu stomacal du fœtus, du foi ou de la rate.

Brucellose

La Brucellose bovine, Brucella abortus, est une zoonose devenue très rare en France aujourd’hui chez les bovins, mais concerne quelques dizaines de cas humains chaque année.


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DÉJÀ 1 RÉACTION


fillou76
Il y a 1022 jours
bizarre, bizarre, j' ai deja vu et entendu ca en 2008 sauf qu' après analyse ca n'était que de la FCO mais la vous n' en reparlé pas alors vive les gds,gdma et les vétos qui vont s'en remettre plein les poches avec la complicité de la DSV encore bravo????
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