Statut inflammatoire du porcelet au sevrageEffet anti-inflammatoire des graines de lin extrudé

| par Claude Descamps | Ifip

L'hyperprolificité des truies n'a pas que des avantages. Le revers de la médaille est souvent une perte supérieure de porcelets dans la portée, effet qui peut être contré par l'incorporation de matières grasses dans les aliments maternels.

Pour maintenir leur compétitivité, les élevages porcins français ont fortement œuvré ces dernières années pour améliorer leurs résultats technico-économiques, à commencer la l’obtention de davantage de porcelets par truie. Cette hyperprolificité a eu pour corolaire malheureux d’augmenter en parallèle les pertes au sein de la portée.
Pour contrer cet « effet secondaire », les éleveurs se sont notamment tournés vers l’alimentation en incorporant des matières grasses dans les aliments maternels afin de renforcer la vigueur et la protection immunitaire de la portée.

Renforcer le système immunitaire avec des acides gras

Parmi ces solutions, il faut relever l’augmentation de la part en acides gras n-3, « qui interviennent au niveau du développement de nombreuses fonctions physiologiques et notamment au niveau du système immunitaire », précisait Mathieu Guillevic (Valorex) lors des JRP 2011.
Concrètement, il s’agirait donc d’agir sur l’alimentation de la truie via l’incorporation de graines de lin extrudées (riches en C18:3 n-3).
Ce faisant, les éleveurs espèrent ainsi modifier la composition en acides gras des tissus du porcelet et par ricochet, « influencer le statut inflammatoire du porcelet ».
Dans cette optique, Valorex (www.valorex.com), en partenariat avec l’Inra de Saint-Gilles (35) a mené une étude sur deux lots de truies primipares (LargeWhite x Landrace), élevées dans une même salle afin de garantir un même statut sanitaire.
Le premier lot témoin a reçu une alimentation à base d’huile de tournesol (1,5% en gestation et 2% en lactation) tandis que le second recevait une alimentation à base de graines de lin extrudées (Tradi-Lin®) à raison de 3,9% en gestation et de 5,3% en lactation.
L’étude a étudié l’effet de l’alimentation sur le statut inflammatoire des porcelets déterminé par la mesure de l’haptoglobine plasmatique après abattage des animaux à 4 semaines.

Plus d’AGPY n-3 avec les graines de lin

La synthèse des résultats indique que « l’incorporation de graines de lin extrudées dans l’alimentation de la truie gestante et allaitante a modifié le profil en acide gras du plasma des porcelets à 28 jours au bénéfice des acides gras poly-insaturés n-3, notamment à longues chaînes ».
En étudiant plus avant les résultats, les chercheurs ont pu établir un lien entre ce profil en acide gras et le taux d’haptoglobine, « marqueur de l’inflammation ».
En termes de perspectives, ils envisagent maintenant de renouveler l’expérience mais dans « des conditions sanitaires plus difficile » pour compléter ces premiers résultats.
Au niveau zootechnique, ils ont également démontré que le changement alimentaire n’influait pas sur les performances de croissance des porcelets puisque le poids de naissance (1,6 kg en moyenne), d’abattage (8,0 kg) et le gain moyen quotidien (230 g/j) ne sont pas significativement modifiées par le régime alimentaire.

Un lien entre l’alimentation de la mère et le profil en acides gras du porcelet

C’est donc bien l’apport de graines de lin extrudés dans l’alimentation de la truie, vie l’ingestion de lait maternel lors des tétées, qui a permis de réduire de 23% la part d’acides gras n-6 dans le plasma des porcelets. Elle également qui a permis de relever le niveau d’acides gras n-3.
Les analyses plasmatiques ont également mis en évidence que le rapport C20:4/C20:5 est diminué de 49% grâce à une alimentation en graines de lin, « ce qui peut influencer l’équilibre entre les médiateurs de l’inflammation en faveur d’un effet anti-inflammatoire ».
En effet, le taux d’haptoglobine plasmatique du porcelet passe de 1,32 à 0,65 mg/ml, soit moitié moins, lorsque l’huile de tournesol est remplacée par des grains de lin extrudés dans l’alimentation de la truie au moment de la gestation et de la lactation.
« Nous savons que l’haptoglobine traduit un état inflammatoire aigüe de l’animal. Cette molécule est dépendante de nombreux facteurs tels que le stress, l’âge, la génétique, ainsi que l’alimentation », concluait Mathieu Guillevic.

Pour aller plus loin

Ifip-Institut du porc : www.itp.asso.fr.

N.B : Source (*) : « Influence de l'apport en acides gras essentiels dans l'alimentation de la truie sur le statut inflammatoire du porcelet au sevrage ». Mathieu GUILLEVIC (1), Francine de QUELEN (1, 2), Jacques MOUROT (2), Guillaume CHESNEAU (1). (1) Valorex, La Messayais, 35210 Combourtillé. (2) INRA, UMR1079 SENAH, La Prise, 35590 Saint-Gilles. 43e Journées de la recherche porcine, 15 et 16 février 2011, Paris. MERCI DE METTRE UNE PHOTO D'UNE TRUIE AVEC DES PORCELETS EN TRAIN DE TETER AVEC LA LEGENDE SUIVANTE : « L'apport de graines de lin extrudés dans l'alimentation de la truie, vie l'ingestion de lait maternel lors des tétées, permet de réduire de 23% la part d'acides gras n-6 dans le plasma des porcelets. »

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