Paroles de lecteursBactéries, huiles, drainage pour les veaux: oui mais pas à n'importe quel prix !

| par | Terre-net Média

Publiés il y quelque temps déjà sur Web-agri, les conseils d'Isabelle Bonnin, du Comptoir des plantes, pour agir en préventif sur la santé des veaux avec des produits naturels, avaient entraîné une longue discussion entre les lecteurs, chacun expliquant ses pratiques en la matière. Attention, cependant, selon certains à ne pas multiplier les produits, ni à trop dépenser vu le prix actuel des veaux.

Paroles de lecteurs soins preventifs naturels pour les veaux « Selon le poids des veaux à la naissance, je leur donne plus ou moins de lait, entre 4 et 6 l/j, et j'augmente progressivement les quantités », explique Ingalls. (©Terre-net Média) 

Patrice Brachet : « Combien ça coûte par veau ? Ces experts ne sont pas fichus de donner des prix. À 15 € le petit veau (prix de vente), on n'a pas beaucoup de marge... »

Jonathan : « Investir pour des veaux qui ne valent rien !! Allez chez les marchands de bestiaux ! L'équarrisseur passe toutes les semaines chercher des camions entiers de veaux qui vont être euthanasiés. Ils ne sont pas malades, juste trop petits !!! Quant aux gros veaux, élevés pendant trois semaines, ils sont payés 70 à 100 € et je suis généreux !! »

Investir pour des veaux qui ne valent rien !

« Si on donne tous ces produits, on sera vite ruinés »

kami : « Si on donne tous ces produits, on sera vite ruinés. Ils coûtent une blinde ! Nous, c'est bolus de magnésium + oligos au tarissement et ça se passe très bien. »

Fabien 53 : « Encore des produits à donner aux animaux, ça finit par en faire beaucoup ! Aujourd'hui, chez moi, c'est bien plus simple : un seau à lécher basique, de la paille et une ration VL pour les vaches laitières et les veaux restent 48 h sous la mère. »

« Mieux prévenir que guérir »

MAN49 : « Je suis d'accord qu'il faut toujours ajouter des trucs et des trucs... Mais parfois, il faut mieux prévenir que guérir. Ces produits s'adressent, je pense, aux personnes qui ont des soucis dans leur élevage. Sur l'exploitation, nous nous efforçons de travailler proprement avec les génisses, mais galérons pendant la phase lactée. Du coup, nous faisons des essais, mais le produit miracle n'existe pas. Ce qui est proposé ici pour ensemencer le tube digestif du veau coûte 2 € par animal. Ce n'est pas la ruine je trouve... Sachant qu'une baisse du GMQ de 100 g pendant la phase lactée équivaut à une perte de quasiment 200 kg de lait par lactation sur la future laitière. Je vous laisse faire le compte. Après pour le drainage du foie des vaches, le vinaigre de cidre ou l'homéopathie marchent très bien pour un faible coût. »

À chacun sa méthode pour nourrir les veaux

kami : « Je fabrique depuis plusieurs années du lait yaourtisé pour les veaux et j'achète les ferments en tube dans une fromagerie. Cela revient beaucoup moins cher car 2 € par buvée, si j'ai bien compris, j'estime que c'est beaucoup trop cher. En plus, les ferments sont réutilisables. »

Patrice Brachet : « Pour les génisses sur la ferme, d'abord logées en niche individuelle : une buvée par jour de lait de vache du tank pendant 16 à 20 jours et de l'homéopathie contre les diarrhées. Ensuite, elles sont regroupées par lots de six avec du foin et du bulk (mélange de luzerne, colza, drêches, céréales), le seul concentré que nous achetons. Pour les laitières, zéro minéraux et pour les taries, un bloc enrichi en magnésium. Nos résultats : 45/38,3 pour les taux, 143 pour l'urée et 23 kg de lait/VL/j. Tout le troupeau arrive au tarissement en trois mois, d'où les taux observés. »

Ingalls : « Combien de litres pour la buvée ? Moi, je fais deux repas de 8 l de lait avec des concentrés et du foin. Je sèvre à deux mois à un poids de 120 kg minimum. Objectif : 35 l de lait/VL sans IA ni contrôle laitier ni nutritionniste. »

Fabien 53 : « Patrice, ça fait combien de temps que vous fonctionnez sans minéraux pour les vaches ? Les miennes produisent aujourd'hui 18 l de lait/j avec 48 et 35 de taux et 190 d'urée. Cet hiver, leur ration est à base d'herbe et de maïs humide, sans correcteur azoté. C'est la première fois que je pratique comme ça, je ferai le bilan en avril. J'ai aussi changé les dates des vêlages, qui sont désormais concentrés en mars pour profiter de la pousse de l'herbe. »

Patrice Brachet : « Fabien, c'est la deuxième année pour les laitières, la troisième pour les taries et pas de soucis ! Par contre, je ne perds pas de temps avec les commerciaux (...) ... »

Comment leur faire boire autant de lait ?

MAN49 : « À Ingalls : comment fais-tu pour faire boire tout ça ?? Quelle race élèves-tu ? Sevrer à 120 kg à deux mois, ça fait plus de 1 200 g de GMQ, c'est énorme, non ? »

Patrice Brachet : « On donne 6 l maximum. Après, on a quand même un peu de taux. Plus de la moitié du troupeau est de race montbéliarde et vêle ente 26 et 33 mois. Or, si on pousse trop les Montbéliardes, elles ont tendance à trop engraisser. »

Emmanuel onillon : « On n'arrive pas à faire boire tout ça ! Mais arriver à un GMQ moyen de plus de 1 250 g sur l'ensemble des génisses ne me paraît pas très plausible !! »

Ingalls : « Je les fais boire au seau. Au début, je pensais comme toi. J'ai essayé progressivement sur 1 veau puis 2, etc. J'ai remarqué depuis que j'ai augmenté la quantité de lait qu'ils mangent plus de concentrés. J'ai été surpris : même avec davantage de foin, les veaux sont très calmes et dociles ! Avant, pour les sevrer, c'était un vrai casse-tête, ils n'arrêtaient pas de meugler et boudaient le concentré. Maintenant, ils se ruent sur le concentré et pas un bruit ! Quand je dis "sevrage à deux mois", ce n'est pas forcément 60 jours pile, je ne compte pas. C'est peut-être 65-75 jours mais une chose est sûre, à 80 jours, tout le monde est sevré ! Petite précision : j'adopte cette pratique qu'en hiver. Avec un temps humide et une nurserie pas super bien isolée, une bonne partie du lait que je donne sert à "réchauffer" les veaux. Mais ce plan d'allaitement est relativement récent alors il faut attendre de voir par la suite. Autre info : je suis en Holstein. L'avantage : les vaches ne font pas de gras mais que de la croissance ! »

« Privilégier la croissance »

MAN49 : « Effectivement, tu as raison, il faut privilégier la croissance, donc le développement des glandes mammaires. Si tu réussis cette phase, la future laitière débute bien sa carrière. Ça s'appelle l'épigénétique : tu peux avoir la meilleure génétique, si tu rates cette période, le potentiel de ta génisse ne sera pas exprimé au maximum. Par ailleurs, quel est ton plan de lactation ? Utilises-tu de l'aliment 1er âge du commerce ? Préfères-tu le foin ou la paille ? Je veux bien des conseils car moi, je n'y arrive pas... Merci d'avance ! »

Ingalls : « Oui, ce que tu viens de dire, je l'avais lu quelque part. Concernant l'aliment, il s'agit d'un mélange de 2/3 de maïs grain et 1/3 de tourteaux. Au début, j'ajoute un soupçon de mélasse dessus pour attirer les veaux mais dès qu'il ont l'habitude de manger régulièrement cet aliment, j'arrête. Quant à la paille, je ne cultive pas de céréales sur la ferme donc je préfère le foin car je sais comment il est fait. Je ne pense pas que la paille ait autant d'importance qu'on veut nous le faire croire. C'est le concentré qui fait l'ingestion, le fourrage sert plus à nettoyer le rumen. Après la paille est une matière première plus constante que le foin, avec lequel tu auras plus de problèmes parce que d'une botte à l'autre, il n'a pas la même valeur. Bien sûr, tout dépend de ton foin. Pour le plan d'allaitement, c'est au "feeling". Selon le poids des veaux à la naissance, je leur donne plus ou moins de lait, entre 4 et 6 l/j, et j'augmente progressivement les quantités. Il ne faut surtout pas se précipiter, il faut laisser le temps aux veaux de s'habituer à consommer plus sans que ça les écoeure. Et quand ils dépassent 100 kg, je sèvre le soir sur trois ou quatre jours. 7 à 10 jours plus tard, c'est sevrage complet mais là aussi au "feeling", ça ne s'explique pas... Je précise : je distribue le lait au seau pour gagner du temps. Je ne lave rien, c'est efficace et ça évite d'y aller nourrir les veaux à reculons, surtout quand on y est 7/7. »

« Nourrir les veaux, pas les commerciaux ! »

Fabien 53 : « @Patrice, tu as raison. Si tous les éleveurs échangeaient sur leurs méthodes sans tabou, beaucoup moins de monde vendraient des produits qui ruinent les agris ! »

Moins de produits qui ruinent les agris si on échangeait sans tabou.

tintin : « Nourrir ses veaux mais pas les commerciaux ! La base si vous voulez que cela ne coûte pas cher : un biberon avec une sonde à 40 € et un pèse-colostrum à 35 €. Avec cela déjà, tu fais du travail. Dans les 6 h après la naissance, nous donnons 4 l de colostrum. Le pèse-colostrum te dit s'il est de bonne qualité ou pas. Quand tu as du très bon colostrum, mets-en au congélateur ! »


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