Stress thermiqueLes vaches françaises perdraient 2,4 kg de lait par jour en été

| par | Terre-net Média

D'après des études menées par Lallemand Animal Nutrition, les vaches laitières françaises souffriraient de la chaleur durant 6 à 12 heures par jour en été, même en stabulation. Ce stress thermique engendre des pertes de production de plus de 3,5 kilos de lait par jour dans des régions comme la Vendée ou les Pyrénées-Atlantiques.

ventilation bâtiment vaches laitièresLa ventilation du bâtiment aide les vaches à mieux supporter la chaleur et à évacuer l'humidité de l'air. (©Terre-net Média)

Les bovins sont des insuffisants respiratoires chroniques, incapables de transpirer suffisamment pour réguler leur température corporelle. Au-delà de 24°C pour 20 % d’humidité dans l’air, l’index couplant la température et l’humidité appelé "TH index", atteint "68", zone où les vaches commencent à souffrir de stress thermique.

Index température / humidité (Thi) Index température / humidité relative (Thi) Burgos et Collier (2011). Gris : zone de confort (Thi< 68) ; jaune : stress thermique modéré (Thi = 68 à71) ; orange : stress modéré à sévère (Thi = 72 à 79) ; rouge : stress sévère (Thi >80). (©DR) 

Le fabricant d’aliments et levures Lallemand Animal Nutrition a mené une étude à travers l’Europe sous différents climats : Royaume-Uni, Espagne, France, Suisse, Italie, République Tchèque, Pologne… « Le stress thermique est bien une réalité en France et même en Suisse. En conséquence, les éleveurs peuvent voir leur production diminuer à court terme de 70 à 550 kg de lait en moins par jour pour un troupeau de 100 vaches ! A moyen et long terme, des problématiques liées à la santé et aux performances peuvent aussi apparaître comme les cellules somatiques du lait, des mammites, ou des problèmes de fertilité… »

Dans les Pays du Sud comme l’Italie ou l’Espagne, bien que les bâtiments soient équipés de ventilateurs et d’asperseurs, les bovins peuvent passer entre 13 et 18 heures par jour en conditions de stress thermique, pour des pertes de lait estimées jusqu’à 5,5 kg/VL/j. Dans ces pays, il est courant de modifier la ration à la fin du printemps pour mieux résister à la chaleur (voir ci-dessous). Des pays étudiés, seule la Grande-Bretagne s’en sort plutôt bien, avec une moyenne en été de seulement 2h20 d’index TH supérieur à 68.

Les vaches françaises ne sont pas épargnées par la chaleur estivale, même lorsqu’elles restent la journée à l’ombre sous les bâtiments. Globalement, il apparaît que les élevages français passent en moyenne 10 heures par jour au-dessus du seuil de stress thermique. Les pertes de lait calculées se situent autour de 2,4 kg par jour en moyenne : de 1,8 kg/VL/j en Bretagne (Ille-et-Vilaine) jusqu’à 3,7 kg/VL/j en Vendée.

Plus de 10 heures de stress thermique modéré à sévère

Pour les essais menés par Lallemand, les mesures de températures et d’hygrométrie sont prises toutes les 30 minutes par une sonde située au niveau des animaux dans le bâtiment. Le seuil de stress thermique pour les vaches laitières est dit modéré (en jaune) avec un Thi compris entre 68 et 71, le stress modéré à sévère (en orange) est compris entre 72 et 79 Thi, au-delà d’un Thi supérieur à 80 le stress thermique est considéré comme sévère (rouge). Les pertes de lait sont estimées en fonction de ces stress et la moyenne du troupeau.

Essais de l'impact dustress thermique sur les vaches laitièresEssais de l'impact du stress thermique sur les vaches laitières (©Lallemand Animal Nutrition) 

  • Ille-et-Vilaine : 6h20min de stress thermique >> - 1,84 kg/VLj  (du 15/07 au 30/09/14)
  • Mayenne : 7h54min de stress thermique >> - 2,30 kg/VL/j (15/07 au 9/10/14)
  • Sarthe : 8h59min de stress thermique >> - 2,60 kg/VL/j (19/07 au 12/09/14)
  • Vendée : 12h46min >> - 3,74 kg/VL/j (du 24/06 au 02/09/13)
  • Indre-et-Loire : 12h07min de stress thermique >> - 3,58 kg/VL/j (du 25/06 au 30/09/13)
  • Pyrénées Atlantiques : 11h58min de stress thermique >> - 3,52 kg/VL/j (du 15/07 au 09/10/2014)
  • Suisse – Argovie : 5h45min de stress thermique >> - 1.41 kg/VL/j (du 5/07 au 9/10/14)
  • Suisse – Zug : 8h37min de stress thermique >> - 2.51 kg/VL/j (du 31/07 au 30/09/14)
  • Suisse – Fribourg : 10h33min de stress thermique >> - 3,09 kg/VL/j (du 17/07 au 31/08/14)

Impact sur la santé et la longévité

Le stress thermique a un impact négatif sur le comportement, la physiologie, et les balances énergétique et antioxydante de l’animal. Ainsi, une exposition prolongée au stress thermique peut avoir d’importantes conséquences à moyen et court terme, en particulier sur la santé des vaches laitières, leur reproduction et donc leur longévité :

  - Une diminution de la rumination et une altération du comportement alimentaire accroissent le risque de sub-acidose.

  - Un statut antioxydant en berne accroît le risque de mammites et de cellules somatiques dans le lait, et réduit également la fertilité (taux de conception).

  - Une balance énergétique négative (liée aux dépenses de thermorégulation) peut affecter l’état corporel

« Il faut garder à l’esprit que lorsque une vache commence à montrer des signes cliniques de stress thermique (halètement, baisse d’ingéré…), il est peut-être déjà trop tard ! L’efficacité ruminale, le statut antioxydant et la production laitière sont déjà touchés, explique Lallemand. Il suffit de 4 heures passées en condition de stress léger pour réduire la production laitière de plus d’1 Kg par jour ! »

Adapter la ration à la chaleur

En été, le rumen des vaches en lactation, des vaches taries et des élèves sera toujours plus performant avec une ration fraîche et stable pour éviter les fermentations :

  • Utiliser un fourrage frais et stable après ouverture pour la ration des vaches laitières. Utiliser des fourrages de bonne qualité et facilement dégradables avec une taille de fibres adéquate et bien assurer un bon mélange de la ration pour éviter le tri.
  • Bien gérer et plannifier son silo afin d’avoir une avancée rapide du front d’attaque pendant les mois d’été.
  • Si nécessaire, distribuer la ration plus d’une fois par jour et veiller à distribuer plus le soir (55 à 60 %) et moins pendant la journée (40 à 45 %).
  • Afin de compenser partiellement la baisse d’ingéré, il est possible d’accroître la valeur énergétique de la ration. Un supplément de matières grasses ou d’amidon peut aussi s’avérer utile. Une source de fibres de qualité aidera à stabiliser le rumen.
  • Il est également essentiel de bien équilibrer les minéraux dans la ration, car la chaleur entraîne une perte de sodium et de potassium.
  • Une complémentation en antioxydants et levures vivantes (voir encadré) aidera au bon fonctionnement ruminal.
  • Et bien sûr de l’eau propre et fraîche toujours disponible, ainsi qu’un bâtiment bien ventilé naturellement et/ou mécaniquement.

Les produits Lallemand face au stress thermique :

Il est prouvé que la supplémentation en levure vivante spécifique ruminant Saccharomyces cerevisiae CNCM I-1077 (produit Lecucell® SC) contribue à améliorer et protéger l’environnement ruminal, limitant les risques de sub-acidose. D’après Lallemand Animal Nutrition, plusieurs essais conduits en condition de stress thermique montrent qu’il s’agit d’une solution rentable pour limiter l’impact du stress thermique sur le rumen, le comportement alimentaire, et les performances de production et d’efficacité alimentaire.Levucell SCEffet des levures Levucell SC sur la production laitière sous stress thermique modéré. (©DR. Fustini et al.2013)
Le dernier essai conduit à l’Université de Bologne (Fustini et al.,  J. Anim. Sci., 2013) a montré une augmentation de 6,7 % de la production laitière en condition de stress thermique modéré : + 1,7 Kg de lait corrigé par la matière grasse et protéique par jour et par vache (voir graphique). Cet essai confirme que le pH ruminal,  la rumination et la dégradation des fibres sont améliorés grâce à la levure vivante. En moyenne, les vaches ayant reçu la levure vivante ont passé moins de temps avec un pH ruminal sub-critique (< 5,8) que les animaux non complémentés.

Lors de fortes chaleurs, la respiration s’accélère ce qui conduit à une production excessive d’espèces oxygénées activées, élément déclencheur de la formation de radicaux libres par exemple. Il est donc recommandé de veiller à l’apport en antioxydants, associant par exemple Vitamine E, sélénium organique (Alkosel®), et antioxydants primaires comme le Melofeed®, afin de contribuer à maintenir le statut antioxydant des animaux.

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DÉJÀ 2 RÉACTIONS


Patrice COLLET
Il y a 1552 jours
Cet article met en évidence le besoin de ventilation des bâtiments, les modes constructifs ont évolués en oubliant souvent le bien être animal pourtant fondamental dans la production. L'arrivée des toitures en métal, des couvertures de panneaux solaires à modifiée l'ambiance des stabulations. Ces Bâtiment se transforme en véritable étuve au premier rayon de soleil.
Le fibro ciment reste le matériaux le plus efficace, le plus naturel et le moins cher. Ce matériaux est toujours prescris par les conseillés bâtiments des Chambres d'Agriculture.
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Hervé CADART
Il y a 1553 jours
Intéressant cette "étude - pub " des produits Lalemand, mais pub pour pub,parlez donc du produit de couverture bâtiment - Bartick ou Barsun -, extrudé de PVC et sciure de bois très performant en isolation de la chaleur, et qui ne condense pas l'hiver contrairement aux panneaux sandwich. Les 2/3 de mes 4000m² de mon bâtiment de 800 brebis laitières (encore plus sensibles que les vaches à la chaleur) sont recouverts de ce matériaux depuis 12 ans, avec un confort évident pour les animaux et les hommes , par rapport à la partie encore en
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