MammitesLéonard Théron, vétérinaire : « Il faut empêcher la transmission du staph doré »

| par | Terre-net Média

Le vétérinaire rural Léonard Théron donne quelques conseils aux éleveurs laitiers pour prévenir la transmission du staphylocoque doré. Porter des gants, tremper les trayons, désinfecter et renouveler les manchons... : quelques gestes pour limiter les germes.

[Vidéo] : Léonard Théron, vétérinaire, aborde les mammites à Staphylocoque aureus

Cliquez sur la vidéo pour découvrir les conseils sur la gestion du staphylocoque doré

C' est le plus souvent dans sa voiture que l'on retrouve Léonard Théron, vétérinaire rural en Belgique. Le 17 août dernier, l'expert en santé des bovins et plus particulièrement de la mamelle publiait une vidéo sur son compte Facebook pour aborder la gestion des mammites à Staphylocoque aureus.

Communément appelé staphylocoque doré, ce pathogène est bien connu des éleveurs laitiers. Il se transmet très facilement d'une vache à l'autre et même d'un quartier à un autre chez une même vache. Si la pathologie entraîne une baisse de la production, la qualité du lait est également affectée : le comptage cellulaire augmente et fluctue fortement (c'est d'ailleurs l'un des symptômes les plus rencontrés).

Des solutions pour empêcher la transmission pendant la traite

Porter des gants, tremper les trayons, désinfecter et changer les manchons... : des solutions sont envisageables pour limiter la transmission du staphylocoque pendant la traite. Le vétérinaire l'affirme : « le port de gants permet de limiter de 50 % la transmission de ces germes durant la traite ». En ce qui concerne le trempage post traite, il vaut mieux ne pas passer à côté : « Il existe plusieurs molécules dans cette famille de produits désinfectants : de l'iode, la  chlorhexidine, le dioxyde de chlore, etc. Le plus important est d'avoir une rotation des produits de trempage tous les deux à trois ans parce qu'il existe des souches qui, lorsqu'elles deviennent résistantes aux antibiotiques, peuvent accumuler des gènes qui vont permettre une moindre sensibilité aux antiseptiques. » La désinfection des trayons en pré traite peut encore améliorer la prévention de transmission.

En ce qui concerne les manchons trayeurs, Léonard rappelle qu'ils doivent être renouvelés dans les temps : au maximum à 2 500 traites pour des manchons en caoutchouc et à 5 000 traites pour ceux en silicone. Ils doivent également être désinfectés (par pulvérisation ou trempage) après le passage d'une vache à mammite. L'expert explique qu'il est possible d'avoir une griffe supplémentaire spécifiquement dédiée aux animaux à problèmes. « Pour les étables entravées, on trait en dernier les animaux positifs au staphylocoque doré  », ajoute-t-il.

« 40 % du temps, le staph est résistant aux antibiotiques utilisés en première ligne dans les fermes (typiquement les pénicillines par exemple), témoigne le vétérinaire. La prévention est donc capitale. C'est également le seul germe pour lequel il existe une prévention vaccinale. Celle-ci doit néanmoins être fréquente. Entre 6 à 10 % des fermes de l'Europe de l'Ouest vaccinent leurs vaches  », affirme-t-il. 

Surveiller les génisses et travailler leur immunité

Après de nombreuses visites d'élevage, Léonard remarque : « Lorsqu'on est dans une situation de contamination par un staphylocoque doré, on oublie souvent que le pré troupeau (les génisses qui vont vêler) présentent également un taux d'infection (variable en fonction des situations). » Il préconise alors aux éleveurs qui tentent de lutter contre ce germe d'identifier le taux d'infection dans les primipares sur le résultat du premier contrôle laitier. « Ce contrôle permet d'estimer le taux d'infection dans les primipares et donc fatalement le risque d'avoir une infection avant le premier vêlage des futures génisses. » En d'autres termes, si les génisses sont infectées avant même d'entrer dans le troupeau, elles risquent non seulement de contaminer les autres vaches mais rendent également caduques toutes les mesures de prévention durant la lactation.

Il ne faut pas entretenir l'infection avec les primipares

« Dans les situations où les primipares sont déjà infectées avant le vêlage, il faut avoir une gestion de l'immunité, de la désinfection des trayons ou de la vaccination des génisses avant le premier vêlage afin d'éviter de faire entrer systématiquement entre 25 et 35 % d'animaux qui potentiellement pourraient être infectés à hauteur de 10 à 30 %. »


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