Santé mamelleAlerte cellules : agir vite pour éviter la propagation des mammites

| par | Terre-net Média

Globalement, la situation cellulaire des élevages laitiers s'améliore et c'est une bonne nouvelle. En revanche, les mammites restent toujours la pathologie n°1 et elles coutent cher. Alors comment faire baisser encore davantage les cellules et comment limiter les mammites ? Retour sur les règles d'hygiène à avoir en tête.

D'après un sondage réalisé en fin d'année 2019 auprès de 900 éleveurs laitiers lecteurs de Web-agri, 56,6 % des élevages maintiennent une moyenne cellulaire annuelle sous la barre des 200 000 cell/ml. Comparé au même sondage réalisé en 2013, on constate que les résultats s'améliorent dans les élevages :

Même constat du côté de l'observatoire des cellules mis en place par l'interprofession laitière : depuis 2014, la situation cellulaire des troupeaux français s'améliore. Elle reste toutefois une préoccupation importante chez les éleveurs.

Evolution du taux cellulaire moyen des élevages laitiers françaisAprès un pic en 2014, le niveau moyen en cellules somatiques des élevages laitiers français continue de baisser. (©Cniel)

Cellules et mammites : un seul et même combat

La situation cellulaire du troupeau est à surveiller de près. D'une part parce que c'est un bon indicateur de santé et d'autre part parce qu'une partie de la paie de lait en dépend (car pour rappel, un taux cellulaire élevé pose problème pour la transformation en laiterie).

Si les seuils et les montants de pénalités et/ou primes dépendent des laiteries, on parle en général de + 1,5 €/1 000 l sous 250 000 cell/ml, - 4 €/1 000 l entre 300 et 400 000 cell/ml et - 17 €/1 000 l au dessus de 400 000 cell/ml, avec un possible arrêt de collecte.

230 €/VL/an, c'est l'impact économique d'une mammite clinique.Pour ce qui est des mammites, il en existe deux types : subcliniques (pas de signes spécifiques mais un taux cellulaire plus élevé), et clinique (infection visible). Le Cniel les explique dans la vidéo ci-dessous :

Cliquez sur l'image pour lancer la vidéo

Les mammites constituent tout de même la première pathologie des élevages laitiers. Les pertes économiques peuvent être importantes, l'impact d'une mammite clinique est estimé à 230 €/VL/an.

Limiter les infections mammaires par une meilleure hygiène

Les trois principales bactéries en cause pour les mammites sont Staphylococcus aureus, Streptococcus uberis et Escherichia coli. Dans tous les cas, les bactéries auront pénétré par le canal du trayon, soit pendant la traite, soit de façon naturelle par l'environnement. Le premier facteur est donc l'hygiène !

Traite vache laitièreIl existe deux types de réservoir pour la contamination des mammites : la traite et l'environnement du troupeau. (©Terre-net Média)

Quelques conseils pour prévenir les mammites :

- Réglage de la machine à traire : la traite ne doit pas être traumatisante. Le réglage du niveau de vide et des pulsations est très important. Pour en savoir plus, retrouvez les conseils sur le réglage d'une machine à traire dans une interview d'un expert traite et bâtiment.

- Traire avec des gants et bien nettoyer les trayons avant la traite avec une lavette par vache.

- Passer les animaux douteux (vaches à cellules, mammites, etc.) en fin de traite pour éviter les contaminations croisées et bien désinfecter la griffe après chaque passage.

- Tirer les premiers jets et s'appuyer sur des outils pour observer à l'œil nu l'aspect du lait et identifier les mammites éventuelles (gobelet noir ou plateau de test CMT).

- Appliquer un produit de trempage post traite et si possible maintenir les vaches debout au cornadis après la traite durant 30 min.

- Être rigoureux sur le changement des manchons de traite : 2 500 traites pour du caoutchouc et entre 5 000 et 10 000 pour du silicone.

- En aire paillée, surveiller la température de la litière et curer pour éviter que ça ne chauffe car les spécialistes le répètent : « Les streptocoques et coliformes se développent à des températures comprises entre 37 et 40°. »

- En logettes, prévoir une pente suffisante pour l'écoulement des jus et des pertes de lait (> 5 %).

- Surveiller les périodes à risques, notamment les transitions alimentaires, le tarissement et les vêlages, en apportant une alimentation adaptée avec une complémentation minérale et vitaminique suffisante. Un déficit en azote peut par exemple limiter la synthèse d'anticorps.

- Sur l'alimentation, attention aux mycotoxines dans les fourrages.

- Jouer sur la sélection génétique pour tenter d'améliorer la situation, c'est faisable.

- Traiter, en cas de besoin, les vaches infectées. Attention lors de l'utilisation d'un tube intramammaire à ne pas trop l'enfoncer dans le sphincter.

- Réformer les vaches incurables qui récidivent régulièrement.

D'autres points peuvent être explorés si la hausse du taux cellulaire ne trouve aucune explication, comme les courants électriques parasites, la pratique de traite (il est par exemple prouvé que la monotraite augmente le taux cellulaire) ou encore le bâtiment d'élevage et les pratiques de l'éleveur. Quoi qu'il en soit, prendre du recul et pourquoi pas faire intervenir une personne extérieure pour apporter un regard neuf sont toujours utiles.

Découvrez par exemple un témoignage d'éleveurs confrontés à des courants parasites > « Un champ d'éoliennes met à mal notre santé et celle de notre troupeau »

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Il y a 256 jours
Et en robots des résultats,? Des techniques ?
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