EngraissementLimiter les troubles respiratoires des broutards

| par | Terre-net Média

L'institut de l'élevage travaille actuellement sur les pistes à mettre en ½uvre pour gérer les troubles respiratoires des broutards. Cela passe par la réduction du stress des animaux, l'amélioration de leur immunité et leur conditionnement en amont.

Le projet WelHBeef va combiner des pistes de solution pour pré-conditionner les broutards à l'engraissement et ainsi réduire les troubles respiratoiresLe projet WelHBeef va combiner des pistes de solution pour pré-conditionner les broutards à l'engraissement et ainsi réduire les troubles respiratoires. (©Terre-net Média) Première pathologie rencontrée en engraissement : les troubles respiratoires. Principalement dus au faible volume des poumons des animaux par rapport à leur corpulence, certains facteurs prédisposent tout de même les animaux (race, poids, génétique, etc.) et d'autres ouvrent davantage la porte aux virus et bactéries (mélange sanitaire, logement, saison et surtout le stress). Plusieurs virus sont responsables de ces maladies : BHV-1, VRSB, ou encore BVD. Chez les broutards, les troubles se déclenchent principalement en atelier d'engraissement suite aux différents stress et mélanges de microbismes déclenchés en amont (sevrage, transport vers un centre de tri, mélange d'animaux puis nouveau transport vers l'atelier d'engraissement). Ils peuvent faire baisser le GMQ jusqu'à -70 g/j.

Diminuer le stress des broutards grâce aux phéromones

En testant l'application d'une hormone de synthèse « apaisine », censée diminuer le stress des animaux (c'est une hormone sécrétée au moment de la mise bas), les chercheurs ont identifié une modification dans le comportement des animaux. En effet, ceux-ci semblaient s'habituer plus facilement à leur nouvel environnement en exprimant des comportements exploratoires. Il semblerait également que les animaux ayant reçu la phéromone présentent moins de signes cliniques au bout de 30 jours. Cependant, la résistance des animaux n'a pas été perceptible par les éleveurs.

Améliorer l'immunité par la vaccination

Concernant la vaccination, seuls 60 % des éleveurs interrogés dans le cadre d'une étude de 2015 estiment que le vaccin est efficace sur les broutards. Ceux qui sont concernés par la vaccination sont pour la plupart des élevages naisseurs dans lesquels les animaux sont à l'herbe. Le protocole s'avère alors compliqué, d'autant plus qu'il se fait en deux injections ce qui implique deux manipulations à réaliser.

Il est évident qu'il faut rendre la vaccination plus faisable pour les éleveurs. Cependant, le surcoût est difficile à estimer et il n'est pas certain qu'un engagement dans une démarche qualité soit suivi par toute la filière. Il faudrait créer une véritable chaîne de valeur entre le producteur et l'engraisseur (en sachant qu'il y a le négociant entre les deux) : est ce que les acheteurs seraient prêts à payer des broutards de « qualité » à leurs vendeurs ? Y a-t-il une nouvelle filière à créer ?

Agir en amont de la filière pour un pré-conditionnement

Le projet WelHBeef sera lancé en 2018 pour deux ans par l'Idele en partenariat avec l'Inra, l'école vétérinaire Oniris, l'entreprise de nutrition et santé Deltavit et la coopérative EMC2. Il consiste à mieux préparer les broutards à l'engraissement en agissant en amont de la filière : dès l'élevage naisseur. Ainsi, l'écornage, la vaccination, le déparasitage et l'adaptation des animaux devront être réalisés dès ce premier maillon de la chaîne. L'objectif est de combiner les pistes de solution pour diminuer le stress, améliorer l'immunité et aussi expérimenter une nouvelle filière (économie et perception des éleveurs). Étude à suivre donc !


Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

A lire également

   Rechercher plus d'article

Soyez le premier à commenter cet article