15.000 litres d'eau pour 1 kg de viande !L'Institut de l'élevage riposte

| par | Terre-net Média

D'après les chiffres publiés par l'International Water Management Institute, 15.000 litres d'eau seraient nécessaires pour produire 1 kg de b½uf, et 1.000 litres d'eau pour obtenir 1 litre de lait. En France, l'Institut de l'élevage ne l'entend pas de cette oreille et rétablie la vérité sur les chiffres.

bassin rétention d'eau agriculture
L'eau de pluie est inclue dans le calcul de l'International Water Management. (© Terre-net Média)

D’après les premières évaluations, l’Institut de l’élevage estime que la consommation d’eau est de l’ordre de 200 litres par kg de viande nette commercialisée. « Cette valeur correspond à l’eau d’abreuvement (140 litres/kg de viande), à l’irrigation du maïs (8 % des surfaces de maïs fourrage, soit 60 litres par kg de viande) et à l’eau utilisée en abattoir (7 litres par kg de viande) », indique Armelle Gac de l’Institut de l’élevage.

« L’empreinte Eau » est en passe de devenir un indicateur environnemental, au même titre que « l’empreinte carbone ». Afin d’évaluer la pression exercée par les activités humaines sur les ressources en eau douce, plusieurs méthodes d’évaluation sont en discussion. Elles visent à comptabiliser les consommations d’eau directes et indirectes pour fabriquer un produit, dans un objectif de bonne gestion de la ressource en eau. L’une d’entre elles, développée par le Water Footprint Network distingue trois types d’eau, correspondant respectivement à de l’eau consommée, polluée ou évaporée :

  • l’Eau bleue consommée est le volume d’eau prélevé dans les eaux de surface et les nappes phréatiques qui ne retourne pas à son bassin versant (eau évaporée ou exportée via le bien produit). Pour la filière bovine, cette fraction « Eau bleue » provient principalement de l’eau d’abreuvement des animaux, de l’eau d’irrigation des cultures fourragères qui nourrissent les animaux (le plus souvent le maïs ensilage) et de l’eau nécessaire à la transformation de la viande ou du lait en industries agroalimentaires. Il apparaît pertinent de comptabiliser cette consommation directe d’eau. 
  • l’Eau grise correspond au volume d’eau théorique nécessaire pour diluer les polluants émis par la production du bien afin de retrouver une qualité d’eau conforme à la réglementation.
  • l’Eau verte est le volume d’eau de pluie stockée dans le sol sous forme d’humidité, et qui s’évapore via les surfaces cultivées ou surfaces de prairies alimentant les troupeaux. Pour l’Institut de l’élevage, « comptabiliser l’eau de pluie est très discutable car elle n’est pas déviée de son cycle naturel ».

Les consommations directes ne représentent que 5 % du total

« C’est la combinaison de ces trois volumes qui aboutit aux chiffres extravagants du Water Footprint Network pour la viande bovine et le lait, avec respectivement 15.000 litres d’eau par kg de viande et 1.000 litres d’eau par litre de lait. Dans ces valeurs, l’eau verte est très majoritaire car elle représente environ 90 % de la consommation totale d’eau. L’eau bleue, c’est à dire l’eau consommée de façon directe, représente seulement 5 % du total, indique les scientifique de l’Institut de l’élevage.

L’eau de pluie, qui tombe sur les prairies et cultures fourragères destinées aux animaux, participe au cycle naturel de l’eau et n’a aucune raison d’être comptabilisée dans les consommations liées à la production de viande ou de lait, car elle ne prive aucun autre secteur d’activités de cette ressource. Cela ne représente donc en rien un dommage à l’environnement et ne permet pas d’identifier de marges de progrès. Par ailleurs, la prise en compte de l’eau verte pénalise les élevages extensifs, basés sur la valorisation d’importantes surfaces en herbe, systèmes pourtant reconnus pour leurs vertus écologiques ».

Normaliser les méthodes de calcul

Si le concept d’empreinte eau reste pertinent, l’approche retenue par l’International Water Management Institute semble très contestable. A la demande des filières viande et lait, l’Institut de l’élevage mène actuellement une revue critique des différentes méthodes utilisées pour évaluer les consommations d’eau et participe à des groupes internationaux afin de trouver un consensus afin de normaliser les méthodes de calcul.

N.B : Source : Idele.fr Institut de l'élevage

Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

A lire également

   Rechercher plus d'article

Soyez le premier à commenter cet article