Au Salon de l'agriculturePremières « victoires des viandes racées » : 10 vaches sur le podium

| AFP

Jazalée « avait un potentiel, on l'a préparée depuis la naissance, et on est content qu'elle soit arrivée à Paris » : pour Jean-Pierre Canguilhem et son épouse Aline, éleveurs de vaches à Sallespisse dans les Pyrénées-Atlantiques, la consécration est arrivée jeudi.

Leur vache, une magnifique Blonde d'Aquitaine née en 2014, a reçu l'une des dix « Victoires des viandes racées » décernées pour la première fois cette année au Salon de l'agriculture à Paris par un jury composé d'un éleveur, un boucher, un négociant et un abatteur, membres de l'interprofession de la viande Interbev.

Le but est d'abord de récompenser les qualités bouchères de vaches appartenant aux dix races bovines françaises les plus représentatives : Charolaise, Limousine, Blonde d'Aquitaine, Parthenaise, Rouge des prés, Aubrac, Salers, Gasconne, Bazadaise, Bleu Blanc Belge. Mais aussi de mettre en valeur les vastes terroirs herbagers où ces bêtes se régalent de trèfle, luzerne et graminées, parfois sur des plateaux infinis, d'autres fois sur des terrains accidentés qu'elles entretiennent et auxquels elles évitent la friche.

Les jurys se sont déterminés en fonction de la largeur du dos, où se trouve l'aloyau, la finesse des os, la fermeté des cuisses ou le port de tête.

Ceinte d'un ruban bleu-blanc-rouge, Jazalée, au poil blanc lustré, avance d'un pas lent mais élégant au milieu du ring des bovins, pour recevoir son prix sur une estrade inondée de lumière, et sous les flashes des photographes. Comme des oscars bovins, entre concours de beauté et festival de cinéma. Mais là, c'est la dernière séance.

« En général, les concours sont plutôt organisés pour les qualités reproductrices des animaux » dit Guy Hermouet, président de la section bovins d'Interbev. Là, nous avons voulu mettre l'accent sur « des bêtes d'exception » liées à leurs territoires respectifs, qui font une « viande d'exception », ajoute-t-il.

A côté de Jazalée, les autres primées viennent du fin fonds des régions françaises. Houpette, une Aubrac, arrive de Cruejols en Aveyron accompagnée de son éleveuse, Lauriane Peyrac. Jicky, une Salers au poil rouge cuivré, vit à Presaille en Haute-Loire. Jonquilhe, la Limousine, est de Meilhards en Corrèze. Quant à Gracieuse, une Blanc-Bleu, elle appartient à l'élevage de Pierre Hecedez, situé à Aibes dans le Nord.

« Personne ne veut nous succéder »

« Tout de suite, j'ai vu que Jazalée allait sortir du lot » et nous nous en sommes « beaucoup occupés depuis sa naissance », raconte Jean-Pierre Canguilhem, en sortant de sa poche la carte de l'acheteur de l'animal, la Sicarev, qui approvisionne un supermarché Super U, situé dans l'Hérault. « Après le salon, nous allons la ramener à la maison, elle restera une quinzaine de jours pour reprendre ses marques et faire sortir le stress de Paris, pas bon pour la qualité de la viande. Puis, elle repartira. Elle sera abattue à l'abattoir de Roanne. »

Le quotidien de l'éleveur, il le connaît par coeur. Faire naître, nourrir, abreuver, héberger, protéger, puis se séparer. Ce qui est nouveau pour lui, c'est de « monter à Paris » pour recevoir un prix. La récompense d'« années de travail, 365 jours sur 365 ».


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