NutritionPiloter l'alimentation du troupeau par le profil en acides gras du lait

| par Oxygen conseil élevage | Terre-net Média

Pour aller plus loin dans le conseil alimentaire, le groupe Seenorest propose désormais d'évaluer le profil en acides gras du lait. Corine Portemont, responsable recherche et développement, explique : « L'analyse des acides gras met en évidence des déséquilibres alimentaires qui peuvent dégrader la qualité du lait et la santé de l'animal. »

L'analyse des acides gras du lait permet d'ajuster la ration en croisant les données avec celles observées en élevageL'analyse des acides gras du lait permet d'ajuster la ration en croisant les données avec celles observées en élevage (©CC) Les valeurs acides gras des échantillons de lait du contrôle de performances sont désormais disponibles pour les éleveurs de Seenorest (Optival et Oxygen Conseil Élevage). Ce sont les travaux d’OptiMIR, projet européen sur la valorisation du spectre du lait, qui ont permis l’obtention de ces données.

L’exploitation du profil en acides gras a plusieurs finalités : apporter de nouveaux éléments pour le pilotage de la nutrition des vaches laitières mais également mieux connaître la composition fine du lait pour l’améliorer et mettre en avant ses qualités auprès des consommateurs.

Les acides gras du lait, de quoi parle-t-on ?

Corine Portemont, du groupe Seenorest explique : « Le lait de vache est composé de 4 % de matière grasse. Plus de 400 acides gras différents sont présents dans le lait mais uniquement 15 d’entre eux sont majoritaires. Les acides gras courts et moyens se distinguent des longs par la longueur de leur chaîne carbonée. On différencie trois catégories : les acides gras saturés (AGS), les insaturés (AGI) et les poly-insaturés (AGPI) que l’on recherche pour la santé humaine. La proportion de chaque acide gras varie en fonction du métabolisme de l’animal. »

« Les acides gras que l’on retrouve dans le lait peuvent provenir soit de l’alimentation, soit de la mobilisation des réserves corporelles et subissent des transformations en passant par le rumen et la mamelle. Ainsi, la composition en acides gras du lait dépendent du régime alimentaire et du métabolisme de l’animal. En cas de déséquilibre alimentaire, des déviations fermentaires peuvent intervenir et le métabolisme de l’animal peut se trouver modifié, ce qui peut dégrader la qualité du lait et la santé de l’animal. C’est ce que l’on arrive à décrypter par l’analyse des acides gras du lait. »

L’analyse des acides gras, un vrai plus
pour ajuster l’équilibre de la ration

« Certains acides gras du lait sont des marqueurs du métabolisme et permettent, en les croisant avec d’autres données, d’émettre des alertes. Un tableau de bord de synthèse est disponible sur l’outil en ligne Agrius des conseillers d’élevage d’Optival et d’Oxygen et permet d’obtenir une vision globale de la situation du troupeau. Cela permet de vérifier quels sont les indicateurs en alerte. Différents cas de figure peuvent se présenter : alerte acidose, alerte ingestion, déficit énergétique, valorisation de l’énergie ou de la fibre et dépression de la matière grasse. Des tableaux de bord spécifiques à chaque alerte permet de confirmer ou non le problème détecté mais sera toujours mis en relation avec les observations faites sur le terrain (état corporel des animaux, aspect des bouses, qualité des fourrages…). Le croisement des deux est essentiel ! Demain une valorisation par lot (par stade de lactation, multipares, primipares) sera disponible et permettra d’aller encore plus loin dans les recommandations. »

Des pistes pour expliquer la baisse du TB du lait

« La baisse du taux butyreux (TB) est un problème récurrent en élevage laitier qui a un impact sur le paiement du lait et qui peut également avoir des conséquences sur la santé des animaux. La génétique n’est pas la seule explication, la conduite d’élevage a également une grande part de responsabilité. L’été dernier nous avons pu expliquer par la valorisation du profil en acides gras certaines baisses de TB en période de forte chaleur. Les animaux passaient beaucoup de temps au pâturage sans réellement consommer d’herbe car la pousse était très faible. L’accès à l’auge et la part de complémentation étaient souvent trop limités. Les animaux ont souffert de la chaleur, l’irrégularité de la prise alimentaire dans la journée a engendrée de l’acidose dans les troupeaux et parfois le TB a dégringolé à 30 g/litre contre 38 habituellement. Suivant les cas, une concentration énergétique ou une ingestion trop faible a été mise en avant. »

« Pour les éleveurs producteurs de beurre ou engagés dans une démarche de qualité, l’outil Agrius fourni également les données de tartinabilité, oméga 3, oméga 6 et CLA (acide ruménique) recherchées en santé humaine. Côté environnement, l’outil calcule également une prédiction des émissions de méthane entériques à partir du profil en acides gras du lait. »


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