Paroles de lecteurs« 300 000 l de lait font vivre 9 personnes ? »

| par | Terre-net Média

Que l'EARL du Petit Ramard dans le Rhône réussisse à dégager assez de revenu pour neuf personnes a fortement surpris les lecteurs de Web-agri ! Beaucoup ont demandé des explications aux éleveurs présentés dans le reportage, qui leur ont répondu qu'il ne s'agissait pas d'une erreur. Comme quoi la transformation peut « apporter beaucoup de valeur ajoutée au lait » comme le font remarquer ces producteurs...

paroles de lecteurs web agri reportage earl ramard  « Si c'est vrai, neuf personnes sur 60 ha et 467 000 l de lait, c'est beau ! », s'exclame Fabien53. (©Terre-net Média)

Après avoir félicité les producteurs du reportage pour leur travail, Patrice Brachet se dit surpris que 300 000 l de lait parviennent à dégager suffisamment de revenu pour neuf personnes : « De grands éleveurs, passionnés de génétique, et quand on regarde le 2e reportage, on voit que c'est simple et qu'il n’y a pas de superflu. J'aurais juste aimé avoir, en plus, le coût de la ration. Par ailleurs, 300 000 l à 1 € qui font vivre 9 UTH, ça ne vous choque pas ? Je pense qu’il y a erreur. Mais bravo quand même. »

Gérard se pose la même question.

« C'est sans doute grâce à la transformation »

the germs leur répond qu'il est lui aussi « très étonné » mais que ce chiffre est sans doute lié au fait que « deux tiers de la production est transformée sur place ».

Fabien53, s'il est « d'accord avec the germs », estime que « neuf salaires par mois plus les charges représentent entre 25 000 € et 30 000 € » et que « même si l'élevage transforme les deux tiers du lait produit, il ne doit pas rester grand chose pour payer les autres factures ». « Mais si c'est vrai, neuf personnes sur 60 ha et 467 000 l de lait, c'est beau ! », reconnaît-il. Fabien53 rejoint également Patrice Brachet : « Il serait intéressant de connaître la marge au 1 000 l de lait. Elles doivent bien manger des bonbons les vaches ? »

Comme quoi « on peut valoriser son lait autrement... »

the germs poursuit : « Ce type de reportage montre la diversité des élevages en France, tant sur le plan technique que par leur faculté à être rentables. Personnellement, je cherche plutôt à valoriser au maximum la ration de base, à améliorer les TB et TP, et à viser la plus faible quantité de concentré par litre de lait. La génétique m'intéresse surtout pour avoir des vaches faciles à vivre. Mais ce reportage montre que l'on peut arriver à valoriser son lait autrement... »

À propos de la rentabilité en élevage laitier, voir également le reportage : Système herbager − J-F Glinec (29): « Nos vaches à 4000 l sont plus rentables que celles à 10 000 »

Patrice Brachet renchérit que « rien ne vaut un bon croisement Prim'holstein/Montbéliardes, qui donne des vaches productives, solides et qui supportent bien tous les aléas », avouant cependant qu'il ne permet pas « d'être en tout en haut de l'affiche » en termes de performances techniques. Il revient sur le sujet de la main-d'œuvre, faisant remarquer qu'il n'est « pas le seul » que ces données interpellent. « Quelqu'un peut-il nous éclairer ? », relance-t-il.

Une réponse qui amène d'autres questions

Face à l'insistance des lecteurs, les éleveurs de l'EARL Ramard, où le reportage a été réalisé, prennent la parole : « Nous sommes effectivement deux associés et sept salariés et nous nous en sortons bien financièrement. La transformation apporte beaucoup de valeur ajoutée au lait de notre exploitation, qui je pense le mérite. »

Patrice Brachet les remercie et continue de les questionner : « Combien d'équivalents temps plein ? Quel est le prix réel de vente ? Et la marge brute aux 1 000 l ? Ça serait super intéressant. Le partage d'expérience, c'est cela. Merci d'avance ! » À suivre pour voir si les producteurs lui fourniront les clarifications souhaitées.

Incrédule leur reproche, ainsi qu'au journaliste rédacteur de l'article, de « ne pas apporter de réponse à un collègue ». « Cela pourrait pourtant inciter les jeunes à s'installer, juge-t-il. J'ai décidé d'écrire ici par besoin de vérité. Je reste sur ma faim alors que des éclaircissements ne pourraient qu'être bénéfiques pour nous tous. Je connais cette région où l'élevage n'est pas facile et j'admire ces éleveurs mais qu'ils aillent au bout de leurs explications ! »

Paysan prend leur défense : « Ils ont répondu et laissé leur adresse mail dans les commentaires », laissant la possibilité d'échanger en privé avec eux.

steph72, lui, s'interroge plutôt sur « le niveau de production très élevé obtenu en transformation fromagère ». « Ne vaut-il pas mieux sélectionner le TP et le variant BB pour la synthèse de kappa caséine ?, suggère-t-il. « On produit certes moins de lait mais le TP, au dessus de 35, augmente le rendement fromager... »

Jonathan donne alors son avis : « Ce témoignage est très intéressant. Je retiendrais la rentabilité économique très correcte pour une "petite" ferme. Par contre, 10-15 kg d'aliment par vache, je ne trouve pas que ce soit top. Ce n'est que mon point de vue, l'essentiel étant le résultat... Mes félicitations en tout cas ! »

« La preuve que l'aval s'en met plein les poches ! »

Et débutant de conclure : « On voudrait nous faire croire que le lait ne rapporte rien. Cet exemple nous montre qu'il n'y a pas besoin de produire comme des barjots pour vivre de son métier à partir du moment où l'on a trouvé le bon filon. (...) »

Puis Jean-Marc Havard de rétorquer : « tout est dit !! »

Terminé pense que non. Il ajoute : « Tout le monde est surpris que cette exploitation qui transforme et facture son produit fini fasse vivre 9 personnes. C'est juste que normal : nous avons ici la preuve que les transformateurs et les distributeurs s'en mettent plein les poches et font crever une profession entière ! Tous ces éleveurs qui produisent bêtement sans savoir où ils vont, dans une quête de compétitivité inhumaine et débile !! La filière laitière est à la dérive alors à quoi bon nous montrer des reportages positifs... Une belle réussite tout de même pour cette exploitation qui transforme son produit pour avoir une vraie reconnaissance, donc une vraie rentabilité, ce qui n'est pas vrai avec la contractualisation, qui divise les éleveurs au lieu de les rassembler... »


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