Paroles de lecteursAdhérer ou non au GDS ? La question divise

| par | Terre-net Média

Le conflit entre le GDS de Bretagne et plusieurs éleveurs, autour du blocage des cartes vertes pour cause de factures impayées (relayé dans un article début février), a amené les lecteurs de Web-agri à s'interroger sur l'intérêt d'adhérer à cet organisme. Si beaucoup de producteurs cherchent la moindre source d'économie en raison de la situation financière tendue en élevage, doivent-ils pour autant rogner sur la santé de leur troupeau sachant que cela peut favoriser la propagation de certaines maladies et impacter d'autres exploitations ?

paroles de lecteurs groupement de defense sanitaire « Pourquoi cotiser au GDS pour les Asda alors que nous payons une redevance à l'EDE pour l'édition des cartes vertes ? », se demande Patrick. (©Terre-net Média)

Fabien 53 félicite tout d'abord les éleveurs qui ont refusé de payer les factures du GDS : « Bravo aux 80 producteurs qui résistent. Dommage que les 800 autres aient lâché trop vite : pour peser contre les organismes agricoles, il faut être nombreux. Ils ont raison sur la transparence des tarifs appliqués, on ne sait pas trop où va notre argent. Continuez votre combat ! »

Éleveur 44 précise cependant : « Certains départements acceptent des paiements en différé en cas de problèmes financiers. »

Après quelques réactions liées directement à l'article "En Bretagne − Le blocage des cartes vertes continue dans un climat tendu entre GDS et éleveurs", hub demande aux lecteurs de Web-agri : « Quel est l'intérêt d'adhérer au GDS pour un éleveur qui n'achète pas d'animaux à l'extérieur ? Y a-t-il des économies à faire de ce côté-là ? Y en a-t-il parmi vous qui ne sont plus adhérents ? »

Une économie réellement gagnante ?

PàgraT répond : « Je n'adhère plus depuis des années. Je connais même des producteurs qui n'ont jamais été adhérents. Par contre, il faut malgré tout payer un forfait pour l'équarrissage ! »

hub renchérit : « D'accord mais en termes d'économies réalisées, est-on gagnant tout en payant plein pot la prophylaxie du troupeau ? Et ne subit-on pas de représailles de la part du groupement de défense sanitaire lorsqu'on ne paie pas sa cotisation ? »

Pàgrat lui fait remarquer, pour le rassurer, que c'est à lui « de voir » s'il « sollicite ou pas l'organisme ». « Une assurance, ajoute-t-il, c'est toujours de la répartition moins les frais de fonctionnement. Je n'ai jamais reçu de représailles et quand bien même j'en aurais eu, je me dis que moins je fais vivre la technocratie, mieux je me porte ! A-t-on le choix, d'ailleurs, d'essayer d'économiser quelques sous ?! »

Jonathan, lui indique qu'il « ne savait même pas que l'adhésion au GDS n'était pas obligatoire ». « Comment l'annuler ? », poursuit-il.

« La cotisation n'est-elle pas obligatoire ? »

jonat80 lui explique qu'il « recevra toujours un appel de cotisation du GDS pour les Asda et la gestion sanitaire du troupeau même » s'il « n'est pas adhérent ». « Tu trouveras les infos que tu cherches via en cliquant sur ce lien : http://www.gds-calvados.fr/index.php/legds/la-cotisation-du-gds14. »

steph72 pense, au contraire, que « dans la Sarthe, l'adhésion au GDS est obligatoire pour obtenir les passeports, les cartes vertes, etc. des animaux ». « Depuis quelques années, c'est la chambre d'agriculture qui fait les passeports et le GDS qui pilote le suivi des prophylaxies et le contrôle des maladies d'élevage. Bonjour la simplification ! », ironise-t-il.

N de Kerneblec'h rappelle : « Encore une fois, l'adhésion au GDS n'est pas obligatoire. Par contre, les non-adhérents n'ont pas le droit de vote. (...) En Bretagne, ils bénéficient toutefois de la même prophylaxie que ceux qui adhèrent sinon les Asda ne pourraient plus être délivrées (...). En cas de non-acquittement des cotisations, le GDS doit respecter ses conditions générales de vente et donc assigné l'éleveur au tribunal pour défaut de paiement. Il ne peut en aucun cas faire justice lui-même. Je vous encourage à nous faire part de vos problèmes à l'adresse : collectif.ovs.bzh@gmail.com »

L'intérêt d'être adhérent... ?

Adrien réplique : « De toute façon, les gars du GDS, tu les vois deux fois par an et ça te coûte 1 200 boules ! »

patrick est du même avis : « Malgré le regroupement des quatre GDS bretons, il y a toujours quatre techniciens pour les bovins, quatre pour les ovins, quatre pour les porcins et autant de véhicules de fonction alors que le nombre d'éleveurs diminue. Tout cela a un coût qui est supporté par les cotisations des éleveurs. Pourquoi cotiser au GDS pour les Asda alors que nous payons une redevance à l'EDE pour l'édition des cartes vertes ? (...) »

Serge également en a « ras-le-bol du GDS, où il faut payer pour le volume produit, le cheptel... (...) ». « Moi aussi, j'ai fait de la résistance et le GDS de Bretagne a engagé un cabinet de recouvrement pour régulariser la situation, déplore-t-il. Bel exemple de solidarité... (...). C'est de la dictature des cotisations, du GDS et de bien d'autres organismes agricoles. (...) »

Terminé appuie : « Ces organisations sont intouchables et deviennent un véritable monopole dans le monde agricole. Voire une secte qui enferme l'agriculteur et lui enlève toute liberté d'action. Certes, il faut des règles (...) mais avec tous les exploitants agricoles en grande difficulté financière, des retards de paiement il n'y en a pas qu'au GDS mais aussi au CER, à la MSA, etc. Et tous ces organismes mettent à l'écart les mauvais payeurs, les rayent de la carte. Et si, par hasard, un agri en situation difficile est au conseil d'administration, on lui fait comprendre qu'il doit dégager... »

... protéger son cheptel et celui des autres éleveurs

Pierrick le rejoint : « En lisant vos commentaires, j'ai l'impression qu'on se bat contre nous-mêmes car le GDS est une OPA avec un conseil d'administration constitué d'élus professionnels. Quid de la TFNB, des cotisations du contrôle de performance, des tarifs des IA, des factures de l'EDE... ? »

En guise de conclusion, jonat80 invite les lecteurs de Web-agri à réfléchir sur l'intérêt des Groupements de défense sanitaire : « BVD, IBR, Fièvre Q, néosporose, besnoitiose sont autant de maladies qui circulent dans les élevages, même dans les exploitations qui n'achètent aucun animal à l'extérieur. Il suffit d'un contact avec une bête malade qui, s'est échappée par exemple d'une ferme voisine, pour contaminer un troupeau. (...) Lorsque que ça t'arrive, tu es content d'avoir l'aide et les conseils du GDS. Or dans beaucoup de départements, il faut adhérer pour en bénéficier et le coût de la prophylaxie est en partie pris en charge pour les adhérents. »


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