Dossier Retour au dossier Space 2017

[Space TV] GénétiqueMatthieu Cadeau (49) trait des Simmentals à 9 000 litres

| par | Terre-net Média

Au Bourg d'Iré dans le Maine-et-Loire (49), le Gaec des Haies élève 70 vaches simmentals pour une référence de 650 000 litres. Passionné de concours, grâce auxquels il se fait connaître pour vendre ses reproducteurs, Matthieu Cadeau, l'un des associés, amènera deux animaux au Space à Rennes le 13 septembre pour le concours européen Simmental.

P otentiel laitier, qualités de la mamelle, vitesse de traite... via une sélection génétique minutieuse, les performances de la race simmental se sont nettement améliorées tout en conservant ses aptitudes bouchères. Avec des vaches à 9 300 litres par an, l’élevage de Matthieu Cadeau, illustre parfaitement les progrès réalisés. Les taux atteignent souvent plus de 33 g/l en TP et près de 40 g/l en TB. Cette qualité apporte une prime non négligeable de 30 € / 1 000 l. L’éleveur présentera deux animaux au concours européen du Space  : Friscatte une vache de six ans et demi à plus de 10 000 litres et Lamourette une génisse de 29 mois.

Deux Simmentals de l'élevage seront présentées au concours européen du Space Les deux animaux présentés au concours européen par le Gaec des Haies. À gauche : Friscatte, vache de six ans et demi / À droite : Lamourette, génisse de 29 mois. (©Matthieu Cadeau)

Plusieurs vaches à plus de 6 lactations

Le Gaec des Haies fait partie des exploitations qui contribuent au développement, dans le Grand Ouest, de cette race élevée principalement dans le nord-est et le Massif Central, notamment dans l’Aveyron où c’est la seule race autorisée avec l’Aubrac pour produire le fromage Laguiole AOP. Réputée pour sa mixité lait/viande , elle l’est aussi pour sa résistance naturelle aux mammites, sa rusticité et sa fertilité. Des qualités qui expliquent la très bonne longévité des vaches . Pour preuve, Mathieu Cadeau compte dans son troupeau plusieurs bêtes à plus de 6 lactations, dont une à plus de 10 ! Dans cet élevage, herbe et production ne sont pas incompatibles : la traite est robotisée et 50 ha sont consacrés à la culture de fourrages (pour 135 ha de SAU). L’éleveur a fait le choix de réduire les sorties en pâture afin de maximiser la productivité des vaches. Ce n’est donc plus les vaches qui vont à l’herbe mais l’herbe qui vient aux vaches : la faucheuse autochargeuse permet d’ affourager en vert les animaux sur une grande période de l’année. Ray grass, brome, trèfle violet, méteil et colza fourrager viennent donc s’ajouter à la ration des animaux.

L’éleveur parvient également à faire vêler les premières génisses tôt : « l’âge moyen du premier vêlage est de 25 mois contre une moyenne de 3 ans recensée sur la race. J’insémine moi-même et choisis les paillettes avec des indices d’au moins + 500 en lait, positifs en cellules et qui apportent de la morphologie aux animaux, notamment de bons aplombs et de la mamelle pour faciliter le passage au robot. » L’éleveur s’approvisionne en semences via Simmental France et choisit pour une grande majorité des taureaux autrichiens et allemands, dont par exemple Wild Gut ou Mountever.

Des éleveurs passionnés par la Simmental pour sa mixité

C’est en 1999 que le père de Matthieu a débuté l’importation de Simmentals sur l’exploitation pour pallier les  mammites trop nombreuses qu’il recensait sur ses Prim’Holsteins. Progressivement, la passion de la race s’est installée et les Simmentals ont pris la place des vaches noires. L’exploitation s’est ensuite convertie à l’agriculture biologique (en 2001). En 2007, Mathieu Cadeau a rejoint son père sur l’exploitation, a mis un terme au bio, a réalisé la mise aux normes et a fait le choix d’installer un robot de traite en 2014.

La mixité de la race permet à l’éleveur d’assurer un revenu complémentaire en engraissant tous les mâles (10 d’entre eux sont castrés et le reste est gardé en taurillons et reproducteurs). Les animaux sont abattus avec un poids de carcasse de 400 kg pour les taurillons, 430 kg pour les bœufs et 400 kg pour des vaches de réforme. La vente de reproducteurs se fait assez facilement car la demande ne cesse de croître dans l’Ouest.

Une race en plein essor

La race simmental est originaire de Suisse. D’abord connue en France comme Tachetée de l’Est puis Pie Rouge de l’Est, son nom n’est clairement relié à ses origines qu’en 1993, où elle devient la Simmental française. D’après Simmental France, « de plus en plus d’éleveurs s’intéressent aujourd’hui à cette race en raison de ses atouts laitiers et du produit viande qu’elle dégage ». Au 1er janvier 2017, l’organisme de sélection recensait 40 633 femelles (contre 34 000 en 2010), essentiellement dans le nord-est et les zones herbagères du Massif Central. La race est bien plus présente en Allemagne (plus d’un million de vaches), en Autriche et dans de nombreux pays de l’est, où on l’appelle Fleckvieh.

La répartition géographique des simmentals en France Les Simmentals se situent surtout dans l'est de la France mais aussi dans le grand Ouest où la race est en plein essor. (©Simmental France)

Concours européen Simmental au Space :

Des animaux sélectionnés sur tout le territoire français mais aussi en Allemagne et Autriche fouleront le ring du Space le mercredi 13 septembre à partir de 14h . Cet évènement montrera le développement important de la race. Il sera suivi d’une vente mais aussi de diverses animations génétiques, témoignages d’éleveurs, interventions de spécialistes…


Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

A lire également

   Rechercher plus d'article

Soyez le premier à commenter cet article