Composition du laitJouer sur la génétique et l'alimentation pour répondre à la demande des marchés

| par | Terre-net Média

Avec des consommateurs de plus en plus exigeants quant aux produits qu'ils consomment, les éleveurs doivent dès maintenant faire jouer l'alimentation et la génétique de leur troupeau pour produire un lait dont les composantes satisfont la demande des marchés.

Pour ajuster la composition du lait selon la demande des marchés, la génétique permet de jouer sur les taux de matière utile. L'alimentation permet quant à elle de jouer sur les qualités nutritionnelles du lait ; et le système d'alimentation le plus adapté semble être le pâturage.Pour ajuster la composition du lait selon la demande des marchés, la génétique permet de jouer sur les taux de matière utile. L'alimentation permet quant à elle de jouer sur les qualités nutritionnelles du lait ; et le système d'alimentation le plus adapté semble être le pâturage. (©Terre-net Média)

Aujourd’hui, les consommateurs font de plus en plus attention aux produits qu’ils achètent. Tout en réclamant plus de bien-être animal, ils suivent également les conseils de nutritionnistes et semblent se tourner vers des laits plus riches en oméga. Ils souhaitent également réduire leur consommation d’acides gras saturés et attendent donc des produits qui répondent à leurs attentes.

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Pour adapter la composition du lait aux besoins du marché, Pascale le Mézec et Julien Jurquet, tous deux issus de l’Institut de l’élevage, présentaient deux approches lors de la conférence grand angle lait de l’Idele début avril : influencer cette composition par la génétique et/ou par l’alimentation. Ces deux facteurs agissent alors sur la concentration des différents composants, la quantité et la qualité du lait ; l’idéal étant de trouver un compromis entre ces paramètres.

Des choix génétiques simples aux plus radicaux

On le sait, chaque race a ses atouts. La Prim’holstein est connue pour sa productivité, la Jersiaise pour ses taux… Cependant, au sein d’une même race, la sélection peut orienter le profil du troupeau. L’opération peut toutefois se compliquer car certains caractères peuvent s’opposer les uns aux autres. L’Institut de l’élevage recense dans un schéma les caractères plus ou moins faciles à modifier par la sélection :

Les caracteristiques des vaches laitières sont plus ou moins faciles à modifier par la sélectionLe TB et le TP semblent être les caractères les plus faciles à moduler par la sélection génétique, contrairement à la fertilité. (©Idele)

La sélection génétique est certes efficace mais il faut néanmoins être patient car les changements mettent parfois beaucoup de temps avant d’être totalement effectifs, même si la génomique aide de plus en plus dans la prédiction de la descendance. D’après les expérimentations, le TB du lait remonterait par exemple 6 à 7 ans seulement après avoir choisi des taureaux positifs en TB.

Pour aller plus vite dans ces changements, il existe d’autres méthodes plus ou moins radicales. Le croisement peut par exemple s’avérer plus rapide. Pour reprendre l’exemple du TB, il augmentera plus fortement et rapidement en croisant un troupeau de prim’holsteins avec un taureau normand ou pie rouge plutôt qu’en restant dans la même race.

Sans forcément croiser, travailler en troupeau multirace permet d’augmenter le poids du caractère recherché à l’échelle du troupeau. Pour cela, il faut introduire des animaux d’une autre race dans le troupeau tout en poursuivant les choix génétiques de base. Enfin, plus radicalement, certains optent pour un changement complet de race. C’est notamment ce qu’a fait Thierry Lemarchand en vendant son troupeau de Prim’holsteins pour élever des Froments du Léon. Quel que soit le chemin emprunté, il sera primordial de penser aux changements induits (la quantité de lait perdu ou gagnée, la valeur des veaux et des réformes, la cohérence avec le système, etc.).

Influencer la qualité du lait par la ration : la pâture a tout bon !

L’alimentation des vaches laitières influence surtout la synthèse des matières grasses et protéiques. Les experts rappellent que le TP dépend surtout du niveau d’énergie dans la ration. Des rations de faible densité énergétique ont donc encore une légère marge de manœuvre pour faire augmenter le TP. Concernant le TB, il dépend du niveau d’alimentation (énergétique), de la part de concentrés, de la fibrosité et du niveau d’apport de lipides alimentaires. Pour le lactose, il n’existe pas encore suffisamment de travaux pour savoir ce qui influence sa concentration.

L’Institut de l’élevage a ainsi testé différentes rations (à dominante maïs + herbe, ensilage d’herbe, foin ou encore pâturage) pour les comparer à un régime maïs ensilage :

Comparaison des principaux régimes alimentaires sur la concentration en matières utiles du laitPour conserver des valeurs de TB et TP stables par rapport à un régime ensilage de maïs classique, l'ensilage combiné à de l'herbe pâturée semble être le plus adapté. (©Idele)

La combinaison ensilage de maïs + herbe semblerait être celle qui ne fait pas baisser les taux de matière utile. Cependant, en se focalisant sur les besoins du consommateur (diminution des acides gras saturés, de la teneur en acide palmitique et du ratio oméga 6 sur oméga 3), c’est le pâturage qui semble être en haut du podium de la qualité nutritionnelle du lait.

Concernant la qualité nutritionnelle du lait, le pâturage est le meilleur aliment que puisse trouver les éleveurs.Concernant la qualité nutritionnelle du lait, le pâturage est le meilleur aliment que puisse trouver les éleveurs. (©Idele)

Le régime fourrager dicte donc le profil des acides gras du lait. Néanmoins, la nature du concentré protéique peut aussi l’influencer. En effet, le tourteau de colza et le lin (sous forme de graines ou de tourteau) montrent eux aussi des effets positifs du point de vue nutritionnel en diminuant la part des acides gras saturés et des acides palmitiques et en réduisant le ratio oméga 6 sur oméga 3. Il faut cependant faire attention à leur répercussion sur le TB, notamment pour le lin.


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DÉJÀ 13 RÉACTIONS


PATRICE BRACHET
Il y a 147 jours
Erratum :pour Gilles le soja du 19 siècle n était pas le même qu aujourd’hui et autant je dis attention pour les vaches ( soja importés) je dis que pour les humains le soja (consommés directement par l homme) on risque de se retrouver devant le même problème qu avec l amiante Pour les adultes pas grave car conscients mais les bambins 👶?
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hautot nicolas
Il y a 147 jours
nous somme des omnivores (on mange de tout) . homme est l'une des seul espèces qui ne mangent pas l'aliment tel quelle ( depuis que le l'on maitrise le feux) donc c'est très difficile de se comparer a des animaux
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steph72
Il y a 147 jours
Le soja ogm c'est bon pour la santé....
Non, les antibiotiques ne vont pas dans le lait puisque c'est interdit,on a un delai d'attente ,il est non commercialisable ,on doit le jeter!!



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PATRICE BRACHET
Il y a 147 jours
Quelle est votre école svp ?
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Gilles66
Il y a 147 jours
Patrice

Je respecte TOUT le monde ! Mais je ne suis pas de votre avis. Le soja est consommé sans dommages depuis des siècles en Asie et les cancers y sont moindres qu'en Occident.
Quand aux animaux, j'ai choisi de ne plus en consommer pour des raisons autant morales qu'environnementales. Bonne suite à vous et tout le meilleur.
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PATRICE BRACHET
Il y a 147 jours
Gilles déjà quand on se bat pour faire de la qualité on n apprécie pas! Deuxièmement l on arrête de dire n importe quoi ! Troisièmement quand je dis que le soja c est pas terrible pour les vaches je vous affirme que tout les produits que vous conseillez et ou consommez à base de soja c est pas vraiment pas bon car le foie delà vache a déjà filtré que là vous êtes en direct simple curiosité vous avez été formé à quelle école svp ? Si vous respectez l alimentation de vos vaches ( ce que fait une majorité d entre nous ) le lait est très bon pour l humain et c est Nicolas qui a raison !
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Gilles66
Il y a 147 jours
Steph72
C'est l'animal qui est traité aux antibiotiques !!! Et ça passe dans le lait ! Renseignez vous ! Et je ne suis pas vegan , mais formé en nutrithérapie
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steph72
Il y a 147 jours
Pour rectifier les bétises de mr végan,le lait traité aux antibiotiques est jeté
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cyrille letard
Il y a 147 jours
Gilles66,
J'ai juste un coup de gueule envers les moralisateurs: il ne faudrait plus manger de lait: on est sevré, ça pose des problèmes digestifs, de viandes: c'est cancérigène et les animaux y sont mignons, de vin, de bières: y a de l'alcool, de fromages: le lait cru est dangereux, de pain à la farine de blé: y a du gluten.
L'Homme est omnivore, pour être en forme, c'est la diversité de la nourriture qui est la clé. Lorsque l'on mange, on doit se faire plaisir: ce que je trouve bon, je le mange: comme résister à un camembert au lait cru AOP? à un morceau de roquefort, ou à mon chocolat au lait le matin?
Pas besoin d'experts en nutrition-santé et autre: si vous mangez diversifié, des produits de saison, vous irez bien et avec le sourire en plus.
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Gilles66
Il y a 147 jours
Le lait des vaches est fait pour leurs veaux (qui, d'ailleurs n'en profitent plus) et pas pour des humains. Les hormones de croissance contenues dans chaque type de lait ont des effets désastreux sur d'autres espèces. Hyper-prostatie, décalcification, etc etc sans compter les suites des antibiotiques données au animaux qui passent ensuite dans la chaîne alimentaire humaine.
Aucun animal dans la nature ne consomme du lait après son sevrage, et encore moins celui d'une autre espèce !!
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