Des vaches à 25 000 kg de laitÀ quoi ressembleront les troupeaux laitiers dans 50 ans ?

| par | Terre-net Média

Scientifique et expert du milieu agricole, l'américain Jack Britt explique qu'un gros chantier attend le secteur laitier pour subvenir aux besoins d'une population en croissance. S'il ne sera pas possible de doubler le nombre de vaches laitières dans le monde pour nourrir les 10 milliards de personnes en 2050, il faudra travailler la productivité par vache. Selon l'expert, atteindre les 25 000 kg de lait par vache est possible, à condition d'y mettre les moyens.

Afin de nourrir une population qui ne cesse de grossir, impossible de multiplier le vaches laitières par deux. Il faudra plutôt augmenter la production par vache.Afin de nourrir une population qui ne cesse de grossir, impossible de multiplier les vaches laitières par deux. Il faudra plutôt augmenter la production par vache. (©Terre-net Média) Le Dr Jack Britt est un véritable homme d’élevage. Cet américain est né sur l’exploitation laitière de ses parents dans le Kentucky aux États-Unis. Il a alors connu la 1ère salle de traite avec quai de traite en 1953, dans lequel passaient 18 vaches à l’heure, « un système moderne pour l’époque ! » Avec un impressionnant parcours scientifique autour de l’agriculture et de la biologie, il est intervenu en tant qu’expert à l’occasion de la journée grands troupeaux du 11 avril dernier organisée par Boumatic pour répondre à la question « À quoi ressembleront les exploitations et les vaches laitières dans 50 ans ? »

Une population croissante à nourrir en quantité et qualité

« La population mondiale devrait atteindre les 10 milliards de personnes d’ici 2050. 96 % de la croissance devrait se faire en Asie et en Afrique. Pour satisfaire cette demande, il faudrait doubler le cheptel mondial actuel », explique Jack Britt. « En revanche, cette option n’est pas envisageable car elle ne serait pas durable. C’est dans les pays émergents qu’un gros travail est à mener. En effet, alors que l’Asie possède le plus grand cheptel laitier du monde (50,9 millions de têtes), près de 90 % de ces vaches ne produisent pas plus de 500 kg de lait par an. C’est dans ces pays qu’il faudra surtout augmenter la production par vache. »

Un prix du lait toujours aussi volatil et calé sur la qualité nutritionnelle du produit.

« Concernant le prix du lait, il devrait rester volatil. Aux États-Unis, on constate des écarts de 70 % entre le prix le plus bas de 2009 et celui le plus haut de 2014. Les exploitations devront apprendre à être plus résilientes face à cette volatilité des marchés. » Pour le spécialiste, la paie de lait pourrait aussi varier en fonction de la qualité nutritionnelle du produit : « Dans de nombreux pays déjà, les formules de calcul du prix tendent à changer. À titre d’exemple, il pourrait y avoir une prime sur la caséine pour le rendement fromager, ou encore sur la teneur en acides gras. On demandera aux éleveurs de produire un lait de qualité qui se vendra plus cher. Ils doivent alors anticiper ces changements dans la sélection génétique de leurs animaux. »

À ce sujet, Frédéric Poujaud, gérant de Panam Semences en est également convaincu. Avec ses maïs riches en huile, il imagine une rémunération du lait en fonction de la qualité de sa matière grasse.

Un changement climatique favorable à la production laitière

« Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ces pays émergents qui produisent à l'heure actuelle peu de lait émettent plus de gaz à effet de serre que les pays gros producteurs (quantité de lait par vache). 1/7 du volume des émissions est produit par l’Afrique. » L’expert confirme : « Cette situation n’est pas durable. »

À lire aussi au sujet des émissions de GES de l’élevage :
- Jean-Marc Burette, éleveur (62) : « Moins d'émissions de GES, plus de revenu »
- Ghislain de Viron : « En diminuant les GES, j'agis sur ma situation économique »

Le changement climatique est en marche. On le sait, il aura des conséquences bénéfiques sur la production de fourrages dans certains secteurs. « Les saisons de croissance des fourrages seront plus longues, il y aura plus de potentiel pour les cultures et pour l’élevage. » D’après les prévisions météorologiques, la zone la plus favorable inclut des pays où la population est moins dense, comme le Canada. « J’invite d’ores et déjà les éleveurs américains à investir dans des terres canadiennes, c’est là qu’il leur faudra produire du lait. Les entreprises du para-agricole doivent quant à elles se préparer et s’implanter dans ces secteurs. »

Des bâtiments adaptés, de l'irrigation et des semences inoculées pour faire face au changement climatique.Concernant la hausse des températures, Jack Britt préconise : « Il faudra travailler sur les systèmes de ventilation des bâtiments pour maintenir les vaches au frais. L’irrigation permettra également d’améliorer les rendements en culture tout en utilisant moins de produits chimiques. Il y a également un gros travail à faire sur l’inoculation des semences pour améliorer l’utilisation des nutriments dans le sol et ainsi faire progresser les rendements. »

Des vaches à 25 000 kg de lait dans 50 ans : oui mais à certaines conditions

Aux États-Unis, 30 % des élevages laitiers comptent plus de 2 5000 têtes. Pour le scientifique, « il faut considérer le troupeau comme un superorganisme et non plus travailler par individu. Pour cela, on s’appuie sur de nombreux capteurs d’information. Que ce soit dans la mamelle des vaches, dans les bâtiments, dans les champs ou dans les silos, l’intelligence artificielle se doit d’être au service de l’élevage. À titre d’exemple, des distributeurs automatiques de lait et d’aliments pour veaux sont actuellement expérimentés pour sevrer automatiquement les animaux en fonction de leur poids. Ce sont ces technologies-là qui accompagneront les éleveurs de demain. »

D'ici 50 ans, les vaches produiront 25 000 kg de lait en moyenne grâce au progrès génétique.« La vache du futur sera d’une race artificiellement créée par l’Homme. Elle aura des gènes issus de différentes races afin de combiner santé, production, empreinte environnementale, etc. D’ici 50 ans, les vaches produiront 25 000 kg de lait en moyenne grâce à ce progrès génétique. On aura alors des lignées en fonction des régions du globe (froide, tempérée, sèche ou encore tropicale) et certaines races seront délocalisées pour être en phase avec le climat. » Pour Jack Britt, « la résilience génétique deviendra un nouveau critère de sélection. Il s’agit de la capacité d’une vache à se remettre d’un stimuli, d’une perturbation. Reste encore à définir ces facteurs génétiques de résilience ! »

Il ne faut cependant pas oublier la demande des consommateurs : « Dans quelques grands troupeaux américains, les éleveurs ont installé des récupérateurs d’eaux usées. Ils la traitent et la réutilisent pour le nettoyage ou même l’abreuvement des animaux. C’est une tendance qui devrait émerger dans les années à venir. De même, au niveau de la santé des animaux, l’utilisation de microbes thérapeutiques devrait faire chuter la consommation des antibiotiques, ce qui répond pleinement aux demandes actuelles. »

Alors, prêts à affronter le futur ?

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DÉJÀ 24 RÉACTIONS


Flipper56
Il y a 62 jours
Mon dieu mon dieu mon dieu!!!!!!!!!😱?
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taxi
Il y a 85 jours
comme le précise Kmocamille, N'EXPORTONS PAS NOS PROBLÈMES DE SURPRODUCTION au détriment des peuples des autres continents et c la cause des migrations! donnons la chance à ces continents de produire eux mêmes sur place de façon locale. on en constate les effets dévastateurs:les jeunes se détournent de la production laitière en france mais pas que en france.le renouvellement des générations est une problématique européénne causée par la surproduction.Malgrè la vente des 380000t de poudre de lait il en reste encore 300000t dont 100000t en intervention car il restait à conserver secret les autres tonnages!le stockage de tous ces excédent a couté 2.3 milliards d'euros aux éleveurs européens et à conduit à subventionner à l'exportation les transformateurs à hauteur de 140millions d'E.Lactalis a lui seul empoche 21millions! sans compter que les transformateurs on vendu la crème et le beurre a des prix records toujours a l'export vers des pays riches et on remplacé cette matière par de l'huile de palme importée pour l'ajouter a la poudre pour l'exporter vers des pays émergents occasionnant chez eux de la surproduction et la ruine des paysans! résultat:en france on recherche désespérément des jeunes éleveurs dans les bassins laitiers .Dans d'autres bassins c l'exode! les salariés ont eux aussi tournés les talons ...et a part ça il faudrait inventer des vaches à 25000kg tout en protégeant les sols les rivières les eaux sous ter-raines et le phytoplancton de nos océans pour ne pas détruire nos paysans de la mer? mais c le monde à l'envers!!! Elle en pense quoi la Christianne de tout ça?
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Taxi
Il y a 81 jours
Vous focalisez juste sur un détail en vous y prenant assez mal ...En revanche rien sur tout le reste du commentaire, c’est dommage il y’a bcp à dire. Mais on est d’acc ensemble les pollutions concerne toute l’humanité et ce n’est pas Le kérosène des avions qui est responsable du Boscalid dans les patates du bassin parisien ou du Métal Sodium dans les salades Nantaises.
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PatOche
Il y a 82 jours
Et naturellement, tous les produits ménagers dans les logements n'y sont pour rien? les huiles essentielles, la lessive, les déodorants, la wifi, les ondes des portables, le kérosène des avions, les véhicules (mêmes électrique avec les batteries au lithium) les métaux lourds et les antibios dans les cours d'eau, il viennent de la campagne??? ça bizarrement on en parle jamais....toute activité humaine pollue, pas que l'agriculture.... "on voit toujours la paille qu'il y a dans l’œil du voisin, mais pas la poutre qu'on a dans le sien"
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realiste
Il y a 85 jours
aujourd hui 40/100 de la nourriture fini a la poubelle faisons le necessaire pour en finir avec cette politique evitez d empoisonner les mamans afin de ne plus voir des enfants sans mains avec vos produits de merde cet ingenieur devrait finir dans un bain de produit chimique c'est le seul mérite de ces recherche
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jersiaise
Il y a 85 jours
Je ne serais plus exploitant dans 50 ans, quel pays veut on laisser a nos enfants les technocrates feraient mieux de prendre une ferme ils verraient mieux la portée de leur calculs pour quand des prix rémunérateur a court terme
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Patrice Brachet
Il y a 86 jours
Une idée : on est de plus en plus nombreux à penser qu’il faut travailler autrement pourquoi sous l égide de web agri on se réunirai pas pour partager nos idées une fois / an ?
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Jett
Il y a 86 jours
Et les poules auront des dents...pour mieux manger l'herbe!
Déjà que personne ne peut prédire l'avenir de la production laitière dans 6 mois, alors dans 50 ans?!!
Sérieusement je crois le réchauffement climatique sera au centre de l'évolution dans tous les domaines dans les prochaines décennies, alors doubler la population de vaches me paraît une hypothèse peu probable.
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kmocamille
Il y a 86 jours
Article intéressant pour ce rendre compte du fossé, ou dois je dire du gouffre qu'il existe entre l'agriculture qui ce fait sur d'autre continent et la notre ! Moi, je préfère restée dans mon cher pays, la France, avec mes 100 vaches et faire un travail qui respect vraiment nos ressources et donne une perceptive d'avenir au futur génération. Devons nous sacrifié nos terres pour réparer les erreur des autres? Un grand merci à tout les agriculteurs qui se battent pour donner une autre direction à notre métier sans tombé dans l'envie de croissance, de possession, de rentabilité à tout prix, ect! Merci à tout les consommateurs qui soutiennent cet engagement. Vive l'agriculture de proximité, vive l'agriculture raisonné, vive une agriculture de conservation !
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Mimie la crasse
Il y a 87 jours
Que l'humanité ce parasite disparraise au plus vite 😡😠👹👺????
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