Paroles de lecteursVous visez tous l'autonomie fourragère

| par | Terre-net Média

Beaucoup de lecteurs de Web-agri prônent l'autonomie fourragère, estimant qu'elle réduit le coût alimentaire, et indirectement les frais vétérinaires, augmente le taux protéique du lait et améliore la marge de l'atelier laitier. Mais attention, l'équilibre n'est pas toujours facile à trouver, comme le souligne The germs. Et selon les commentaires, tous les mélanges multi-espèces ne donnent pas de bons résultats.

tracteur dans une prairie « L'autonomie fourragère est la clé de la réussite financière et sociale d'une ferme », selon Babast50. (©Terre-net Média)

The germs : « Varier les fourrages permet d'éviter les à-coups lors des transitions alimentaires, améliore les taux et permet une bonne rotation des cultures... Mais c'est plus de travail aussi... »

Babast50 : « L'autonomie fourragère est la clé de la réussite financière et sociale d'une ferme. Il n'y a pas besoin d'être en bio pour le découvrir. En 1975, les agriculteurs étaient autonomes au niveau de l'alimentation. Ils ont diminué leur cheptel en 1976 à cause de la sécheresse et l'année d'après, ils étaient toujours paysans... Si le même événement se reproduisait actuellement, combien resteraient sur le carreau ? Je n'ose imaginer... »

The germs : « Même sans être en bio, l'autonomie fourragère est importante et devrait être une piste pour améliorer la marge des ateliers laitiers. Il faut cependant pouvoir se le permettre (avoir assez de surface, tous les élevages n'ont pas la chance d'avoir 40 ares accessibles par vache), ou revoir sa production à la baisse... Un équilibre parfois difficile à trouver. »

Patrice Brachet : « Oui, monsieur The germs, l'autonomie fourragère est tout à fait possible en agriculture conventionnelle. On baisse la production de 1 000 kg par vache environ et le coût de la ration de 45/50 €. Par contre, ne me demandez pas pourquoi mais le poste "produits véto" est divisé par 3 ou 4. Attention cependant, les effets ne sont pas immédiats, il faut souvent attendre un à deux ans. »

Babast50 : « On peut faire du lait sans maïs et sans soja, c'est d'ailleurs le plus respectueux de l'environnement. » 

Tell14 : « Les mélanges multi-espèces sont éligibles au plan protéines et rapportent 250 € sur trois ans. De plus, ils permettent de produire pas mal d'azote à l'hectare et s'ils peuvent être pâturés en dynamique, c'est tout bénéf. Surveillez néanmoins les taux d'urée ! Sachant qu'avec du tanin de châtaigne, on peut le ramener en dessous de 300 en prenant 2 points de TP. »

Les résultats divergent selon les mélanges multi-espèces

Babast50 : « Cultiver la luzerne est de plus en plus délicat. En sol acide, c'est devenu impossible. En revanche, l'association trèfle violet-fétuque-fléole donne de bons résultats en foin. J'ai aussi très bien réussi en pâturage, il y a sept ans, avec le mélange Frénétic de chez Hélliard. Autre mélange adapté à la fauche, avec une durée de vie de trois ans : trèfle violet-trèfle blanc en rouleaux-rotocut. Le mélange Frénétic pour la fauche et le pâturage, avec sainfoin et lotier corniculé, est celui qui m'a couté le plus cher. Or, le sainfoin est mort au bout de quatre semaines et le lotier après dix semaines. Mais bon, c'est comme ça, qui n'essaie rien n'a rien. L'herbe est une culture qui, lorsqu'elle est pâturée, coûte trois fois moins cher que récoltée. »

The germs : « Pour avoir essayé, je confirme que le lotier ne tient pas très longtemps. Mon mélange comprenait aussi de la fléole, qui a bien tenu, mais je doute de sa valeur alimentaire, car elle a fleuri très vite... Mais il paraît que ça apporte du tanin... »

Babas : « Oui, le lotier et le sainfoin possèdent naturellement des tanins, ce qui limite les pertes de protéines. »

Un sujet technique très intéressant

Hautot Nicolas : « Je ne laboure plus, je fais de plus en plus du semis sous couvert. Je cultive encore du maïs ensilage pour sécuriser mon stock fourrager, mais j'augmente la part de maïs épi chaque année. Toutefois, il faut récolter dans de bonnes conditions car on peut perdre plus au niveau rendement et tassement sol comparé au risque de mycotoxines. Je fais partie d'un groupement sur le sol qui réalise tous les ans des études sur ces sujets. On arrive toujours à la même conclusion : les sols couverts toute l'année ont une bonne structure et peuvent être moins travaillés. Mais, ils sont toujours plus développés avec avec une fertilisation organique. Le semis sous couvert marche bien à partir de 7 t/ms entre deux cultures, ce qui n'est pas évident à obtenir sans apport d'engrais. »

The germs : « Je le répète, je ne suis pas en bio, mais je trouve dommage que beaucoup commentaires tournent autour du "pour ou anti bio". Surtout sur un sujet technique au intéressant que l'autonomie fourragère (lire les commentaires en question, non repris ici car pas au coeur de la thématique développée, en dessous de l'article Lait biologique − Viser l'autonomie fourragère). »

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