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Ensilage de maïsTeneur en MS, tassage et dimensionnement du silo : le trio gagnant

| par | Terre-net Média

Et si le dimensionnement des silos était le meilleur conservateur du maïs fourrage ? Les experts d'Arvalis-Institut du végétal rappellent quelques éléments à avoir en tête pour réussir son ensilage de maïs et limiter les pertes au front d'attaque.

Confection du silo de maïs fourrageMieux qu'un conservateur, il faut bien dimensionner son silo pour avancer suffisamment vite afin de limiter les pertes de fourrage. (©A. Uijttewaal / Arvalis-Institut du végétal)

S'il ne fallait retenir que trois facteurs clés de réussite pour la conservation du maïs fourrage, ce seraient les suivants :

- Une teneur en MS de 30 à 35 %,

- Un tassage efficace, limitant la porosité,

- Et un bon dimensionnement du silo pour un avancement rapide du front d'attaque au désilage (10 cm/j en hiver, 20 cm/j en été).

Un bon tassage pour une bonne conservation du maïs

Les experts d'Arvalis expliquent : « Le tassage réduit la porosité du silo, néfaste à la bonne conservation par ensilage pour deux raisons :

- à la fermeture du silo, la présence d’oxygène retarde l’atteinte des conditions anaérobies nécessaires au développement des bactéries lactiques acidifiantes. Pendant ce temps, les micro-organismes indésirables occasionnent des pertes et se multiplient. Ils seront d’autant plus nombreux dès l’ouverture du silo... 

- à l’ouverture du silo, une forte porosité permet à l’oxygène de pénétrer rapidement et en profondeur dans le fourrage, réveillant ainsi l’activité néfaste des levures et moisissures. »

Tasser d’autant plus que la teneur en matière sèche est élevée, facile à dire...

lls poursuivent : « La densité, exprimée en kg MS/m3 est souvent utilisée comme indicateur de risque d’échauffement au front d’attaque. La valeur pivot de 220 kg MS/m3 est couramment utilisée. En revanche, ce raisonnement occulte l’impact de la teneur en matière sèche du fourrage sur la porosité du silo. C’est pourtant bien la porosité qui régit la quantité d’oxygène et sa vitesse de pénétration dans la masse de fourrage lors de l’ouverture. »

« Pour un fourrage dont la teneur en matière sèche est de 32 %, une densité de 220 kg MS/m3 correspond à une porosité inférieure à 40 %, ce qui est la recommandation pour éviter les échauffements sous réserve d’assurer une vitesse de désilage minimale de 10 cm/j en période froide et 20 cm/j en période chaude. Au-delà de 32 % MS, il importe d’obtenir une densité plus élevée. En cas de récolte à teneur en matière sèche élevée (> 36 %), il devient nécessaire d’obtenir des densités très élevées, supérieures à 250 kg MS/m3, difficilement atteignables en pratique. Pire, à 40 % MS lors de la récolte, la densité moyenne du silo devrait être de 290 kg MS/m3 en moyenne ce qui est quasiment impossible ! »

Mieux dimensionner son silo plutôt qu'appliquer un conservateur

« Bien que les conservateurs (acide propionique ou bactéries lactiques hétérofermentaires) permettent de retarder les échauffements dans ces situations, ils ne permettront pas de les éviter totalement, en particulier dans les couches superficielles du silo. Lorsque cela est possible, le redimensionnement du silo permettant d’obtenir des vitesses d’avancement élevé au front d’attaque constitue une réelle assurance antiéchauffement et minimise les pertes. »

Pertes de fourrages dues à l'échauffement du maïsLe fait d'avancer rapidement au front d'attaque permet de limiter les pertes de fourrages dues à l'échauffement. (©Arvalis-Institut du végétal)


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