Chez Françoise Faucheux à Campénéac (56)Herbe bien valorisée, efficacité maximisée

| par Cécile Julien | Terre-net Média

Simple et efficace, voila ce qui caractérise le système d'exploitation de Françoise Faucheux, productrice de lait bio à Campénéac (56). En valorisant au mieux le pâturage, l'agricultrice arrive à dégager un EBE de 309 ¤/1 000 litres.

Françoise Faucheux est éleveuse laitière bio dans le Morbihan.François Faucheux produit 275 000 litres de lait bio sur 41 ha de prairie. Son objectif : simplifier le travail tout en restant efficace. (©Chambre d'agriculture de Bretagne)

Installée d’abord en Gaec avec son frère et sa belle-sœur, puis seule depuis 2014, Françoise Faucheux produit du lait bio depuis 2001. Progressivement, elle a fait évoluer son organisation pour aboutir à un système cohérent et autonome, adapté pour travailler seule.

Profitant de l’accessibilité de 41 ha, l’éleveuse morbihannaise mise sur le pâturage, avec des vaches qui sont dehors 10 mois sur 12, de fin février à fin décembre. Selon les années, l’alimentation des vaches repose exclusivement sur le pâturage entre 5 à 9 mois par an. Françoise Faucheux ne cultive pas de maïs. Les stocks fourragers sont constitués de foin et d’enrubannage.

Que les vaches soient dedans ou dehors, je n'ai pas besoin de démarrer le tracteur.L'agricultrice s’est organisée pour se simplifier le travail. Pour faciliter le paillage, les bottes sont entreposées directement entre les rangées de logettes. Quand de l’enrubannage est distribué, il est simplement posé devant les cornadis tous les trois jours et les vaches se gèrent. Le nettoyage du lisier est fait, non pas par raclage, mais par hydrocurage. « Que les vaches soient dehors ou dedans, je n’ai pas besoin de démarrer le tracteur tous les jours », apprécie l’éleveuse.

Conduite d'élevage Simple mais rigoureuse

Vouloir se simplifier le travail n’exclut pas, au contraire, un suivi pointu et une grande maîtrise technique. Le pâturage est géré de près et chaque année, Françoise Faucheux fait analyser tous les fourrages, pour caler précisément les rations. Le meilleur enrubanné, généralement la première coupe de parcelles avec de la luzerne, est gardé pour l’hiver, pour continuer à faire du lait quand les vaches sont en bâtiment. Les bottes moins riches serviront à compléter le pâturage.

Un coût alimentaire de 55 €/1 000 litres pour un lait payé 494 €/1 000 litres. L'EBE s'élève quant à lui à 309 €/1 000 litres.

L’investissement, en 2017, dans un Dac, illustre bien cette complémentarité entre simplicité et efficacité. « J’ai fait ce choix pour ne plus avoir à manipuler de seaux. Cet investissement a aussi été très utile pour bien valoriser les concentrés, souligne Françoise Faucheux. Chaque vache reçoit la dose qu’elle valorisera. Tant pis pour les gourmandes mais ça a permis de réduire les besoins en mélange céréalier de 9 à 6 ha. »

Cette organisation lui permet d’afficher un coût alimentaire de 55 €/1 000 litres, 37 € pour les fourrages, 18 € pour les concentrés. 275 000 litres, avec un TP de 34 et TB de 44, sont livrés chaque année à Agrial. « Grâce aux taux, le prix du lait est à 494 €/1 000 litres. Ce qui a permis, en 2018, un EBE de 309 €/1 000 litres, alors que la moyenne des fermes bio bretonnes est à 270 », chiffre Christèle Burel, de la chambre d’agriculture de Bretagne.

Penser aussi au temps de travail

Seule sur son exploitation, Françoise Faucheux veille à ses conditions de travail. Depuis longtemps, elle a arrêté de traire le dimanche soir. Depuis deux mois, elle est passée en monotraite. « Au départ, c’était pour soulager mes épaules, explique l’éleveuse. Mais, je me demande si je ne vais pas continuer car ça améliore la qualité de vie. La perte de 25 % de lait est en partie compensée par la hausse des taux, + 2,5 points en TB, + 1,5 point en TP. Les vaches ont moins de besoins alimentaires. C’est à calculer sur la durée, peut-être à caler sur une période de l’année, selon la pousse de l’herbe. Toujours cette approche de simplification et d’efficacité économique !

Stabulation vaches laitières en logettes pailléesPour se simplifier le travail, l'éleveuse dépose la paille entre les rangées de logettes et le béton est nettoyé par un système d'hydrocurage. Pas de tracteur à démarrer ! (©Chambre d'agriculture de Bretagne)

Suivre ses stocks fourragers pour ne pas se faire avoir

Cette année l’a encore montré, les aléas climatiques peuvent vite mettre à mal son organisation fourragère. « L’enrubanné et le foin sont normalement réservés à la période hivernale, mais quand l’été est sec et que la repousse de l’herbe se fait attendre, il n’y a pas d’autre choix que de taper dans les stocks », reconnait Françoise Faucheux.

Les stocks de sécurité doivent représenter au minimum 15 % des besoins annuels du troupeau.

Pour ne pas se retrouver dépourvu, il faut suivre régulièrement ses stocks fourragers. « Plus les leviers pour trouver d’autres ressources alimentaires sont actionnés tôt, plus ils seront efficaces et à un coût maîtrisé », explique Stéphane Boulent, conseiller lait bio à la chambre d’agriculture de Bretagne. C’est au moins deux fois par an qu’il faut prendre le temps de recenser stocks et besoins. « En octobre, quand tous les stocks sont faits, pour voir si on a ce qu’il faut jusqu’à la reprise du pâturage et en mars, pour savoir si on a une marge de sécurité, en cas de manque d’herbe. » Pour y pallier, les stocks de sécurité doivent représenter au minimum 15 % des besoins annuels du troupeau. Plus le système est basé sur du pâturage, donc avec un côté plus aléatoire dans le rendement et la période de pousse, plus le stock de sécurité devra être important. Le foin est une bonne forme de stock de sécurité car sa qualité est plus stable que celle d’un enrubannage.


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DÉJÀ 15 RÉACTIONS


PRUDENCE
Il y a 11 jours
Bravo Françoise ,votre exploitation fait rêver par sa simplicité et sa performance ; ça démontre encore une fois qui est possible de bien vivre de l'élevage sans cherché à manger les autres ; et surtout bien maîtrisé l'endettement .
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Moty
Il y a 11 jours
Oui, c'est un trés bel exemple. Le contexte pédo-climatique est je pense assez favorable effectivement, Mais pas trés favorable comme certaines zones du centre Bretagne et une grande partie du Finistère ou de la Manche. Sechant l'été comme chez nous , avec l'avantage de , généralement, bons paturages au printemps et à l'automne.
Autre avantage, je trouve, la Chambre d'agriculture a beaucoup travaillé sur la pousse de l'herbe en Bretagne ( depuis plusieurs décennies ) et on voit des techniques différentes.
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Patrice brachet
Il y a 15 jours
Françoise a tord : elle habite une région avec un climat favorable et surtout elle ne nourrit pas le système !!! Mais non grand bravo a vous Exemple à suivre même si l on ne peut pas tout appliquer partout a cause des conditions pédo climatiques Ceci étant dit dès fois je suis acide mais depuis les débuts de l année ( et pour tout sujet) on a des collègues qui sont pas mal non plus
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Jonathan
Il y a 15 jours
C'est vrai que l'endroit géographique aide beaucoup, mais c'est comme ca. En tout cas heureux dans son travail, qualité de vie, salaire correct. Félicitations.
Belle exploitation qui ne fais pas vive trop de sangsues,. N'en déplaise à nos coop, nos banques, nos comptables.......
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nn
Il y a 10 jours
Pourquoi Agrial, car je pense que les industriels en général ont compris qu'il est préférable (selon les régions) de publier ce type de reportage que des fermes hyper mécanisées avec des coûts de reprises allant avec.
Par contre, sur le journal régional breton, il est écrit qu'il y a 15ha supplémentaire d'achat d'herbe, ce qui ne remet pas en cause les résultats techniques et économiques.
Je signe tout de suite pour avoir la même chose.
Et concernant le fait que c'est une femme à la tête de cette exploitation, j'ai moi même repris une ferme après une femme installée seule!!
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tintin
Il y a 15 jours
Nn pourquoi :subventionné par AGRIAL?
tu as une ferme autonome sans beaucoup de matériel et qui gagne bien sa vie!c est pas le genre de ferme qui intéresse nos grosses coops.
Ensuite désolé que FRANÇOISE soit dans une région ou l herbe pousse 10 mois sur 12
et enfin peut être que ce soit une femme qui réussise pose problème a quelques agriculteurs?
Encore bravo a FRANÇOISE et n écoutait pas trop les grincheux!!
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Nn
Il y a 16 jours
Pas de précisions de la part de la rédaction.
Peut-être un article à l eau de rose subventionné par agrial !!??
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sdf
Il y a 16 jours
C' est formidable , qu'est ce qu' on attend pour tous déménager dans le 56 ,la vie est plus belle ; pourtant il me semble qu'il y a autant de suicide qu'ailleurs !!!!
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Nn
Il y a 16 jours
6700 litres de lait à l'ha c'est top.
Es ce qu'il ne manque pas des données ?
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kami
Il y a 16 jours
les vaches sont dehors 10 mois sur 12 et c'est un vrai plus
chez nous impossible a faire les sols ne portent pas et c'est 6 mois par an a l'interieur
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