Témoignages d'agrisSemer du colza ou non : une décision suspendue à la météo, mais pas seulement...

| par | Terre-net Média

Poursuivre la culture du colza cette campagne ou non ? La question revient souvent depuis quelques temps. En cause : la sécheresse estivale, mais pas seulement... Les difficultés rencontrées face aux insectes et le prix du colza font parfois renoncer les agriculteurs. D'autres ne peuvent se priver de cette culture tête d'assolement. Retrouvez les témoignages d'agriculteurs dans ces différentes situations.

Colza associéPoursuivre ou non le colza ? Une question très présente sur le terrain pour les semis 2020. (©Jean-Christophe Leicher/Création Terre-net Média) Selon un sondage publié sur Terre-net entre le 18 et le 25 août dernier (1 493 votants), 36 % des agriculteurs n'ont pas semé de colza ou ne prévoient pas de le faire pour les semis 2020. En cause notamment : la forte sécheresse estivale. Une jeune agricultrice installée près de Laon dans l'Aisne témoignait ainsi de l'absence de pluie significative et des fortes chaleurs subies depuis deux mois, qui l'ont fait renoncer au colza cette année. 

Il n'y aura pas, non plus, de colza dans l'assolement 2020-2021 de Gaëtan Bouchot, agriculteur du Barrois en Haute-Marne, qui pratique le semis direct sous couvert depuis sept ans. Pour lui, c'est aussi « la sécheresse et la conjoncture économique », qui l'ont décidé. La technique du colza associé lui a permis de bien gérer les soucis de charançons et petites altises, mais contre les grosses altises, « nous n'avons plus de solution efficace dans notre secteur », remarque l'agriculteur. Avec l'hiver très doux de la campagne passée, elles ont fortement altéré le développement des colzas et Gaëtan Bouchot n'a rien pu récolter sur les 70 ha de colza en 2020.

Pour un agriculteur, installé au sud de Troyes (Aube), « il existe une solution insecticide efficace à laquelle les altises d'hiver (grosses altises) n'ont pas développé de résistance. Afin d'obtenir une réussite optimale du traitement, il est déterminant d'intervenir au bon moment, c'est-à-dire lorsque le seuil de 2-3 larves par plante est atteint. Ce seuil est à corréler avec l'état de santé des plantes et la biomasse du colza », remarque-t-il. Sur son exploitation, l'agriculteur aubois a toutefois décidé de stopper le colza en raison « des conditions météorologiques défavorables à son implantation depuis trois ans ». Il n'en oublie pas le «  fort enjeu agronomique de cette culture » et pense y revenir dans quelques temps. Pour cette campagne, le colza sera remplacé par des pois d'hiver et des tournesols. Dans le Barrois, Gaëtan Bouchot pense agrandir ses soles de maïs et lentille et il regarde également pour introduire des pois de printemps, soja et sarrasin.

« Difficile de se passer » de cette tête d'assolement

« Chez moi, on persiste avec le colza, qui est une super tête d'assolement. Il est difficile de s'en passer », ajoute Paul Champouillon, qui devrait s'installer au 1er janvier 2021 sur l'exploitation familiale située près de Nancy (Meurthe-et-Moselle). Pour la moisson 2020, il note une moyenne de rendement en colza de 30 q/ha sans fongicide, ni insecticide. « Le secret : une vigueur permanente, une fertilisation non négligée et un semis en direct avec des plantes compagnes. » Bien sûr, il faut que les conditions météo soient aussi au rendez-vous. « Et elles étaient là, pour Dorian Kien, salarié d'une exploitation de Dun-sur-Auron dans le Cher, dans laquelle avait été arrêté le colza l'année passée. On a eu de l’eau pour le faire lever, mais on ne fera pas trop de frais. Si ça ne va pas, il fera office de couvert et on mettra autre chose à la place ».

Sur le plateau du Roumois dans l'Eure, « la pluviométrie annuelle tournait traditionnellement autour de 700-800 mm, mais depuis quatre ans on est plutôt à 500-600 mm et surtout concentrés en hiver », observe Jean-Christophe Leicher. C'est notamment l'un des facteurs qui a poussé cet agriculteur normand à changer ses pratiques et se tourner vers le semis direct. Aujourd'hui, il note l'importance des plantes compagnes pour la culture du colza, qui permettent un meilleur développement des plantes et donc une vulnérabilité atténuée face aux insectes. Il a aussi profité des 40 mm reçus depuis début août pour implanter ses colzas à la mi-août, avec « sarrasin (10 kg/ha), tournesol (5 kg/ha), lin (5 kg/ha), vesce (15 kg/ha) et féverole (100 kg/ha) ». Depuis deux ans, cela lui permet de se passer d'insecticide, de fongicide et de régulateur. Outre les plantes associées, il met aussi en avant « l'utilisation de purin d'orties, avec de l'huile et de la mélasse de canne bio » contre les grosses altises par exemple. D'autres agriculteurs parlent également des avantages du purin d'ail afin de stimuler les défenses naturelles des plantes.

Semis de colza hier Colza campus 5 Lin 5 Tournesol 5 Fev 100 Vesce 5 Sarrasin 10 Belle réussite à moindre effort et énergie l’an passé alors on réitère !! Ferti organique 15 t de fumier bovin composter

Publiée par JC Lch sur  Vendredi 14 août 2020
Pour la campagne 2019/2020, Jean-Christophe Leicher, n'appliquant pas d'anti-dicot sur ses parcelles de colza associé, a pu conserver les féveroles comme « culture opportuniste » avec le colza. La parcelle a été andainée afin d'homogénéiser les maturités des deux cultures et de favoriser leur récolte. Résultat : 4 q/ha en féverole, il espère réitérer la campagne à venir et récolter environ 10 q/ha.

Sur le sujet, retrouvez aussi > Reportage chez S. Pieters (76) - L'andainage avant récolte, une pratique bien utile dans certaines situations

« Tout dépendra du ciel »

Pour d'autres d'agriculteurs, la décision de semer ou non du colza cette campagne reste en suspens. Chez Bertrand Patenotre, en semis direct depuis 1997 à l'est de Troyes (Aube), c'est encore la météo qui fait planer le doute. « La dernière pluie significative remonte au 13 juin avec 10 mm. Si je sème aujourd'hui dans le sec, le colza ne lèvera pas. Et il faut, en plus, qu'il pousse rapidement, pour sortir le plus rapidement du stade de sensibilité aux insectes », fait remarquer l'agriculteur. Cela fait 12 ans qu'il n'utilise plus du tout d'insecticides, « la seule façon de s'en passer est d'avoir des cultures poussantes ». Les gelées tardives au printemps dernier avaient également affecté les cultures. Il se laisse encore jusqu'au 5-6 septembre et espère 30 à 40 mm pour envisager de semer du colza. Sinon il rangera les sacs de semences pour l'année prochaine.

« Tout dépendra du ciel aussi » chez Christophe Naudin, installé à Maisse en Essonne, qui pense attendre jusqu'au 15-20 septembre. Il voudrait tester un semis à la volée avant la prochaine pluie pour « limiter les frais au maximum », en utilisant notamment des semences de ferme. « Les insectes sont maintenant un problème sur beaucoup de cultures et cela va continuer de s'accentuer avec le changement climatique malheureusement », témoigne l'agriculteur, qui fait part d'une très grosse pression méligèthes l'année passée. Si la pluie ne vient pas, il réfléchit à remplacer le colza par du tournesol, comme Bernard Patenotre. Mais la culture miracle ne semble pas exister,  pour le tournesol, ce sont les dégâts d'oiseaux qui inquiètent les agriculteurs...

Et de votre côté ? Avez-vous semé du colza cette année ? Sinon, par quoi pensez-vous le remplacer dans votre assolement ? N'hésitez pas à laisser un commentaire.

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DÉJÀ 15 RÉACTIONS


yayauque n
Il y a 15 jours
première année sur 35 ou il n'y aura pas de colza, pas de pluie ou trés peu, donc du bon sens ayant bien connu 1976. maintenant Fnsea ou Cr les représentants ne sont pas les seuls responsables à devoir monter au créneau pour se faire entendre, le bon sens en revientau agriculteurs dans leur ensemble la méteo des 10 prochain jour va être du même ordre et on verra encore la poussiére des champs avec de puissant tracteur et outils pour forcer et espèrer semer ou pour le colza c'est cuit et les engrais vert , première echéance arrachage betterave reportée la jaunisse continue ,il y a de quoi faire un rallye photo a fin d'eclairer nos fonctionnaire, politique etc car il va y avoir des gros dégats
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Anti système
Il y a 18 jours
On s'éloigne du sujet de départ. Tjs est il que du coup on n'a plus de solutions efficaces contre les bestioles !
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Ananlogique
Il y a 18 jours
Bio carburant à l’importation d’huile de palme pour enrichir quelques planqués de la FNSEA, qui consent participe.

Plan protéine ?
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PàgraT
Il y a 18 jours
Vous avez raison, tout est politique! Pour autant ,la CR ne veut pas être inféodée à un parti ! Seules comptent nos idées, et peu importe d'où vient le soutien (ou l'attaque): les verts, RN, et insoumis contre les accords de libre échange; la droite contre le loup et pour les phytos.... etc Au sein même des partis politiques, vous avez des gens qui nous poignardent quand d'autres nous défendent ! Pour toutes ces raisons, nous ne voulons pas rentrer dans le jeu politicien qu'il faut différencier de la vraie politique !
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Pipo
Il y a 18 jours
La CR aurait pu faire un énorme buzz ( au niveau syndicalisme agricole du moins) en soutenant massivement du niveau national la retenue de Caussade avec Bousquet -Cassagne ! Mais ça n'a pas été le cas et ça ne le sera jamais puisque il est considéré comme FN ( ne pas confondre avec RN) et la CR nationale ne veut pas en entendre parler... Ils devraient y réfléchir, lui il a la Chambre....
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Ananlogique
Il y a 19 jours
Le problème de la C.R. selon moi, c’est de se dire Apolitiques alors que tout est politique. Notre marché c’est lEurope qui disait, idem, je ne suis pas d’accord.

Ancien secrétaire CR d’un canton.
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Pipo
Il y a 18 jours
totalement sans intérêts... Mon père faisait partie des premiers (bien avant que ça devienne un clone de la fnsea). La CR si elle veut s'imposer un jour doit DURCIR PAR 1000 son discours/programme.
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PàgraT
Il y a 19 jours
Demandez à votre voisin pour vous inscrire !
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Pipo
Il y a 19 jours
je ne suis pas syndiqué et les seules newsletters que je reçoit proviennent indirectement de la FNSEA....
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PàgraT
Il y a 20 jours
Il faut déjà ouvrir ses newsletters ! Après vous savez bien que nous ne pouvons pas compter sur la presse pour nous relayer au contraire de la FNSEA ou la Conf ! Surtout pour défendre les pesticides !
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