Campagne maïsRendement historique entaché par le manque à gagner

| par | Terre-net Média

Quand l'eau est là, le rendement du maïs atteint des sommets. En 2014, le maïs grain réalise une performance historique avec un rendement moyen à 107 q/ha. Le climat a permis aux territoires habituellement plus contraints de profiter du potentiel physiologique de la plante en grain comme en fourrage.

MaïsLa progression moyenne du rendement du maïs s'établit à 1,44 q/ha sur les dix dernières années. (©Terre-net Média)

Le rendement moyen national pour le maïs grain est estimé à 107,5 q/ha en 2014, supérieur de 2 quintaux au précédent record de 2011. « Ce résultat est largement lié au bilan hydrique de l’année, régulièrement humide pendant la période estivale », explique Gilles Espagnol, animateur Arvalis-Institut du végétal de la filière maïs. Les températures élevées de l’automne ont, en plus, favorisé la maturation des grains et abaissé les taux d’humidité à la récolte, à un niveau inférieur à la moyenne.

Ce rendement historique s’accompagne d’une production nationale inégalée, estimée à 18 millions de tonnes pour une surface comprise entre 1,63 à 1,68 million d’hectares selon le niveau de transfert du fourrage en grain. « On estime que 50.000 à 70.000 hectares de maïs fourrage ont été transférés en grain du fait des bons rendements de l’année. »

Près de 22.500 hectares de maïs doux ont été semés, soit 15 % de plus qu’en 2013, pour un rendement moyen de 19,7 t/ha, proche des objectifs. 93.500 ha de maïs semence ont été mis en place, soit 16.000 ha de plus qu’en 2013. Par ailleurs, les surfaces de maïs grain conservé humide se stabilisent à 154.000 ha : 103.100 ha sont valorisés par les élevages de porcs, 23.150 ha par les bovins-lait et 15.300 ha pour les bovins-viande. Le reste est utilisé pour les ovins, caprins, palmipèdes et volailles. La Bretagne (42.600 ha) est la région où ce mode de stockage est le plus pratiqué puis viennent les régions des Pays de la Loire, Aquitaine, Centre et de Poitou-Charentes.

Digestibilité tiges feuilles en retrait

Comme le maïs grain, le maïs fourrage a bénéficié des conditions climatiques favorables, en particulier lors des chantiers de récolte. « Selon les régions, précise Bertrand Carpentier, ingénieur maïs fourrage d’Arvalis, les rendements sont supérieurs de 1 à 2 t/ha à la normale. » La sole progresse légèrement à 1.484.000 hectares contre 1.476.000 en 2013. « Les conditions pluvieuses prolongées ont retardé la mise à l’herbe du printemps et consommé les stocks dans les élevages qu’il fallait donc reconstituer. »

« Les teneurs en matière sèche à la récolte sont souvent élevées (supérieures à 35 %), conséquence d’une maturité du grain avancée du fait de l’aspect de l’appareil végétatif resté vert, et donc de dates de récolte un peu trop tardives. » Pierre-Vincent Protin, animateur du pôle fourrage de l’institut, prévient de veiller à la vitesse d’avancement du front d’attaque du fait de risque d’échauffement à la reprise du silo. « Il vaut mieux réserver les silos à forte teneur en MS pour la fin de l’hiver, question de compromis entre digestibilité et échauffement. »

« Grâce à une très forte production de grain, les rendements en amidon sont élevés. Ceux « tiges + feuilles » étant eux aussi importants, il y a une relative dilution dans l’ensilage. En conséquence, les valeurs énergétiques sont bonnes mais n’atteignent pas les records qui avaient pu être espérés, du fait aussi de feuillages moins digestibles qu’attendus. »

Coûts de production toujours élevés

Bertrand Carpentier rappelle que les variétés récentes restent vertes plus longtemps, « un état trompeur visuellement, pour qui attend un dessèchement et ne vérifie pas l’état de maturité du maïs en disséquant le grain, pour décider de sa date de récolte ». L’énergie viendra donc du grain. « Dans certaines zones de l’Ouest, les valeurs alimentaires des maïs fourrages sont de mauvaise qualité du fait de ces dates de récoltes trop tardives par rapport à la maturité, de parcelles hydromorphes. »

Quant à la rentabilité de la culture du maïs, en 2014, malgré les bons rendements, la baisse de l’humidité à la récolte et des charges d’engrais, le coût de production complet, estimé entre 150 et 170 €/t, reste supérieur aux prix de marché. Et cela est vrai aussi pour le coût de production cash, qui ne tient pas compte de la rémunération de la main-d’œuvre et des capitaux propres.

Consultez le dossier spécial Variétés de maïs

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