Cipan fourragèresQuelles sont les espèces autorisées ?

| par | Terre-net Média

Les colzas et les orges semblent plutôt en avance cette année, une occasion pour semer des intercultures fourragères cet été, à la place de la classique moutarde. Or toutes les espèces ne sont pas autorisées comme Cultures intermédiaires pièges à nitrates (Cipan).

couverts végétaux fourrageL’implantation d’un couvert végétal, ici un mélange Rgi + colza fourrager, doit être fait le plus tôt possible après la moisson, avec si possible un travail du sol soigné et au moins un rappuyage. (©Terre-net Média)

La cinquième mouture de la directive nitrates (celle de la Bretagne par exemple) prévoit en zones vulnérables : « l’obligation de mettre en place ou de maintenir, sur la totalité des surfaces exploitées, une couverture végétale destinée à absorber l’azote du sol au cours des périodes pluvieuses. Pendant ces périodes, les parcelles agricoles doivent être couvertes soit par une culture d’hiver, soit par une culture dérobée dont Culture intermédiaire à vocation énergétique (Cive), soit par une Culture Intermédiaire Pièges à Nitrates (Cipan) dont des repousses de colza denses et homogènes, soit par broyage et enfouissement superficiel des cannes de maïs grain. Les repousses de céréales ne sont pas considérées comme couverture végétale. »

Les couvert végétaux implantés en dérobés après la moisson peuvent permettre de récupérer 2 à 6 t MS/ha de fourrage, à exploiter en pâturage d’automne, en enrubannage, en affouragement en vert ou en sortie d’hiver avant une culture de printemps pour les couverts non gélifs. Mais toutes les espèces fourragères ne sont pas autorisées en Cipan et le choix des espèces pourraient varier selon chaque « Programme d'Actions Régional (Par) » qui sont définis ou en cours de définition selon les régions. Par exemple, la région Bretagne n’autorise en Cipan que les espèces suivantes :

Crucifères / brassicacées :

  • Colza fourrager : implantation facile, très appétant, riche en Mat
  • Radis fourrager : gélif pour le radis chinois
  • Navette fourragère 
  • Moutarde : gélif
  • Cresson alénois : gélif

*En italique : les espèces non fourragères

Graminées :

  • Ray-grass (d’Italie) : pousse rapide et facile à implanter, bonne pousse de printemps (éviter les Rgi tetraploïdes riches en eau pour l’ensilage) 
  • Dactyle 
  • Avoine brésilienne ou méditerranéenne : résistant à la sécheresse, appétant, 1 Ufl
  • Brome : résistant à la sécheresse
  • Fétuque
  • Fléole des près
  • Moha (millet des oiseaux) : gélif, résistant au sec, pousse rapide, appétant mais pauvre en énergie
  • Seigle : pour le pâturage d’automne et hivernal, pousse à 0°C, supporte peu la sécheresse.
  • Sorgho fourrager : (gélif) multi-coupes type Soudan grass, voire ensilage. Développement rapide si bien implanté, attendre 65 cm avant le pâturage.
  • Pâturin commun

Autres :

  • Nyger : gélif
  • Phacelie : gélif
  • Tournesol : gélif
  • Sarrasin : gélif

20 % de légumineuses en mélange

Si ces différentes espèces peuvent être mélangées entre elles, le semis de légumineuses n’est pas autorisé en pure. Pour obtenir le statut de « Cipan », la part de légumineuses (trèfles d’Alexandrie, trèfle incarnat, trèfle violet, vesce, gesse, fèverole, pois fourrager,…) ne doit pas excéder 20 % du mélange. Avec utilisation comme culture intermédiaire en semis d’été, mieux vaut choisir des variétés annuelles qui poussent rapidement comme les trèfles d’Alexandrie, incarnat ou de Perse.

Voici quelques mélanges simples à valoriser en fourrage pour les animaux :

  • Ray-grass italien + colza fourrager : appétant, riche en Mat
  • Ray-grass italien + trèfle d’Alexandrie/ incarnat/violet : exploitable en sortie d’hiver, croissance rapide du trèfle d’Alexandrie (non météorisant)
  • Avoine brésilienne + vesce commune/pois : appétant et digestible, structure le sol
  • Avoine brésilienne + pois fourrager + triticale/trèfle d’Alexandrie
  • Moha + trèfle d’Alexandrie : bon rendement, non météorisant mais le moha a tendance à se développer plus rapidement que le trèfle.

Les mélanges plus complexes sont envisageables avec pourquoi pas une plante « tutrice » (féverole, radis, avoine, millet perlé, triticale) associée à une légumineuse comme un pois fourrager (densité de semis 40 à 60 kg/ha en pure) ou de la vesce (30 à 40 kg/ha en pure) et une ou plusieurs graminées (Rgi, avoine,…). Le chou fourrager, très utilisé par le passé, peut également être une culture dérobée intéressante à valoriser en affouragement en vert ou au pâturage au fil avant.

Destruction mécanique

Par ailleurs, la directive nitrates précise que toute fertilisation d’une Cipan est interdite à l’exception des apports de fertilisants de type I (déjection avec litière de type fumier) destinés à la culture suivante qui sont autorisés à partir du 15 janvier. Tout traitement phytosanitaire de Cipan est également interdit et la destruction devra donc être mécanique. Cependant, une destruction chimique est tolérée (jusqu’au 1er janvier 2016) hors des parcelles classées à risque phytosanitaire élevé, à plus de 10 mètres des cours d’eau et à plus d’un mètre des fossés, pour une Cipan non gélive implantée avant culture conduite en techniques culturales simplifiées (sans labour) ainsi qu’avant les cultures légumières ou cultures porte-graines.

Pour en savoir plus sur les Cipan fourragères :

Les espèces et variétés sur le site Herbe-book

Guide des intercultures à utilisation fourragère (Chambre d’agriculture de la Marne)


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