Mélanges prairiaux de courte duréeQuelles espèces fourragères choisir pour une prairie de moins de trois ans ?

| par | Terre-net Média

Les prairies de courte et moyenne durées, soit de moins de trois ans, peuvent aussi se semer en multi-espèces. Il faut trouver des espèces d'implantation rapide et productive dès la première année, qui se comportent bien en mélange. L'Association française pour la production fourragère (Afpf) vient d'éditer un guide pour bien choisir ses mélanges de semences.

Prairie de moins de trois ans Parmi les espèces les mieux adaptées aux prairies de un à deux ans, on peut citer les RGI alternatifs et non alternatifs, les RGH, les trèfles incarnat, d'Alexandrie et de Perse, la vesce. (©Terre-net Média)

Une prairie de courte durée, peut servir de dérobée fourragère ou de culture intermédiaire piège à nitrate (Cipan) entre deux cultures annuelles (une céréale et un maïs par exemple) ou rester en place deux à trois ans pour « casser » la rotation dans des parcelles en monoculture.

Définir la composition idéale du mélange reste un exercice difficile. Le choix des espèces qui composent la prairie se fera selon leur rapidité d’implantation, leur pérennité dans le temps, le contexte pédoclimatique, l’usage fauche/pâturage ou même la recherche de fourrage en été. C’est pour cela que les espèces qui s’implantent lentement et ne sont pas suffisamment productives lors de leur première année (comme la luzerne, le dactyle ou la fétuque élevée, la minette ou le lotier) sont mal adaptées aux prairies de moins de trois ans.

Pour aider à composer des mélanges adaptés à chaque situation, les chercheurs de l’AFPF (Association française pour la production fourragère), qui regroupe notamment Arvalis, l’Inra, l’Idele, le BTPL, l’UFS ont édité des guides techniques sur les mélanges prairiaux de courte durée (moins de trois ans) et longue durée (plus de trois ans) à retrouver sur www.afpf-asso.org

Les graminées les plus adaptées

♦ Ray-grass d’Italie (RGI) : productif et d’implantation rapide (surtout les variétés alternatives qui épient dès la première année), bonne valeur alimentaire. Adapté à la fauche et très remontant après une première coupe de l’épi.

Ray-gras hybride (RGH) : implantation assez rapide sur tous types de sols. Meilleure valeur nutritionnelle qu’un RGI, moins remontant. Bonne productivité mais dormance estivale (peu de pousse en été).

Festulolium : issu du croisement d’un RGI, RGH ou RGA avec une fétuque aux comportements assez diversifiés. Eviter les croissement avec un RGA anglais pour une prairie de courte durée.

Brome : s’implante rapidement sur sol sain. Plutôt adapté à la fauche. Bonne pousse d’été, surtout avec de l’irrigation. Très bonne valeur alimentaire et appétence.

Ray-gras anglais précoce à demi tardif : espèce pérenne moyennement adaptée aux prairies de courtes durées, mais qui peut apporter une bonne valeur énergétique dans le mélange. Productivité moyenne et dormance estivale. Ne supporte pas la sécheresse.

Pour des utilisations en dérobée estivale : le moha (valeur alimentaire moyenne) ou le sorgho fourrager multicoupes (type Soudangrass en fauche ou pâture sous précautions) apportent du fourrage en été. De même, le sainfoin (légumineuse non météorisante) bien qu’il s’implante lentement, s’adapte aux situations chaudes et séchantes.

Les légumineuses annuelles

Trèfle incarnat : Implantation rapide, production précoce. Multicoupe pour fauche et pâturage. Très productif, bonne valeur alimentaire, sans risque de météorisation. Sensible à la sécheresse et aux sols calcaires. Préfère les sols humides et froids.

Trèfle d’Alexandrie : implantation très rapide sur tous types de sols. Très résistant aux fortes chaleurs et à la sécheresse, sensible au froid. Valeur moyenne, non météorisant. Espèce de fauche.

Trèfles de Perse : implantation sur tous types de sols. Tolère l’immersion et la sécheresse. Bonne pousse hivernale. Espèce plutôt de fauche, multicoupes avant la floraison. Bonne valeur alimentaire.

Vesce commune : implantation rapide sur tous types de sols. Productive, adaptée à la fauche monocoupe. Les variétés d’hiver continuent de pousser en hiver tandis que les variétés de printemps sont gélives. La vesce velue est très résistante au froid.

Autres trèfles à semence non certifiées : trèfle de Micheli (sols acides et humides, bonne valeur, adapté au pâturage), trèfle Squarrosum (sols sains et acides, risques de météorisation et de phyto-œstrogènes), trèfle vésiculé (ou trèfle flèche : production d’été, pâturage et fauche, longue dormance hivernale, riche en tanins et protéines, non météorisant).

Quelles espèces pour le pâturage ?

La majorité des espèces sont bien adaptées à la fauche et la récolte en ensilage, enrubannage ou foin (sauf le trèfle hybride et trèfle blanc géant) mais toutes ne supportent pas bien le piétinement par le pâturage et les coupes répétées (ou présente un risque de météorisation).

Les espèces adaptées au pâturage : RGA précoce à ½ tardif, trèfle incarnat, trèfle hybride, trèfle géant blanc. D’autres espèces comme la chicorée ou le plantain peuvent être intéressantes pour des prairies de moyenne durée si elles ne sont pas pâturées trop ras la première année.

Les espèces mixtes pâturage/fauche : RGI NA, RGH, festulolium (xRGI), RGA précoce à ½ tardif, trèfle incarnat, trèfle hybride

7 mélanges pour les semis de printemps

7 types de mélanges fourrager pour des prairies de moins de trois ans semés en été.7 types de mélanges fourragers pour des prairies de moins de trois ans semées au printemps. (©AFPF)

5 mélanges pour les semis d’été

5 types de mélanges fourragers pour des prairies de moins de trois ans semés en été.5 types de mélanges fourragers pour des prairies de moins de trois ans semées en été. (©AFPF)

Leur comportement en mélange

La plaquette de l’Afpf conseille de ne pas dépasser six espèces différentes en mélange. D’une manière générale, la dose maximale de semis de mélange ne devrait pas dépasser 30 kg/ha, afin que chaque variété puisse s’exprimer (sauf pour les grosses graines du brome) et de ne pas descendre en dessous de 5 % d’incorporation d’une espèce dans le mélange.

A noter que les légumineuses sont des plantes de lumière et se retrouveront en plus grande proportion en semis de printemps. Leur contribution au rendement sera plus importante qu’en semis d’automne. Aussi, les variétés de graminées diploïdes, à port plus dressé et feuilles plus fines laissent mieux passer la lumière et permettent aux légumineuses de se développer plus facilement.

Choisir ses espèces puis ses variétés

Les meilleurs mélanges seront obtenus à partir des meilleures variétés, en tenant compte de leur capacité à être associées. D'importantes différences de qualité existent entre variétés par exemple sur la rouille pour le ray-grass d’Italie ou sur l’oïdium pour le trèfle incarnat. Certaines espèces peuvent présenter des précocités d’épiaison et de floraison très différentes (RGA et trèfle incarnat). Pour  les  prairies  ayant  les  périodes de  production  les  plus longues, il faudra choisir des variétés de RGH, trèfle violet et de sainfoin parmi les plus pérennes. Le site www.herbe-book.org permet d’affiner ses choix parmi les variétés certifiées.

De même, le-calculateur.herbe-actifs.org permet de convertir les quantités de semences apportées exprimées en kg en peuplement potentiel de chaque espèce dans la prairie, afin par exemple d’être éligible aux aides Pac pour les prairies riches en légumineuses (supérieur ou égal à 50 % du  nombre de graines semées).

A lire également :
Prairies multi-espèces : bien choisir son mélange de semences

Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

A lire également

   Rechercher plus d'article

Soyez le premier à commenter cet article